Georges

Georges

mercredi 27 février 2013

d'Ingres


Tu alternes la lidocaine et la nicotine sans aucun questionnement sanitaire.

Tu t'attaches à respecter à la lettre les préceptes dictés par ta religion du mouvement.
Etre sur le départ…
Etre cette personne dont on se demande où diable a-t-elle pu laisser son cheval...

Que la lucidité devienne une compagne attentionnée qui apprend à dire la même chose qu'avant, mais avec des fleurs dans la voix.
Des bouquets de fleurs,  comme des gazes imbibées d'une liqueur doucereuse qui change le fiel en or.
Les maux se cabrent, pris au lasso d'une bonne volonté intacte.
Jusqu'à ce qu'elle ne le soit plus...
Jusqu'à ce que son souvenir, lui non plus, ne soit plus.

Tu regardes, avales et craches avec la même frénésie, les matins vacarme d'une armée de bonshommes prêts à tout dezinguer, qui se le promettent en silence, qui font vœu de dépassement de soi, dans une chambre vide, grisée de silence.
Dans ce lieu de ton intimité où tu es seul à promettre, jurer, cracher...
Le même lieu où tu te retrouves pour pleurer un chien mort, penser à l'odeur de ta mère, adorer des idoles désuètes, supplier le matin de durer toute la vie, remercier on ne sait pas vraiment qui pour on ne sait pas vraiment quoi...


Dans ce creux de ton ventre, froid comme une église où les sornettes deviennent vérités quand personne ne te regarde. tout est mouvant, vibrant et se réchauffe, imperceptiblement.

Où ton chant est faux, où tes mains cherchent des corps que tu ne peux atteindre...

La peau rêche de tes mains qui  étreignent, des culs rêvés, des bouches à baiser vite et bien... dans cette cathédrale déserte et éphémère.

Tout ce que tu voudras, TOUT ce que tu pourras extraire du champ de tes frustrations, c'est là bas qu'il faut t'en départir...

Au cœur de ce que tu as de plus sombre et de plus lumineux,  balancer tes ordures et tes désirs salaces avec la tendresse étouffante des souvenirs de soupline et de riz au lait ou que sais-je...

Les cordes sensibles ne sont pas celles qui décident de se nouer autour d'une nuque lasse.

Elles sont ce qu'il y a de beau après une épuisante ascension, quand l'air manque et que les larmes se précipitent sur ta gueule arrachée par l'effort.

Elles sont ce qui te donne envie de danser seul chez toi avec une brosse à cheveux.

Elles sont le mi le la le ré le sol le si et à nouveau le mi de la guitare que tu as là,  branchée au bide, et qui envoie des salves métalliques quand tes nerfs ne répondent plus de rien.

Elles sont l’humanité que tu dois taire la plupart du temps mais qui ne cesse de bouillir, que tu surveilles comme le lait sur le feu.

Elles sont la paire de gants que tu ramasses sur une banquette de bar et que tu remets à son propriétaire, le chien qui te regarde au bout de sa longe trop courte et la dame un peu folle qui sourit à ses souvenirs distordus, devant un café qu'elle ne se souvient pas, non plus, avoir commandé.

Les cordes sensibles sont celles que tu tends, de clocher à clocher, pour être funambule.
Les cordes sensibles sont les branches qui frissonnent et dansent par tous les vents, quand le caillou s'emmerde ferme à être immuable et solide.
Tu sais quoi, on s’en fout si ça déborde et si t’en fous partout et si les promesses que tu te fais dans le noir de ta chambre secrète ricochent contre l’âpreté d’une réalité qui te dépasse.
On n'est pas des cailloux, merde.

3 commentaires:

  1. Soufflée.
    Comme un grain de riz.
    Vais aller passer ma croustillance sous la douce, tant de friabilité soudainement retrouvée m'effraie un peu.
    Ensuite, esmorzar. Y clopar.
    En bientôt !

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