Georges

Georges

mardi 19 février 2013

Les autres

Éclaboussée par un ciel en feu, j'essaie de garder lisse ma ride du lion qui donne à mon visage un air suspicieux.

Une jeune fille apprêtée s'est postée en face de moi pour finir sa nuit. Je regarde son ventre respirer.

[Ces inconnues qui ne disent pas bonjour mais offrent la vulnérabilité de leurs têtes trop lourdes aux premiers venus.]
J'observe sa nuque qui se ressaisie quand la pesanteur la tire par le menton.

Je réprime un rire. Un rire sans sourire, simple mouvement nerveux de mon ventre alerte.

Mon cerveau est une plâtrée de spaghetti à laquelle il manque cruellement une noix de beurre. Tout est embrouillé et je ne trouve pas dans mes réserves de patience la carte : méticulosité.

J'ecoute I am Kloot et me promène par la pensée dans un bar presque vide où résonne une voix qui invite à reprendre un scotch, alanguie par le premier, malade d'inspiration alors qu'une femme défait les liens d'un chignon brouillon et remets ses cheveux dans un désordre parfaitement efficace.


Dans cette histoire, je suis la brune aux mystères élaborés, qui porte le poids de sa tête sur une main, sous l'angle cassé de son poignet.

Celle qui rêve à plus de cheveux et plus d'épaules encore.

Ma voisine d'en face cesse de piquer du nez pour regarder son portable blanc personnalisé avec des paillettes. Elle éternue dans sa main sans ouvrir les yeux.
Je pense qu'elle a pigé que si on joue à se fixer en chien de faïence elle est face à une concurrente de taille qui tient des heures au jeu de la tête de con.

Perso, à sa place, j'aurai commencé par dire bonjour en entrant dans ce compartiment, en me posant face à un autre etre, je ne sais pas faire autrement que de le prendre en compte.

Le troupeau de dijonnais condescendants sort du train pour aller faire ce qu'il pense être son devoir : "Répondre à la fuite des cerveaux en milieu plouc."

Je suis la plus arrogante d'entre eux, celle qui ne se prend pour personne d'autre qu'elle même et qui est sûre de gagner contre tous au jeu de la baston de regard.

LOVE.

Chiara Mastroianni par Dominique Issermann

 
 

4 commentaires:

  1. Galop effréné de mon cœur.
    Tu bouscule sa solitude lancinante.
    J'aime ça.
    -E

    RépondreSupprimer
  2. http://www.youtube.com/watch?v=4W-t98s0aok

    RépondreSupprimer
  3. Cette chanson me file des frissons.
    Tu, me file des frissons, de la passion, de l'envie.
    Je ne sais même pas comment l'expliquer.
    Alors j'écoute de la musique pour apaiser mon être, pour essayer de garder les pieds sur terre, la tête dans mes étoiles.
    De la musique douce.
    ( http://www.youtube.com/watch?v=EjpyC5XkF70 )
    to be continued...
    -E



    RépondreSupprimer
  4. J'aime ton regard, j'aime l'ambiance, j'aime les mots qui se surprennent d'être placés là. Bravo!

    RépondreSupprimer