Georges

Georges

mardi 23 avril 2013

One way, Or Another

La musique d'Autechre, le long du canal de Bourgogne m'évoque l'inverse exact du paysage qui me surplombe. 
Je pense à Bristol, UK, quelque chose de terne sans être cradingue, avec ses minutes captivantes qu'il ne faut pas rater. 

Tu les attrapes et tentes de les allonger, qu'elles durent encore après que tu aies cligné plusieurs fois des yeux, tu ajoutes des secondes entre chaque seconde, pour voir. 
Ok, rien ne se passe. 
Ok, le temps passe et vouloir lutter contre ça est une arnaque doublée d'une bonne couche de stupidité. 
La musique d'Autechre me rappelle les virages, les à coups, le moteur que tu domptais alors que je m'obstinais à retenir tes larmes en faisant semblant d'être de bonne humeur. 
de trouver tout ça normal, ben oui, tout ça est normal...

Regarde comme nous sommes normales, éventrées et souriantes... 

Devant un clip épileptique qui me laisse nauséeuse, qui me serre le crâne, j'évite de respirer, je joue à retenir ma respiration, comme quand j'étais gamine. 

De 22h22 à 22h23, retenir mon souffle, devenir rose, et après exploser... rien ne s'est passé, c'est normal, c'est normal. 

Je ne sais pas ce que je fous là, pourquoi je suis venue si près de toi, je me sens piégée par ton odeur, je joue avec un élastique à cheveux et je me regarde jouer avec un élastique à cheveux, je pense que c'est insupportable, le poids de ton ennui et de ta tristesse nerveuse sur le siège à côté. 

Je pense que c'est insupportable, ma fièvre, la vraie, celle des infections.  
Affalée et lasse de ne savoir quoi faire, quoi dire, normal, normal... 

Tout est normal, limite banal. 
On se fait des montagnes avec des éboulis, on se fait des Everest avec un trois marches de chez IKEA. 

Tu pars et je pense à Bristol UK, à la musique sans parole. 
Au down massif qui t'écroule de l'intérieur.
Je me casse, je vais marcher trop vite pour fuir l'horizontalité paresseuse. 
Toujours Autechre dans les oreilles, dans les jambes. la gorge en feu, enroulée dans du cachemire, enroulée dans une odeur de violette qui te débecte. 

Je suis sortie à l'heure des minutes captivantes taper le bitume, penser à la putrification qui découle d'un excès d'espoir. 

Entre deux angles de toitures, un incendie de lumière tranche net avec le soir qui dépose ses ombres sur les visages, les arbres nus, les rayons du vélo de ce type. 

Je serre mes paupières et je bloque mon souffle comme à l'époque de mes conneries de 22h22, je serre les poings aussi, et je m'extrais de l'attente anxieuse, je sors du ravin pour défricher une voie qui reste à découvrir.

Sortie de l'expectative, prête pour toutes perspectives. 
 






 






8 commentaires:

  1. 22h22 ? Ça me rappelle quelque chose...

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  2. Tu sais que dans cette longue minute là, je te croise souvent?
    Bises...

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  3. ton texte me laisse muette mais je voulais te le dire.
    (ce qui veut dire que j'adore, bien entendu !)

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    1. j'en suis très heureuse. je t'embrasse

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  4. j'ai beaucoup aimé Autechre en concert, même si je préfére évidemment quand ils font plus de bruit.
    Et moi qui aime la sobriété, j'ai trouvé ridicule le noir uniforme de leurs tenues et de la scène sans le moindre éclairage particulier. Absolument rien à voir. Avant ça, j'imaginais que ça pourrait avoir de la gueule. Je confirme, ça mène à rien, et ça fait marrer de regarder les gens regarder le rien.
    M'enfin...
    Depuis, j'avoue, je préfère Venetian Snares, même si c'est très différent.

    Ton texte est très bon de toute façon (:3)

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    1. Venetian snares c'est différent, en effet, mais bien aussi.
      Et ça se rejoint tout de même.
      Autechre, c'est simplement une période.

      <3

      Merci

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