Georges

Georges

mardi 28 mai 2013

Calm like a bomb

T'avances sous la pluie fine qui persiste depuis des semaines, tu serais pas contre un putain d'orage tonitruant qui fulmine et te rende sourde. Quoi que ce soit qui l'ouvre à ta place, qui éructe et qui crache.  

Ta boite aux lettres te propose un couscous offert pour un couscous acheté, des réductions chez Sephora et la sempiternelle chair à classeurs: factures, quittance et Bullshit que tu vas mettre en ordre comme un gentil soldat qui crame de l'intérieur mais qui est calme, calme, calme comme une grenade non dégoupillée, une bombe foirée, un pétard mouillé. 

Tu penses à l'intention qui compte en montant chez toi, une odeur de café brûlé te jette en arrière et finit de te froisser le visage. 

Le chat t'explique dans sa langue que t'as déconné, la cafetière est en marche et ça pue le café évaporé, ça pue le matin qui aurait duré toute la journée. 

Douze heures de cuisson. 

Tu penses à l'intention qui compte en balançant le tout, tu voudrais jeter l'odeur avec, taper un scandale sur quelqu'un mais tu ne peux t'en prendre qu'à la tête de linotte qui se lave les mains en regardant son maquillage las et ses traits rudes, tendus par une overdose de gris. 

Le chat cligne, tu clignes. Voilà. Tu parles Chat. 

Il faudra quelques minutes encore pour que tu fasses taire la guerre dans ton ventre.

Toi, animal administratif qui classe de la paperasse comme tu respires, il te faudra encore des longues minutes pour que se décrispent tes mâchoires qui broient du vide, du calme, le trop plein de calme que tu penses devoir afficher. 

Ton uniforme de fantôme et ton prénom qu'on ne retient pas te disent, en chœur, combien la transparence t'habille. 

Dans ton esprit, les steppes grillent et des chevaux musculeux t'arrachent à la banalité. Tu avances toujours vers les mêmes symboles d'immensité et de puissance.

Tu ne varies pas trop dans le choix de tes planques.  

Et tu veux te convaincre qu'au fond, c'est bien l'intention qui compte. 













13 commentaires:

  1. Au titre des chevaux dans la steppe, au titre de l'orage espéré qui ne vient pas, j'ai un livre pour toi, Georges. On opère une jonction par bistrot interposé ? Si pas de pluie, demain, une envelopppe à l'Indus'. Les mots circulent et pètent, si le ciel s'y refuse. Faites passer.

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    1. Anne, Merci.
      Je te laisserai un livre à mon tour, à l'indus.
      Mais tu sais, si on veut, un jour, on peut aussi prendre le temps d'un café.
      bien à toi.

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    2. Avec plaisir. Je suis pour les cafés brûlants entre gens vivants.

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  2. Encore un texte extrême à tous égards. Le bravo.

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    1. Merci Nicolas, Extrême... tu crois?

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  3. hihihihihihiprrfffffffffffff

    .......
    (-_-)

    je... te présente mes excuses pour ce commentaire très constructif qui en cheval signifie "j'aime ce texte"

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    1. brrruiiiiiiiiiihihihihi <--- Merci, en jument.

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    2. miiihihihihirrrppf > "ouh, tu sais parler aux étalons, toi"

      :p

      (ok, fin de la vanne. J'aimerais faire des commentaires plein d'esprit, mais...
      (><) force est de constater que l'esprit, c'est pas mon truc... je suis plutôt dans le chevalin, quoi.

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  4. Je viens, tu n'es pas là. Je relis, t'imaginant: où est-elle ? Que fait-elle ?

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  5. Je dirais même plus: tu me manques. Terriblement.

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    1. tu me manques aussi. J'ai tant de choses à dire // si peu de chose à dire.
      Tout en même temps. je t'embrasse fort.

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