Georges

Georges

jeudi 12 septembre 2013

Septembre

Quelques jours se sont enchaînés ainsi,  à perte de souffle. 
Horizon bas, émotions incendiaires, corps grinçant, bouche rouillée.
Tu as porté le  fardeau de la déprime lesté de celui de la honte, cette honte illégitime d’être sensible aux vents contraires. 

Arbrisseau fragile aux puissantes racines que le vent couche sans arracher. 
Arbrisseau courageux bien que frêle, restant debout sous la pluie ou alors sec et écrasé de chaleur, écoutant les conversations des oiseaux, déployant son ombre téméraire pour abriter les baisers d'amoureux et les jupes qui volent.
La honte, en fond, dans les discours extérieurs, l’écho des frayeurs démesurées de ceux qui ne veulent pas savoir que la vie peut-être insupportable et formidable à la même minute.

Sérieux : A LA MÊME MINUTE.
On peut marteler que "c'est que du bonheur", ben non, tu vois, des fois c'est pas de la tarte. 

Tes yeux se cernent, ta face déconfite n'est pas belle à voir.
Mais l'important c'est de savoir que le courage c'est comme un boomerang auquel tu donnes trop d'élan. 
Il te revient enragé, féroce, guerrier...

Reviens, reviens, reviens. 

Le voilà, il te sort de ta cabane dans les arbres dont personne n'a l'adresse.

Il attire ton attention sur les beautés cachées et tu te fais l'archéologue d'une banalité vierge de fouille. Indiana jones du quotidien plat de chez plat qui en extrait des fulgurances domestiques épatantes pour qui parvient à les déchiffrer, les défricher. 
Les heures bleues des infusions à l'hibiscus. 
Le tracé d'un doigt entre les grains de beauté sur son dos
Le défoulement des corps horizontaux

L'affolement du souffle
Les intentions qui rivalisent d'attention

Et enfin, tout est à sa place
Tout. 

... Et tu es redevenu le chêne qui aime se déguiser en arbrisseau pour passer inaperçu.