Georges

Georges

samedi 8 juillet 2017

H comme... IV

**** Y'a une meuf ici, spécialiste des sketches en public avec son mec, je suis sûre de l'avoir vue dans une émission genre vis ma vie de merde où elle parlait de sa bipolarité. Elle lui gueule dessus comme une perdue et il garde la tête baissée. Il a du déjà en avaler des couleuvres et elle aussi. Je sais pas d'où elle tient un tel level de seum. 

**** Les infirmières me disent que je sursaute lorsqu'elles entrent dans ma chambre la nuit (toutes les 3 heures). Je vois pas ce qu'il y a d'étonnant à ça mais j'entends bien le propos : elles veulent me doser avec une barre de lexo et un imovane. Chérie, je préfère sursauter jusqu'au plafond toutes les trois heures. Admettons que je tombe de mon pieu toutes les trois heures, j'accepterais pas ton dosage de jument. 

**** Je pense à la Corse, au vertige qui berce, aux routes sinueuses qui promènent les organes sans les troubler. J'essaie de m'y téléporter mais c'est difficile. J'ai plein de bonnes intentions mais tout à coup, je pense à autre chose, je me laisse ronger par les détails domestiques, administratifs... j'oublie la Corse, j'oublie la paix, j'oubllie ma propre race, je me dissous dans les détails et je me noie dans un verre d'eau de pluie. Je n'arrive pas à être dans l'instant parce que je pleure un parapluie que je n'ai pas pour me protéger d'une pluie qui ne vient pas (sic)

**** Un texte retrouvé au sujet des médicaments : Elle vivait sa jeunesse sous la même cloche d’amour mièvre où elle avait passé son enfance. Le contexte rural la protégeait de certains excès en la précipitant sur d’autres pentes non moins glissantes. Aussi avait elle su très tôt se mettre la tête avec les médicaments trouvés ici ou là. Toutes les boites sur lesquelles figuraient la marque du danger faisaient briller ses yeux comme un paquet de bonbons. Elle collectait des pilules qui, détournées de leur usage, remédiaient à son ennui.
Le tetrazepam pour le dos du père, les tablettes de lexomil oubliées par la grand mère, du toplexil par gorgées parcimonieuses, des pilules contre le mal des transports. Elle faisait passé des journées comme ça, flottant d’une sieste à l’autre. Elle avalait des molécules au nom de copines imaginaires auxquelles elle rendait visite en cachette pour tuer le temps.
Elle sentait le désir de puissance comme une sève toxique affleurant sous sa peau. L’envie de tout alors qu’elle disposait de si peu de perspectives concrètes. Les centaines de livres entassés dans la maison familiale ne suffisaient pas à étancher sa soif d’absolu. Lassée par la monotonie de son paysage quotidien et par la stérilité de son environnement, elle ne voyait rien de mieux à faire que chercher l’oubli en avalant des friandises aux effets secondaires qui lui ouvraient l’appétit. 
**** Par la force des choses, je suis libérée de mes activités au lycée, fini de dire : "lycée mes couilles, la vie scolaire bonjour "

**** J'ai des fou-rires nerveux, des élans incontrôlables tant les situations sont burlesques. Quand la gosse appelle l'inFERmière, s'il vous plait, inFERmière,vous m'entendez pas? trois minutes plus tard, elle en peut plus d'être polie, c'est parti pour les putains, les merdes, les "sale pute", T'ENTENDS PAS CONNASSE. ça me tue... quelques doses de théralène et de tercian plus tard et elle redevient plus douce qu'un agneau, elle oublie plus de dire s'il te plait et elle appelle l'infERmière par son prénom. 
**** L’honneur flétri un jour, lissé le lendemain par les retours de flamme, les regards ardents de mon amoureuse qui promettent sans parler que c’est bon, ça va aller. Juré craché. 
Les ami.e.s de toujours, et les autres, d’on ne sait où, les amis de chair et d’os et ceux qui s’incarnent dans des caractères réguliers sur des fenêtres de discussion. A qui parfois on voudrait dire des trucs qui comptent, les mots qui butent, je t’aime, pardon. Les ami.e.s qui envoient de l'amour en barre, des photos, des livres, des lettres, de l'amour qui change la face de toute une journée. 
La face de mon monde. 


**** Je sais pas si j'aurai assez de salive pour vous dire merci. 

2 commentaires:

  1. N'ai pas de peine : les pluies sont acides maintenant, même celles qui ne tombent pas. Pourquoi sacrifier un parapluie ? Ça existe, l'instant présent ?

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    1. Je sais pas si ça existe mais je le cherche avec application.

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