Georges

Georges

lundi 18 février 2013

Always in this twilight

Les filles lisent sur leurs portables les nouvelles d'un monde malade qui s'auto medicamente.



Les hommes parlent argent, pouvoir, mettre la misère à certains, mettre des carottes à d'autres.

D'autres serrent contre elles une glacière qui contient les restes de la veille accompagnés d'un yaourt.
C'est ce qu'imagine la partie la plus servile de mon imaginaire. Celle qui se plie à une pratique machinale comme elle se prête aussi à la machinerie implacable du pratique, gommant ce qu'il peut y avoir d'inspiré et de gracieux dans la vie, prise comme ça, sans aucune préméditation domestique.

Ces petits gestes qui ne peuvent se soumettre au contrôle.

La milice d'un quotidien bien huilé qui n'a pas le temps de ronronner nous impose cette mascarade de tupperware et les prévisions s'accumulent.
L’imprévu est laissé de côté, on l'installe à la place du mort... Qu'il se démerde, qu'il nous foute la paix avec ses tentations.

On a pas le temps, on a des carottes râpées à mettre sous plastique et des gamelles à laver pour la dinette adulte qui nous attend.

Par la fenêtre, des forets de givre et une lumière fière me font des promesses de printemps. Et je m'y accroche, je suis le givre qui attend une caresse tiède.

Entre mes deux oreilles le passé et le futur tressautent, m'envoient des charges électriques. Faux contact. Mes yeux traduisent la fatigue du larsen qui me traversent comme une lame chaude et précise.

Et les hommes font ce monde dont les femmes, dans le train, fatiguées, sous d'epaisses couches de make up, prennent des nouvelles comme les mères attentives d'enfant qu'elles n'ont pas encore jetés au monde...

Tout est joliment chorégraphié, prendre et poser un livre, arranger une mèche de cheveux, faire la moue devant un telephone.

Je passe au pied du château de Mâlain, chaque jour, je pense à des courses dans les éboulis quand je devenais chèvre... A prendre de la hauteur...

Je regarde les pâtures vides, les arbres morts qui attendent la même chose que moi.

Les maisons modestes sont sublimées par un rayon de lumière. La lumière transforme les humbles chaumières en palais baignés d'or où j'invente une femme ravie devant sa tasse de café noir, qui médite sa journée à venir, caressant le chat qui slalome contre ses jambes nues.

Je ne prends pas de nouvelles du monde, je préfère inventer des femmes heureuses dans des maisons baignées de soleil.
Regarder la lumière changer sans brutalité de 7h29 à 8h06.
Écrire le scenario des hommes et des femmes pressés.
Rester à l'écart du monde malade qui s'auto-medicamente pour me divertir du larsen entre mes deux oreilles en me racontant des histoires sans début et sans fin.

Travailler à mettre un terme à la stridence intempestive de mes ongles sur l'ardoise.

    14 commentaires:

    1. Merci de revenir par ici, oui un air de printemps par la fenêtre, et dans mon coeur...j'aime ce texte qui comme le printemps parle de renouveau malgré un air de routine si joliment écrit
      Bises

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      1. Je profite de mes voyages en train pour pianoter sur mon téléphone ce qui me passe par la tête.
        je t'embrasse :)

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    2. Oh comme elle écrit bien cette fille appelée Georges

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      1. Merci, elle est ravie que ça te plaise et jure de ne plus s'exprimer à la troisième personne à l'avenir.

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    3. Le château de malain c'est aussi la porte des enfers. C'est drôlement chouette à lire.

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      1. Ah bon? J'y connais rien tu sais, moi les légendes... hormis la légende de Zelda...

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    4. Chère Girl Called Georges
      Oui, non seulement vous écrivez drôlement bien
      mais j'aime ce que vous écrivez.
      J'ai lu
      et j'ai écouté et regardé cette Florence et sa Machine
      merci pour la proposition
      je ne connaissais pas
      j'ai lu la page sur Wiki
      je l'ai regardée chanter
      cela en vaut la peine
      c'est une belle femme qui chante
      habitée
      et j'aime sa musique
      alors merci pour les mots
      et merci pour la chanson

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      1. Merci Pascale pour la lecture.
        Oui, c'est une belle femme Florence Welsh et elle a énormément de talent. contente de vous l'avoir fait découvrir.

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    5. I want to be a cat !!!
      Tu me retourne la tête dans tout les sens.
      <3

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    6. Réponses
      1. merci pour le clin d'oeil musical, à propos.

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    7. Moi aussi, veux caresses tiedes sur tout ce pan de givre.
      Ou alors veux etre chat enroule slalomant jambes humain.

      Merci Georges, t es fortiche, toi.

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      1. Un chat tiède qui caresse le givre sinon?
        C'est possible!

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