Georges

Georges

samedi 1 février 2014

Horse year

*Les derniers jours t'ont appris que c'est en invoquant la raison qu'on met un terme au tourment d'un coeur trop mou, essoré bien que volontaire.
Il faut t'attacher à être le plus près possible du concret, du tangible, de ce qui peut être raisonnablement expliqué, puisque les sentiments sont à ce point subjectifs que tu considères que ça nevaut plus la peine d'en parler. 


*Des mots identiques répétés dans un autre ordre ne peuvent pas mener à une conclusion différente. 

*A qui s'en prendre lorsque rien ne se passe comme prévu? A personne, parce qu'il est de plus en plus urgent de se pardonner, de se féliciter malgré tout d'avoir cru possible l'agencement harmonieux de tout.

*Tu as payé ta première amende de tram. tu le sentais, ça se sentait, on ne peut pas l'expliquer, un pressentiment : "tiens, c'est peut être aujourd'hui, le jour de l'amende" .
En 10 ans, tu as eu le temps de penser à ce moment, de te dire que ce serait pénible et vaguement humiliant, parce que non content de te mettre ton amende un contrôleur se prend parfois pour ton père et se met à t'expliquer que franchement, tu sais, si tout le monde fait comme toi, sans dec... on va jamais s'en sortir. Remplis ton papier, prends mes thunes et ne me raconte pas ta vie.
Enfin, là, non. Il est cool, limite désolé de me mettre en retard avec ses conneries. 
Et moi, je me dis que cette mascarade est significative : 
_ Dijon n'en peut plus de ma gueule et ne me protège plus des contrôleurs, il est temps de partir
_ 44 € pour 10 ans de transports... JE gagne. Large.

* Seule attablée à une terrasse, tu as regardé passer des jeunes filles enroulées dans des mètres d'écharpe en écoutant the XX sous une chape de ciel gris. A côté de toi, deux dames assez âgées pour que tu les appelles des "Dames" se demandent s'il est l'heure d'un café ou d'un jus de tomates dans une conversation qui semble importante.

* Tu entres dans une librairie tourner les pages de lourds volumes. Comme on s'envoie de l'eau fraîche sur le visage au réveil d'une sieste, tu te soules d'images, comme pour te provoquer un syndrome de Stendhal .

* L'étourdissement volontaire te semble être une réponse honnête à l'engourdissement involontaire de tes capacités intellectuelles. Parce que tu n'as pas lu depuis longtemps, que tu n'as pas découvert, rêvasser, tu n'as pas eu cette bonne utilisation de l'oisiveté dont tu connais pourtant la recette. 

* Il va être grandement question de se ressaisir au lieu de cette perte de temps consacré à la cristallisation, à la sentimentalité exacerbée, l'enculage de mouche, le fol espoir.


* L'ennui ne te mérite pas.






6 commentaires:

  1. Ah Dijon, la seule ville où tu te choppes une amende dans le bus alors que t'as tes tickets... tsss Les trois derniers paragraphes font écho en moi : le temps est si précieux, j'ai l'impression qu'on ne le met pas assez à profit (le terme étant volontairement mal choisi), qu'on le gaspille alors qu'au fond c'est un peau de chagrin. Bon week-end :)

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  2. il faut vraiment que cette période se tasse, j'aimerais qu'une décision de ma part soit suffisante.

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  3. http://www.youtube.com/watch?v=3fAXl97-RFg

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  4. Merci pour tes mots, depuis le temps.

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  5. "A qui s'en prendre lorsque rien ne se passe comme prévu ? A personne, parce qu'il est de plus en plus urgent de se pardonner, de se féliciter malgré tout d'avoir cru possible l'agencement harmonieux de tout."
    Moi c'est ce paragraphe qui me touche profondément et qui fait, encore une fois, que je me sens si bien chez toi.

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