Georges

Georges

mardi 31 décembre 2013

En 2013

J'ai commencé à faire la liste de ce que j'avais perdu dans la bataille en 2013. 
  • Le sens du mot toujours
  • Celui du mot jamais
  • Toutes ces conneries d'absolu pour meuf auxquelles il ne manque que la gale pour se gratter ou un bon coup de pompe.

Ce que j'ai perdu = Ce que j'ai gagné. 

Le trop plein d'enfance qui a encouragé des relations puériles, comportements borderline, mauvais délire en pyjama sale. Tout ça est bel et bien mort ou en état de nécrose avancée.

Exit les dents de lait qui ne mordent rien // Bienvenue à l'acuité glaçante et redoutable.

Alors bien sûr, les mots en font trop, les mots débordent, dégueulent de leur cadre. Bavards, pompeux, sûrs de leur charme, ils crânent ouvertement et se consolent d'une relative insignifiance orale. 

Chaque année c'est la même : On merde en beauté, on se rattrape partiellement, on se trouve flamboyant, on se laisse prendre là où on avait juré qu'on ne nous y reprendrait plus. 

On prend les vessies pour des lanternes avec un entêtement farouche. 
Et nos amis de nous dire :Georges, attention,c'est une putain de vessie. 
Et nous de répondre : tsss tsss , je sais où je vais. 
Et c'est drôle, parce qu'on va nulle part mais on y va de bon coeur jusqu'à manger le mur et repartir dans une autre direction.

On remercie chaleureusement l'équipe de détection des vessies masquées d'avoir la décence de ne pas nous achever d'un : J'te l'avais dit.

Alors avant de changer d'année, je compte mes forces et elles sont nombreuses. Je me sens solidement ancrée dans ma vie, en adéquation avec des aspirations raisonnables, confiante, riche, avec juste ce qu'il faut de hargne. 
Amoureuse perverse, amoureuse romantique. 
Princesse pataquès qui déglingue le bon sens quand les doutes la gouvernent. 

Le plus important, et ce que je te souhaite, c'est de t'aimer d'un amour tendre et de te pardonner de ne pas être ce qui se fait de mieux, toutes catégories confondues. 

Allez va, t'es vraiment pas mal dans ton genre. 

Alaviou <3







mercredi 18 décembre 2013

All and more

_Organiser une conciliation entre mon Jekyll et mon Hyde.

_Mettre un terme à la palpation anxiogène des ganglions  cervicaux.

_Éviter les transports en commun, déclarer quotidiennement sa flamme au mouvement, à la brûlure des muscles, à la chaussée givrée qui apprend à danser à nos semelles lisses.

_Atterrir en douceur des vols nocturnes, rendre hommage au vertige dans toutes les situations, étirer les frissons, les transformer en orgasme.

_Multiplier les listes qui constituent une alternative correcte à l'angoisse.
 

_Listes : Verre à moitié plein
Pas de liste : Verre à moitié vide


_Ne chérir le spleen que lorsque le moral est par ailleurs assez balèze pour éviter la tragique et ridicule complaisance.

_Inventer des mondes, des langues, des mots, des couleurs.

_Affirmer la puissance de l'auto-persuasion

_Accepter le corps de trente ans, les cheveux de 75 ans, la fougue de 20 et une candeur toujours virginale alternée avec une clairvoyance glaciale.

_Regarder la découpe nette des chevaliers du quotidien, s'émouvoir une fois sur 10 de leur bonne volonté. 9 fois sur 10, avoir envie de les scalper au nom de la liberté qu'ils gâchent pour se transformer en salaire mouvant.

_Te chanter des chansons lorsqu'on émet des avis sur la gestion de ta vie, de tes forces, de tes intentions,  de la part occupée par ton Jekyll et ton Hyde dans tes réunions de conseil d'administration.

_S'attacher à donner la part belle aux avis particuliers formulés par des personnes particulières.

_Ne pas céder au terrorisme du sentiment: Dis moi que tu m'aimes //  Dis moi que tu m'as aimée //  Promets moi que tu m'aimes plus, que c'est fini, s'il te plait, je ne veux pas tourner notre page si l'encre n'est pas totalement sèche. Je ne veux pas tout saloper, tu comprends?

_Ne pas céder, ne pas céder. Laisser à chacun le soin de comprendre qu'il a déjà bel et bien tout salopé. 


vendredi 6 décembre 2013

More warrior than Worrier

Ras la gueule du blabla joliment agencé pour faire des phrases qui puent l'intelligence mais qui n'ont rien d'intelligibles. 
La manie de faire des ribambelles de mots crâneurs qui se mettent en quatre pour noyer la poiscaille qui vit sa vie dans ta tuyauterie. 

De la friture qui fait frémir ton corps. tu l'écoutes, les oreilles immergées dans l'eau d'un bain à température ambiante. 

C'est tout un tas de glouglous et, tout à coup, cette note sur-aiguë, retour de bile et déflagration, le cannibalisme en action, tu écoutes la poésie te dévorer la rate en laissant intact les organes alentours.  

La poésie organique qui secoue ta tripe, qui te remue la boyasse, cette poésie - MON CUL - qui te laisse plus que famélique. 
Et les mains tendues...
Et la tête penchée...
Et toutes les simagrées de marchande d'allumettes hard discount.
La princesse au petit pois qui porte en fait sous ses guenilles des fringues d'héroïne sanguinaire et vengeresse prête à botter des culs en rafale. 
La jambe de super Jamie qui défonce tout sur son passage laissant derrière elle cet état de catastrophe naturelle que tu chéris.

Tes dents, tes griffes, ton regard bazooka, tes muscles bandés, ton désir tendu, la paix qui dort à poings fermés, la guerre sourde que tu as entendu gonfler les oreilles immergées dans ton jus. 

Tout est prêt pour l'opération terre brûlée, un maximum de casse, un minimum de temps. 
Il s'agit de te départir de l'alanguissement systématique // la recherche d'une paix totale sur laquelle tu peux t'asseoir // les inquiétudes dont tu raffoles, petite conne qui se cherche des poux dans une tête rasée ...

Ne pas prendre tes putains de contrariétés pour un genre artistique à part entière. 
Chialer, tu sais, tout le monde sait le faire. 
Fais pas chier Cendrillon, on t'attend. 
Rase toi la tête, bois un dernier scotch, charge ton gun, les munitions que tu planques dans ton ventre-monde-monstre attendant le signal pour l'attentat kamikaze lancé contre ta mélancolie sophistiquée. 

On n'en veut pas de tes belles larmes propres, on veut que tu te dégoupilles, que tu partes en torche. 

Que tu mettes la grosse misère à cette guerre des mots que tu te livres, au mépris du corps qui demande de l'éclat, de l'envie, de la sueur. 

Personne n'a besoin d'une guerrière qui se déplace en civière. 




samedi 16 novembre 2013

Not Sorry

 

_On te connait comme la fille qui roule des fleurs entre des feuilles OCB, pas celle qui roule des mécaniques.

_La fille qui se regarde partir un peu, lasse de marcher sur des câbles en moon boots sans permis de funambuler, dodelinant vers l'accident, le visage froissé d'inquiétudes.

_Les objets de colère demandent le soutien actif d'objets contondants.

_Il y a ces milles possibilités qui rigolent quand tu feins de les ignorer, installée dans le wagon cosy des choix confortables et sans risque.

_Rebelle de canapé, énervée relative assise sur son cul, tu théorises la colère mais tu t'en protèges.

_Princesse pataquès qui ravale ses cracks.

_Tu as peur des histoires. 

Voilà des mois que tu n'as pas rêvé de quoi que ce soit. Que tu chasses toutes les illusions pour rester vissée dans le concret. 

Tu n'as plus ouvert un livre, ou alors, il t'est tombé des mains très vite. Symptôme de ton appréhension paralysante : tu es empêtrée de réticences quant à la possibilité d'être totalement emportée par quelque chose. 

Dans le tram, tu vois des amoureux qui se parlent avec des voix si peu timbrées qui en disent long sur l'amour qui leur brûle la viande. Ils se respirent dans un enchevêtrement de tendresse et de candeur mais tu es arrachée à tes rêveries empathiques par une clairvoyance démesurément pessimiste.

Tu vois l'accident qui attend, tapi sournoisement derrière les "toujours", les promesses, la romance sans fin.

Pendant quelques minutes, tu es malade de honte, tu n'oses plus les regarder avec ta gueule de mauvais présage. 


_Il faudrait jeter définitivement le juke box bègue qui balance les sempiternelles litanies dramatiques et navrées. 

_ Il faudrait laisser à la chance et à la magie l'occasion de couvrir enfin le bruit des casseroles. 

_ Ne pas avoir peur d'être une amoureuse de plus bouleversée par le parfum d'un foulard et le timbre d'une voix. 

_ Ne pas avoir peur de la possibilité d'être à nouveau rompue. 

_ Relire des histoires, en raconter, s'en raconter, jouer à ça.

_Le plus souvent possible. 

_ La possibilité de l'accident ne peut pas se substituer à la réalité de la romance.

_ Or, tu es romantique, n'en sois pas désolée. 

_ Tes larmes ne sont pas verglaçantes, ne sois pas désolée.  

_ Tu ne peux pas nier la chamade qui s'emballe dans sa cage, ne sois pas désolée. 

_ On ne lutte pas contre une nature sentimentale et ardente, ne sois pas désolée. 

_ Tu vis dans un monde qui ne sait pas transformer les fleurs bleues en iceberg, ne sois pas désolée. 









jeudi 14 novembre 2013

Fragments

//Quand tu laisses la fiction noyer tes synapses, tu ne résistes à aucune vision et tu vogues dans des bains suaves, des estuaires aigre-doux.
Quand vient l'heure de les retranscrire, tu n'as pas le courage de prendre le stylo pour briser la trop longue absence de mot. 
Égoïste, tu gardes pour toi les emballements de ton cerveau.//


//Tu donnerais beaucoup pour une paparazzade dans son subconscient. Curieuse de ce qui t'es pudiquement dissimulé. //

//L'idée de demain tresse tes boyaux avec une froide minutie. Demain est un concept vertigineux //


 //Tu te loves dans l'ennui automnal, sans foret incendiées, la rousseur relative des végétaux est rassurante comme une mort esthétique qui voudrait effrayer personne, feuilles après feuilles, le vent arrache jusqu'au dernier haillon de pudeur et transforme le panache en fumier.  

L'incandescence prend son temps.//

//Tu l'écoutes mentir pendant de longues minutes sans avoir le coeur. Confortée par ton écoute bienveillante elle est exaltée par ses élucubrations. Je souris à son talent romanesque et à son emportement mythomane,  elle pense certainement que je souris à la grande aventure de sa vie.



Chez les personnes sans importance, le mensonge t'amuse, te distrait, et les porteurs de mensonges te délassent de tes angoisses. Tu les vois se débattre avec ce qu'ils pensent vrai/faux, ce dont ils ne savent plus rien, les souvenirs usés d'avoir été travestis, étirés, minimisés.Tes frayeurs synthétiques sont évincées par le blabla mythomane des parleurs compulsifs.

Le mensonge t'amuse parce qu'il te rassure sur ta propre loyauté, tu sais que tu n'es pas capable de tout ça. Tu sais aussi que cette incapacité constitue un problème, celui de la transparence et de l'absence de mystère qui peut potentiellement faire bailler ceux qui te font face. 

Les bonimenteurs ont plus de public que les filles entières qui ne savent rien cacher de leurs émois et de leurs détestations. //

// Le chant élégiaque des vagues... Tu ne sais pas t'en passer.
En serpentant dans les pleins, les déliés de ta mémoire bavarde, c'est le plus souvent face à l'océan que tu te plantes quelques minutes pour te souler du va et vient lancinant. Le ressac te ramène à la vie quand tu te colles la mort avec des pensées sinistres. //

mardi 22 octobre 2013

OBEY



Tu réponds à une annonce parue dans un gratuit : Embauche boule de glaise à pétrir, avec un maximum de gencives et un minimum de dents. 

Tu franchis le seuil de ton appartement pour rejoindre la rue et tu deviens immédiatement la personne lambda // à la con // banal que tu es programmée à devenir. 

Les températures sont douces pour la saison : On s'en fout. 
Ça fait tôt pour sortir le cachemire : On s'en fout. 
Les jours deviennent trop courts pour contenir tous les projets que tu avais établis:On s'en fout

Tu marches avec les autres, échanges des idioties contre d'autres idioties, tu achètes ce qu'on a déjà choisi à ta place, tu laves des vêtements propres. 

C'est ce qu'on te demande et tu n'es pas contrariant. 

Les rugosités sont lissées afin que tu puisses être interchangeable avec n'importe qui. 
C'est un travail d'érosion qui se fait sans même que tu puisses t'en apercevoir. 
De larges sourires avalent tes objections avant que tu les aies formulées. 

Des types hirsutes dans ton genre, on n'en veut pas dans notre clique.

Pas de fantaisie, ne sois pas qui tu es, ne sois pas farfelu, on attend de toi la plus précise des conformités, tu feras la révolution chez toi avec la gueule dans l'oreiller. 
Les insultes et les coups qui attendent le grand jour, tu les retourneras contre toi alors que personne ne te regarde, tu te traiteras de con devant un miroir qui te renvoie l'image d'un mec en camisole avec des coquards en guise de cernes, des rêves au rabais au fond de ses yeux qui ne racontent plus rien et du charbon plein la bouche. 

Les résistances que tu opposes au modelage de ta personnalité sont ridicules parce que t'es fait comme un rat. 

Tu pourras parfois croire à la possibilité de la liberté et tu te réveilleras noyé de sueurs froides, tu regarderas l'heure et tu te réjouiras des quelques heures restantes pendant lesquelles tu te fais croire que tu as le choix. 

Je m'en fous putain, demain, j'y vais pas. 
Je m'en fous putain, je fais ce que je veux. 
Je m'en fous, ils m'auront pas. 
Pas moi. 
Pas moi. 

Si, toi, précisément, toi. 
Tu es fait comme un rat.  

http://everyedition.ch/this-is-your-god/








jeudi 12 septembre 2013

Septembre

Quelques jours se sont enchaînés ainsi,  à perte de souffle. 
Horizon bas, émotions incendiaires, corps grinçant, bouche rouillée.
Tu as porté le  fardeau de la déprime lesté de celui de la honte, cette honte illégitime d’être sensible aux vents contraires. 

Arbrisseau fragile aux puissantes racines que le vent couche sans arracher. 
Arbrisseau courageux bien que frêle, restant debout sous la pluie ou alors sec et écrasé de chaleur, écoutant les conversations des oiseaux, déployant son ombre téméraire pour abriter les baisers d'amoureux et les jupes qui volent.
La honte, en fond, dans les discours extérieurs, l’écho des frayeurs démesurées de ceux qui ne veulent pas savoir que la vie peut-être insupportable et formidable à la même minute.

Sérieux : A LA MÊME MINUTE.
On peut marteler que "c'est que du bonheur", ben non, tu vois, des fois c'est pas de la tarte. 

Tes yeux se cernent, ta face déconfite n'est pas belle à voir.
Mais l'important c'est de savoir que le courage c'est comme un boomerang auquel tu donnes trop d'élan. 
Il te revient enragé, féroce, guerrier...

Reviens, reviens, reviens. 

Le voilà, il te sort de ta cabane dans les arbres dont personne n'a l'adresse.

Il attire ton attention sur les beautés cachées et tu te fais l'archéologue d'une banalité vierge de fouille. Indiana jones du quotidien plat de chez plat qui en extrait des fulgurances domestiques épatantes pour qui parvient à les déchiffrer, les défricher. 
Les heures bleues des infusions à l'hibiscus. 
Le tracé d'un doigt entre les grains de beauté sur son dos
Le défoulement des corps horizontaux

L'affolement du souffle
Les intentions qui rivalisent d'attention

Et enfin, tout est à sa place
Tout. 

... Et tu es redevenu le chêne qui aime se déguiser en arbrisseau pour passer inaperçu.
 



mercredi 28 août 2013

Mislead your audience


Tu te tiens sur le bord d'une chaise, tes genoux relevés sous ton visage, prédatrice implacable qui attend le doute pour en faire un drame bas de gamme. 
Avec ta main gauche, tu maintiens un filtre et ton index droit tasse une ligne de tabac frais sur une feuille OCB.
Zip zap zip zap.

Tu penses au cloisonnement induit par cette obsession d’écrire, cet exil très peu compris, même par toi, que tu te refuses par manque d'audace.

Tu te vois pas dire : 

*Écoute, non, pas ce soir, je dois écrire. 
*Écoute, non, pas ce soir, je voudrais cribler de fautes et de hiéroglyphes un tas de pages qui n'a rien demandé. 
*Écoute, non, tu vois, j'ai prévu de passer les prochaines heures à écrire/effacer/écrire/effacer ad libitum...


Le peintre peint, ses mains en parlent, les taches sur ses vêtements aussi. 
Le photographe arpente les rues avec ses armes autour du cou, ostentatoires, précieuses, lustrées. 
La fille qui écrit, non. Elle mate, elle thésaurise et elle attend la solitude. Elle ne sort pas son stylo au milieu d'un apéro pour choper au lasso l'idée prétendument brillante qui lui a secoué le caisson. 
Elle rit avec les autres en serrant les poings pour pas perdre son flash, le truc qu'elle ne note pas, pour pas passer pour la crâneuse exaltée qu'elle n'est pas tant que ça.
Elle espère que ça tienne, que ça revienne.
Que ça devienne quelque chose d'autre qu'un tas de lettres mortes postées sur la toile. 
Que ça ne se perde pas avec le reste, dans des limbes de mot qui n'ont pas eu de chance, apparus en fulgurance alors que c'était pas le moment. 

La frustration te dévore : Sans discipline, sans acharnement et sans l'audace d'imposer ton obsession comme un mode de vie, tu ne verras jamais la moindre ligne prendre le pas sur ta peur de passer pour une conne. 

Tu resteras cette fille qui dit qu'elle écrit comme on avoue qu'on a pissé au lit. 
*TOUT          CELA         DOIT         CHANGER* 


jeudi 22 août 2013

The month before

Tu as eu 30 ans au plein cœur de la farce dont tu étais le dindon magnifique. 
Ton train a déraillé suite à un mauvais aiguillage.
Le dindon a fait contre mauvaise fortune bon cœur, abandonnant ici et là des évidences brumeuses, l'assurance de mots infaillibles, assénés jusqu'à l'hébétude, des mots qui te laissent dans une humeur de cuite pour plusieurs mois. 

Tu as atteint le degré de maturité qui t'encourage à laisser loin de toi les nuisances parasites, les histoires qui sentent déjà le brûlé alors même que t'as pas encore sorti tes allumettes. 
T'as abandonné : 
-L'idée de faire de la prise de risque permanente ton unique ferveur. 
-L'idée d'abattre toutes les frontières de la pudeur et vivre une convalescence rimbaldienne destructrice, stérile, publique. 

Tu as rompu tes vœux stupides : d'anorexie, de folie, d'amour éternel sans divorce.

Tu as évité le pire après t'être promenée sur ses rives. Tu l'as frôlé de près, au moins désormais tu connais son odeur pestilentielle et tu sais que c'est pas ton truc, le pack angoisse : pire, drame, échec et la misère affective. 

La misère tu sais qu'on peut totalement l'inventer si on est doté de l'imagination tordue qui va avec la mauvaise foi.

Tu as senti, alors que s'effondrait dans ton ventre toutes les croyances confortables, une confiance s'ériger en toi et maintenir ta carcasse droite, ton regard haut et redoutable. 

Tu ne déambules plus comme un fantôme béat qui ne sait pas quoi hanter, comme un vampire affamé qui cherche le goût métallique de l'amour absolu dans des citrons sans jus. 

Tu as eu trente ans, cette année a été la plus éprouvante de ta vie, tu peux le dire à un mois d'avoir 31 ans. 

Tu commences depuis peu à tirer les leçons du carnage, à regarder des fleurs dopées pousser sur la terre brûlée. 


Tu veux jouir des ressources cachées dans tes cellules, rétablir les couleurs et annuler les élans mélancoliques qui assèchent et brutalisent le bonheur le plus élémentaire : ELLE.

Celui d'avoir eu trente ans, d'avoir perdu tout ce que tu pensais posséder pour l'éternité. 
D'avoir perdu le sens et le gout de l'éternité. 
D'avoir perdu l'envie de mettre en mots les banalités domestiques. 

Tu veux t'attacher à devenir meilleure là où tu as eu l'habitude de t'illustrer par ta médiocrité. 


On peut tout te reprendre, il te restera encore tout ce qui ne peut t'être pris : 

- ce qui se passe derrière une fenêtre de train 
- les brûlures de soleil, de neige, d'envie, de feu
- Un stylo chargé, prêt à tout déglinguer
- Une série d'aubes, de crépuscules, de glissement de saisons
- Des indignations et des ravissements
- Le ressac, la vague brisée
- Les rires de hasard et les rires familiers
- Les esprits qui s'échauffent, qui se frottent et se piquent
- Les souvenirs, sélectionnés, triés, recyclés, valorisés
- Et le reste...
- Et le reste...
 




mercredi 14 août 2013

Struggle for life

Tu te conformes à l'existence imposée qui s'avère verticale et âpre sans béquille. 

Cette habitude que tu as pris de t'épanouir en flammes, il faut t'en débarrasser. Ne plus mettre de charrue avant les bœufs et ne plus croire en l'oubli de soi comme solution salvatrice.

 Désapprendre tout ce qui t'as été donné comme une vérité désormais menteuse.
 Ta mémoire te balade dans les névroses partagées, la complaisance dans la confusion.
 S'oublier, se diluer, se laisser aller à trop écouter ce qui vient de l'intérieur. 

Tu te méfies des feux d'esbroufe qui démarrent dans les steppes asséchées.
On ne se méfie JAMAIS ASSEZ d'une lueur d'incandescence qui veille pour tout enflammer au moindre courant d'air. 
Tu te tiens sur tes gardes au moindre courant d'air, courant d'eau, tu chasses ce qui t'attire loin de la berge pour t'épuiser dans tes gesticulations de noyée. 
Tu te fatigues à  sauver les meubles au lieu de les laisser pourrir, de déclarer l’état de catastrophe naturelle et de te concentrer sur des brasses propres qui te propulsent dans ce qui finit par n'être qu'une flaque de sueur, de pisse, un bouillon dégueulasse dont il faut s'extraire avant de boire une tasse fatale.

Tu dois foutre au feu des mots, une profusion de mots sagement rangés dans des cahiers, qui se sont vautrés dans des certitudes, dans des plans d'éternité alors même que ce mot ne concerne que les cailloux, et encore.
Un amour minéral et figé ne nourrit personne.
La nourriture, il faut la chercher ailleurs, dans ce qui amuse et rend service à l'ennui. 
Tu veux des sœurs et des frères, des amours hippies et innocentes. 
Du temps qu'on n'hypothèque pas sur du vide.
Fuir dès que possible la ville au relent d'amour mort qui t'oblige à raser les murs. 
Les rues se souviennent et se gaussent de la personne que tu as été et que tu dois apprendre à ne plus être. Elles peuvent se foutre de ta gueule, t'en as fait des caisses, on t'y reprendra plus.

Tu ne seras plus ce feu follet convaincu et volontaire qui dépose ses abats entre les mains d'un autre être et qui patiente pour tout récupérer, pour se consolider. 

Tu luttes pour mettre de côté ta nature emportée, lisser les irrégularités dont tu as longtemps été fière, ne plus rien attendre que tu ne saches toi même te donner. 

Considérer par le mépris les rugosités qui t'empêchent, qui t'attachent, qui t'obligent à te débattre, sans cesse et à bout de force. 

 
Avancer. 
Avancer. 
Avancer. 



mardi 30 juillet 2013

Hail to the Thief



Dans un supermarché, une dame genre 80 piges, en porcelaine, est attendue par deux videurs à la caisse. Elle a mangé des cerises et se fait conduire dans le local de sécurité pour qu'on lui explique bien ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. 

T'as cru que t'allais kiffer gratos sur les cerises du capital mamie nova? 

Que dalle. Elle fend la foule sur le qui-vive entre deux videurs shérifs à la merde. 
Genre, elle a volé une télé-plate. 
Genre, elle a foiré le chiffre d'affaires annuel d'intermarché en bouffant trois cerises. 
Les deux pit-bulls qui n'ont rien eu à se mettre sous la dent de toute la journée s'en prenne à la faiblesse old fashionned d'une mamie qui sent la soupline. 

 
Calme comme une grenade dégoupillée, tu penses à attacher ces deux types avec du chatterton et leur faire des cocktails au destop servi à l'entonnoir.

Tu balances une colère froide et maîtrisée à la caissière qui essaie de te convaincre qu'elle est d'accord avec toi. 

La meuf à côté, la quarantaine ralph lauren, te soutient en acquiesçant comme un teckel de plage arrière. 

Qu'est ce qui se passe après? 

Elle se défend d’être une voleuse et on lui dit que : c'est c'qu'on va voir. 

On va la coller devant une vidéo d'elle en train de bouffer des cerises, vu que le ridicule ne tue pas.
 "Et ça? C'est quoi? C'est pas une vieille voleuse de cerises madame?"

Tu sens ton insubordination adolescente te dicter de faire de la merde. Taxer la plus grosse des pastèques et la foutre sous ton tee shirt, comme un ventre de femme enceinte. 
De toute façon, il n'y a pas de videur, ils sont trop occupés à coller la honte à une vieille dame. 

[Quoi? On a pas le droit d’être enceinte? Tu veux voir ma dernière échographie, connard?]

Je suis un soldat vaillant de la natalité, pas une vieille improductive. 
J'enfante dans la douleur et je contribue à l'effort national. Je suis peut être une catho no capote qui a oublié son rang de perle à la messe.
Je suis donc totalement irréprochable, à une pastèque près. 

Agacée comme tout, tu te réfugies dans des visions d'ailleurs. la chaleur t'écrase, un mec t'appelle, tu te retournes et il te fait signe en continuant de pisser sur un arbrisseau fraîchement planté. 

Tu montes dans la nacelle qui t'envoie loin, visions d'higher.  
Tu prends de la hauteur, rêvant de devenir l'Ange connasse.
L'eau qui dort en rêvant de la foudre.
Une Madone déglinguée qui fume des fleurs de Valium et s'arrachant les nerfs avec des ongles trop courts.

[Vas y, fais pas ta glauque. Putain, fais nous marrer.]

Mais non, je déconne, tu sais bien, c'est juste pour l'écriture, je m'arrache que dalle et je n'ai pas de cafards dans la bouche, mais je ne suis pas non plus ton amie ricoré.
  

 

L'illustration bien cool a été réalisée par Tibo Garcia, un grafistador marseillais qui ne manque pas de talent. 
Tu peux l'ajouter sur facebook ICI pour voir son taf
Tu peux aussi jeter un oeil par ICI


mardi 2 juillet 2013

VERTIGO //

Je glisse mes écouteurs dans mes oreilles et m'aperçois qu'ils ne sont pas reliés à mon ipod. J'écoute le monde dans ce ridicule stéthoscope.
Je cligne et retrouve dans le noir éclatant de mes paupières des scènes rêvées qui viennent, par flash, me souhaiter une bonne journée.

Séance diapo, égarement euphorique. 

Clignement, je suis dorée et je file en long board dans le Castro à san francisco. Une fusée à roulettes qui bombarde sur fond de ciel en flammes, un décor de fournaise qui pleure de la lave. 
La glisse clos mes paupières, l'air cogne mes cuisses nues et la vitesse me serre le ventre, jusqu'à ce que ce soit insupportable de vertige.

Clignement, je l'écoute chanter des chansons que je ne connais pas dans une voiture que je conduis. J'avale la route, conquérante et conquise. Je fais les choeurs pour elle et tout ce qui lui plaira. Nous nous arrêtons dans une foret à l'hostilité endormie profiter de l'ombre pour nous manger la bouche et baiser à la fraîche. Ses yeux se voilent et je contemple la petite mort étendue dans un tombeau soyeux.

Clignement, les rues sont vides pour moi et je lutte contre mes jambes qui cherchent un autre bar alors qu'il faudrait rentrer. Dans une vitrine je croise ma mise débraillée, je trouve de la beauté dans mon regard dévasté par les nuits blanches. Mes yeux défoncés cherchent une suite logique, plus rien n'est connecté alors je serre mes paupières pour disparaitre d'ici. 

Clignement, une fille assise sur un ampli Orange Tiny Terror se penche sur une guitare. Elle en sort des hurlements stridents qui me bousillent les oreilles et font trembler mes viscères, je bouche mes oreilles avec mes deux mains et claque mes yeux pour fuir au plus vite. 

Clignement, je bois un thé très épicé qui provoque un début de toux. Un homme allongé chasse le dragon sur un matelas au fond de la fumerie. J'ai devant moi un cahier ouvert, la page de gauche est un alignement de mots que je ne comprends pas. Un bic noir des plus banals est posé sur la page de droite. J'attrape le stylo comme on se saisit d'un gun pour signifier alentour que ça va chier. Ma main écrit dans une langue dont j'entrave que dalle. Et ça me donne la nausée de suivre ce caprice du regard, alors je cligne. 

Les vies irréelles que j'ai dessinées sur l'écran noir de mes paupières se choquent et s'interpénètrent : ma démarche soule te rejoint dans la forêt, tes gémissements comme les riffs d'une guitare dont je saurais parfaitement jouer, s'épaississent, prennent toute la place, ils bousculent la quiétude d'un ciel qui se réveille, san francisco ou je ne sais où. 

Partout, partout, partout et sans autorisation avec ça. 

Clignement, mon train est à l'heure, je cherche à lire quelque chose que je comprenne. 

[Fumer provoque une mort lente et douloureuse.]

Ok, je suis bien revenue, tout est là, le merveilleux et le médiocre. On chasse les mouches et aucun dragon. 
Je retrouve une réalité rendue plus subtile par les balades imaginaires, mon cerveau tourbillonne comme l'eau sale d'un bain qu'on quitte sans y prêter une attention folle, juste avant de passer à autre chose et d'oublier le bain bouillant. 

Du beau comme du moche, j'en ai rien à foutre, parce qu’au pire tu sais, je cligne et je me barre. Je peux très bien aller où je veux puisque le monde n'est autre que les chemins dessinés par la toile de mes veines.


Je suis le capitaine excentrique d'un vaisseau increvable qui voyage l'air de rien.

 

vendredi 28 juin 2013

Mise en train

Le train quotidien est une chance, le chemin vert de tous les verts possibles auxquels se mêlent des ocres plutot communs, des clochers et des villages de pierres. 

Chance. 

Les conversations de temps pourri, d'enfants chiants, de sandales qu'on ne peut pas mettre et ça fait chier, on se fout vraiment de nous, de collègues qui, t'as vu, s'habillent mal, sont mal coiffées, non mais d'où elles sortent ces ploucs?
Enfin, heureusement qu'elles existent sinon, les conversations tourneraient davantage sur : tu sais pas ce que m'a fait le petit dernier, et tu les prépares comment, toi, tes courgettes?
T'as regardé des racines et des ailes? 


Cette émission, et c'est le train qui me l'a confirmé, a un public de sédentaires invétérés qui voyagent en canapé vers l'inconnu. On peut dire que la plupart associent des racines et des ailes à Thalassa s'il se trouve qu'ils ont, en plus,  le pied marin.
Je fais de la socio-télévisuelle à l'emporte pièce et je me considère bien chanceuse d'avoir accès, en loucedé, à toutes les conversations domestiques, lissées de collègues de travail qui s'effleurent, ne bousculent rien, reste sagement à la surface de tout. 

Attends, on va pas se raconter les détails de nos vies, c'est bon. 
 
Je fixe la fille qui a le sourire le plus large, le plus superficiel (interprétation) , celle qui propose une surface plus imperméable encore que les autres, celle qui ne lâchera rien, pas même une recette. 
Que dalle. Oublie. tes courgettes, tu les fais comme tu veux, je m'en fous. 

Elle sourit à se faire des rides pas croyables. Je me demande si on se dira d'elle, lorsque tout sera profondément creusé et irréversible : elle a beaucoup ri OU elle a beaucoup menti. 
Elle savait si bien jouer la comédie. 
 
Je leur colle des idées dans la tête, des intentions et des trucs à cacher.
Les hommes parlent du travail, jouent à la belote, ils laissent femmes et gosses loin, c'est pas tellement leur business.
Loin, c'est bien, voire parfait.
Faire de la thune, oui.
Gagner une partie de belote, oui.
Poser leur mouchoir sur le quotidien, le domestique, l'ordinaire pour redevenir des gosses qui se tirent la bourre entre 7:29 et 8:06 pour même une raclée  aux collègues.

Les mecs veulent prolonger leur morning glory, les femmes semblent vouloir se rassurer auprès de leurs sœurs du fait qu'elles partagent la même chose.
Elles rêvent devant des racines et des ailes. 

"Savez vous qu'en Australie, des oiseaux font de la peinture?" 

Parce qu'elles, oui. Elles le savent. 





Des nouvelles d'ailleurs

Pour celles et ceux qui n'ont pas facebook (pour de bonnes raisons, je n'en doute pas). 

Voici le feuilleton que j'écris pour Another Whisky For Mister Bukowski : 

épisode 1 : http://anotherwhiskyformisterbukowski.com/2013/06/12/zelda-saison-01-episode-01/

épisode 2 : http://anotherwhiskyformisterbukowski.com/2013/06/27/zelda-saison-1-episode-2/

Pour celles et ceux qui n'ont pas facebook et qui aiment Barbara, ce reportage où on la voit si délicieuse :


Pour les mêmes, les précités, un article sur la gaypride à Dijon un peu vieux mais bon :  http://www.sparse.fr/2013/05/29/rainbow-warriors-etait-a-la-gay-pride-dijonnaise/

Pour celles et ceux qui veulent les images sans le texte : http://agirlcalledgeorges.tumblr.com/

Pour tous : LOVE

- G // Georges // Gio // Gioia // Et tout ce qui vous plaira.




lundi 24 juin 2013

Maintenant c'est Now.

_Balancer tes eaux de vaisselle au visage de victimes providentielles.

_Croire en l'amour fou après trois nuits, se vautrer, ridicule et vaincue dans des croyances qui se révèlent être de la merde en barre.


_Se consoler d'avoir tout perdu en se croyant l'héroïne sublime d'un conte de fée.


_Du laid, de l'air, des moments que tu as surestimés, jouissances précaires et feintes.


_Tu es la femme sans qualité dans plusieurs esprits, conséquence de ton amertume trop vive, ton besoin de consolation trop grand, ta réalité trop raide.


_Descente en rappel dans des abîmes de solitude et de silence, des myriades de promesse qui éclatent en atomes morts.


Le destin arrange tout le monde quand le divertissement manque et que tu creuses et creuses encore des fosses où te débarrasser de tes croyances.


Au feu, voilà la place de cette pression du destin.
 

Au feu tu as jeté les mots faciles, la comédie d'amour, un court métrage qui ne tient pas la route à côté de la version longue dolby surround avec laquelle tu aurais aimé arrondir les angles, les arêtes et tout ce qui blesse, coupe, t'as mise en lambeaux.

Le manque brutal, viscéral, les efforts que tu as fait pour accepter de passer l'éponge et taire ce qu'il faut pour arranger une paix que tu pensais définitive.


Le mal qu'on se fait, le mal qu'on cherche à se faire, le mal que personne n'a mérité mais qui doit bien être évacué. 


Ce mal qu'on porte en broche, qui maquille tes yeux claqués par les nuits de larmes, qui creuse ton ventre. 

Ce mal est derrière toi, cicatrisé, enfin. 

La vie est devant toi, l'eau est bonne, tu y glisses un pied, un mollet, tes cuisses, ton sexe, tu passes le dernier frisson autour du nombril, et tu t'y jettes dans un fou rire. 

Le mal, merde, on a bien le droit de l'oublier, de le laisser se tasser comme de la boue qui sèche, qui fait un tapis moelleux sous les pieds, dont on redécouvre la texture solide et soyeuse. 

Merde aux jérémiades et aux lamentations. 

C'est l'été, tu ne creuseras pas plus loin désormais que ta chute de reins. 

Il n'y a pas d'autorisation à demander pour te sortir des limbes dans lesquelles t'as passé des mois. 
il n'y a pas de respect à avoir pour les personnes qui par curiosité et pour se sortir d'une vie toxique son venue respirer ton air et te marcher sur la gueule. 

Que les jupes volent, que le souffle soit court et le ciel dégagé, tu l'as pas volé. 






mardi 28 mai 2013

Calm like a bomb

T'avances sous la pluie fine qui persiste depuis des semaines, tu serais pas contre un putain d'orage tonitruant qui fulmine et te rende sourde. Quoi que ce soit qui l'ouvre à ta place, qui éructe et qui crache.  

Ta boite aux lettres te propose un couscous offert pour un couscous acheté, des réductions chez Sephora et la sempiternelle chair à classeurs: factures, quittance et Bullshit que tu vas mettre en ordre comme un gentil soldat qui crame de l'intérieur mais qui est calme, calme, calme comme une grenade non dégoupillée, une bombe foirée, un pétard mouillé. 

Tu penses à l'intention qui compte en montant chez toi, une odeur de café brûlé te jette en arrière et finit de te froisser le visage. 

Le chat t'explique dans sa langue que t'as déconné, la cafetière est en marche et ça pue le café évaporé, ça pue le matin qui aurait duré toute la journée. 

Douze heures de cuisson. 

Tu penses à l'intention qui compte en balançant le tout, tu voudrais jeter l'odeur avec, taper un scandale sur quelqu'un mais tu ne peux t'en prendre qu'à la tête de linotte qui se lave les mains en regardant son maquillage las et ses traits rudes, tendus par une overdose de gris. 

Le chat cligne, tu clignes. Voilà. Tu parles Chat. 

Il faudra quelques minutes encore pour que tu fasses taire la guerre dans ton ventre.

Toi, animal administratif qui classe de la paperasse comme tu respires, il te faudra encore des longues minutes pour que se décrispent tes mâchoires qui broient du vide, du calme, le trop plein de calme que tu penses devoir afficher. 

Ton uniforme de fantôme et ton prénom qu'on ne retient pas te disent, en chœur, combien la transparence t'habille. 

Dans ton esprit, les steppes grillent et des chevaux musculeux t'arrachent à la banalité. Tu avances toujours vers les mêmes symboles d'immensité et de puissance.

Tu ne varies pas trop dans le choix de tes planques.  

Et tu veux te convaincre qu'au fond, c'est bien l'intention qui compte. 













dimanche 12 mai 2013

I always remember you like a child, Girl

Notre caisse joyeuse lancée sur les routes, défiant le vertige, avançant ses billes contre l'hostilité d'une nature toute puissante. 
Une hostilité qu'on intègre, qu'on dompte, qui devient rassurante et indispensable. 


Les roches qui se découpent avec netteté pourraient se détacher mais elles nous tiennent, nous portent, nous bercent comme les enfants que nous sommes redevenus, chavirant à chaque virage au plus près d'une confiance aveugle offerte à l'éther. 

Nos visages dans les nuages, où l'air se raréfie et où le ventre tremble, les organes se cabrent, les muscles s'échauffent mais le courage ne s'érode pas et nous souffrons le corps en joie, les yeux gavés de grandeur. 

On est venu vivre plus fort encore que sur du plat, profiter de l'euphorie de l'épuisement, marcher sur la lune grise, dans un brouillard qui effraie comme un feu, qui attise les remous de vide dans nos corps minuscules et avalés par les sommets. 

Tu serres cette pierre dans ta main droite, ton sang bat plus fort, ton attention est tournée vers l'oubli, tu travailles ta fatigue sereinement, essoufflée mais vaillante, pas après pas, tu laisses derrière toi la poudre d'escampette, tu montes ta caillasse, tu montes t'alléger de sentiments viciés qui prennent trop de place. 

Des chemins dans un sens, et dans l'autre, à rebours, sous toutes les lumières. 

Et les nuances de vert qui se déclinent au fil des minutes. 
Et les silences qu'on partage dans le plus élémentaire des conforts. 

La nostalgie mélancolique qu'on étrangle en s'agrippant aux regards vifs de ceux qu'on chérit précieusement, qu'on aimerait remercier d'exister sans arrêt. 

Tu emportes avec toi la vie lente et l'étourdissement des hauteurs. les côtes sauvages et les plantes sans noms, des ruines et le maquis, toujours lui. 

Douze heures de paquebot et ton regard qui cherche l'aventure et l'oubli. 

Les étreintes éreintées, brûlure d'amour sororal, fraternel, filial... 

L'amour. 





Photo // Vincent Verde









Corse - mai 2013 - photo AGCG

mardi 23 avril 2013

One way, Or Another

La musique d'Autechre, le long du canal de Bourgogne m'évoque l'inverse exact du paysage qui me surplombe. 
Je pense à Bristol, UK, quelque chose de terne sans être cradingue, avec ses minutes captivantes qu'il ne faut pas rater. 

Tu les attrapes et tentes de les allonger, qu'elles durent encore après que tu aies cligné plusieurs fois des yeux, tu ajoutes des secondes entre chaque seconde, pour voir. 
Ok, rien ne se passe. 
Ok, le temps passe et vouloir lutter contre ça est une arnaque doublée d'une bonne couche de stupidité. 
La musique d'Autechre me rappelle les virages, les à coups, le moteur que tu domptais alors que je m'obstinais à retenir tes larmes en faisant semblant d'être de bonne humeur. 
de trouver tout ça normal, ben oui, tout ça est normal...

Regarde comme nous sommes normales, éventrées et souriantes... 

Devant un clip épileptique qui me laisse nauséeuse, qui me serre le crâne, j'évite de respirer, je joue à retenir ma respiration, comme quand j'étais gamine. 

De 22h22 à 22h23, retenir mon souffle, devenir rose, et après exploser... rien ne s'est passé, c'est normal, c'est normal. 

Je ne sais pas ce que je fous là, pourquoi je suis venue si près de toi, je me sens piégée par ton odeur, je joue avec un élastique à cheveux et je me regarde jouer avec un élastique à cheveux, je pense que c'est insupportable, le poids de ton ennui et de ta tristesse nerveuse sur le siège à côté. 

Je pense que c'est insupportable, ma fièvre, la vraie, celle des infections.  
Affalée et lasse de ne savoir quoi faire, quoi dire, normal, normal... 

Tout est normal, limite banal. 
On se fait des montagnes avec des éboulis, on se fait des Everest avec un trois marches de chez IKEA. 

Tu pars et je pense à Bristol UK, à la musique sans parole. 
Au down massif qui t'écroule de l'intérieur.
Je me casse, je vais marcher trop vite pour fuir l'horizontalité paresseuse. 
Toujours Autechre dans les oreilles, dans les jambes. la gorge en feu, enroulée dans du cachemire, enroulée dans une odeur de violette qui te débecte. 

Je suis sortie à l'heure des minutes captivantes taper le bitume, penser à la putrification qui découle d'un excès d'espoir. 

Entre deux angles de toitures, un incendie de lumière tranche net avec le soir qui dépose ses ombres sur les visages, les arbres nus, les rayons du vélo de ce type. 

Je serre mes paupières et je bloque mon souffle comme à l'époque de mes conneries de 22h22, je serre les poings aussi, et je m'extrais de l'attente anxieuse, je sors du ravin pour défricher une voie qui reste à découvrir.

Sortie de l'expectative, prête pour toutes perspectives. 
 






 






lundi 22 avril 2013

poème - never ending noise

No gun dans mes poches
j'avance en civil mes dernières cartouches d’esbroufe
aucune guerre dont je sois capable
pas de stratégie
je ne vais pas pisser autour de toi
j'ai remis cette odeur que t'aimes pas
je mets le feu
Je m'obstine à devenir sauvage,
jusqu'à l'épuisement

les pas, les pas, les pas
on m'interrompt en anglais, je suis sympa en charabia
je finis par refuser de donner l'euro que je n'ai pas

J'ai pas de force pour une guerre
j'échange de la fatigue contre des missions

Je paye la paix en monnaie de singe
dehors des travaux clignotent dans la nuit tombante
Bip Bip Bip 
Klaxon
20h56

Sur le bitume des signes fluo, qui ne me parlent pas
Il est prévu que je dorme là

Avec aucune force à consacrer à aucune guerre
je vais dormir dans cette ambiance Panzer