Georges

Georges

dimanche 3 avril 2016

Fin mars / Début Avril

Penser aux loutres qui dérivent en se tenant la patte pour ne pas s'éloigner l'une de l'autre pendant leur sommeil //
Imaginer les eaux glacées qui les portent et ce minuscule espace de chaleur entre leur chair qui s'étreint //
Une surface très mince mais brûlante //
Choisir de voir dans des gestes pratiques des actes d'amour // 
Peut-être que la dérive n'est qu'une excuse et qu'on s'entrecroise sous le prétexte secret de l'amour pur //
Se réfugier dans l'inoffensif petit espace entre deux pattes de deux loutres comme on se réfugie dans le souvenir d'un grain de beauté //
Chercher une forme de tendresse dans l'âpreté ambiante //
On dit âpreté presque pour être poli.e.s, pour être encore bien sympa avec la merde//
Tous les jours on se mange les nouvelles les plus dégueulasses possibles, des accords indignes signés entre connards déconnectés, des déploiements toujours plus grands de flics toujours plus cons, des salaires doublés, triplés à la sueur de nos fronts//
Des larmes me font honte, venues d'une empathie profonde qui me pousse à attraper tous les maux contemporains //
Oublier les gaz lacrymogènes qui font pleurer nos yeux qui savent pleurer tout seuls, qui n'ont besoin de rien pour se répandre//
Penser aux loutres qui dérivent en se tenant la patte//
Penser à la chair qui n'a pas peur de la chair //
Penser à la chaleur précise des peaux entre elles //
Se mettre en PLS avec un chat vibrant, bouillant, qui ronronne contre notre ventre//
Soigner les purulences d'un romantisme hors d'age //
S.T.O.P


1 commentaire:

  1. En fait, je me demande ce qui t'empêche de laisser libre cours à ton optimisme, ou à ta sensibilité. Je veux dire ici, où tu ne risques rien. Parce que dans la vie, celle où les gens peuvent te ruiner d'une phrase, je comprends, mais ici. Tu écris mieux quand tu te débarrasses des mots comme purulence, mais c'est un avis, sûrement que plein d'autres gens seront contents que tu déprimes à leur place.

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