Georges

Georges

samedi 16 novembre 2013

Not Sorry

 

_On te connait comme la fille qui roule des fleurs entre des feuilles OCB, pas celle qui roule des mécaniques.

_La fille qui se regarde partir un peu, lasse de marcher sur des câbles en moon boots sans permis de funambuler, dodelinant vers l'accident, le visage froissé d'inquiétudes.

_Les objets de colère demandent le soutien actif d'objets contondants.

_Il y a ces milles possibilités qui rigolent quand tu feins de les ignorer, installée dans le wagon cosy des choix confortables et sans risque.

_Rebelle de canapé, énervée relative assise sur son cul, tu théorises la colère mais tu t'en protèges.

_Princesse pataquès qui ravale ses cracks.

_Tu as peur des histoires. 

Voilà des mois que tu n'as pas rêvé de quoi que ce soit. Que tu chasses toutes les illusions pour rester vissée dans le concret. 

Tu n'as plus ouvert un livre, ou alors, il t'est tombé des mains très vite. Symptôme de ton appréhension paralysante : tu es empêtrée de réticences quant à la possibilité d'être totalement emportée par quelque chose. 

Dans le tram, tu vois des amoureux qui se parlent avec des voix si peu timbrées qui en disent long sur l'amour qui leur brûle la viande. Ils se respirent dans un enchevêtrement de tendresse et de candeur mais tu es arrachée à tes rêveries empathiques par une clairvoyance démesurément pessimiste.

Tu vois l'accident qui attend, tapi sournoisement derrière les "toujours", les promesses, la romance sans fin.

Pendant quelques minutes, tu es malade de honte, tu n'oses plus les regarder avec ta gueule de mauvais présage. 


_Il faudrait jeter définitivement le juke box bègue qui balance les sempiternelles litanies dramatiques et navrées. 

_ Il faudrait laisser à la chance et à la magie l'occasion de couvrir enfin le bruit des casseroles. 

_ Ne pas avoir peur d'être une amoureuse de plus bouleversée par le parfum d'un foulard et le timbre d'une voix. 

_ Ne pas avoir peur de la possibilité d'être à nouveau rompue. 

_ Relire des histoires, en raconter, s'en raconter, jouer à ça.

_Le plus souvent possible. 

_ La possibilité de l'accident ne peut pas se substituer à la réalité de la romance.

_ Or, tu es romantique, n'en sois pas désolée. 

_ Tes larmes ne sont pas verglaçantes, ne sois pas désolée.  

_ Tu ne peux pas nier la chamade qui s'emballe dans sa cage, ne sois pas désolée. 

_ On ne lutte pas contre une nature sentimentale et ardente, ne sois pas désolée. 

_ Tu vis dans un monde qui ne sait pas transformer les fleurs bleues en iceberg, ne sois pas désolée. 









jeudi 14 novembre 2013

Fragments

//Quand tu laisses la fiction noyer tes synapses, tu ne résistes à aucune vision et tu vogues dans des bains suaves, des estuaires aigre-doux.
Quand vient l'heure de les retranscrire, tu n'as pas le courage de prendre le stylo pour briser la trop longue absence de mot. 
Égoïste, tu gardes pour toi les emballements de ton cerveau.//


//Tu donnerais beaucoup pour une paparazzade dans son subconscient. Curieuse de ce qui t'es pudiquement dissimulé. //

//L'idée de demain tresse tes boyaux avec une froide minutie. Demain est un concept vertigineux //


 //Tu te loves dans l'ennui automnal, sans foret incendiées, la rousseur relative des végétaux est rassurante comme une mort esthétique qui voudrait effrayer personne, feuilles après feuilles, le vent arrache jusqu'au dernier haillon de pudeur et transforme le panache en fumier.  

L'incandescence prend son temps.//

//Tu l'écoutes mentir pendant de longues minutes sans avoir le coeur. Confortée par ton écoute bienveillante elle est exaltée par ses élucubrations. Je souris à son talent romanesque et à son emportement mythomane,  elle pense certainement que je souris à la grande aventure de sa vie.



Chez les personnes sans importance, le mensonge t'amuse, te distrait, et les porteurs de mensonges te délassent de tes angoisses. Tu les vois se débattre avec ce qu'ils pensent vrai/faux, ce dont ils ne savent plus rien, les souvenirs usés d'avoir été travestis, étirés, minimisés.Tes frayeurs synthétiques sont évincées par le blabla mythomane des parleurs compulsifs.

Le mensonge t'amuse parce qu'il te rassure sur ta propre loyauté, tu sais que tu n'es pas capable de tout ça. Tu sais aussi que cette incapacité constitue un problème, celui de la transparence et de l'absence de mystère qui peut potentiellement faire bailler ceux qui te font face. 

Les bonimenteurs ont plus de public que les filles entières qui ne savent rien cacher de leurs émois et de leurs détestations. //

// Le chant élégiaque des vagues... Tu ne sais pas t'en passer.
En serpentant dans les pleins, les déliés de ta mémoire bavarde, c'est le plus souvent face à l'océan que tu te plantes quelques minutes pour te souler du va et vient lancinant. Le ressac te ramène à la vie quand tu te colles la mort avec des pensées sinistres. //