Georges

Georges

samedi 15 décembre 2012

Stop your Bullshit, you, grown up

A ce moment précis de l'année civile s'imposent des bilans de toutes sortes. 
Je n'aime pas trop ce mot qui m'évoque surtout une comptabilité scrupuleuse, des colonnes d'actifs, de passifs, de fonds immobiles...
Je ne l'aime pas trop, bien qu'il n'y en ait pas d'autre.
Nous sommes ici, là où l'on observe les additions et les soustractions, où l'on détermine des coefficients multiplicateurs applicables à des données complexes qu'il s'agit de vulgariser à l'extrême. 

Je regarde très loin devant, très loin après, parce que c'est aussi le moment de se conditionner pour l'année qui vient, pour qu'elle flamboie, qu'elle annule les résultats dégueulasses de 2012. 

Juste après "bilan" vient le temps des résolutions. Souvent, je remarque que ça consiste surtout à un renoncement. Arrêter de fumer, arrêter de boire, arrêter de baiser... 
Arrêter d'être con, non?

Entre décembre et janvier, on se pourrit la vie et la santé sous une belle volée de cotillons. 

Je ne vais pas endosser le rôle de l'habituelle connasse qui n'aime pas noël et qui se met la pression pendant des mois pour deux repas plus gras que d'habitude et des cadeaux.
A ces gens qui n'aiment pas Noël, j'ai envie de dire : restez chez vous. 

L'an dernier, je n'avais aucune envie de noël, parce qu'encore une fois, il était question que mon amie et moi ne passions pas les fêtes ensemble. 
ça n'avait pour moi aucun sens de passer systématiquement chaque fêtes de famille sans la famille que je me suis choisie.
Au lieu d'aller tirer la gueule je ne sais où et de passer un moment mêlé d'amertume,de frustration et de champagne, je suis restée chez moi, seule et c'était très agréable. 

J'ai marché dans les rues la nuit du 24, elles étaient désertes et ne brillaient que pour moi.Je n'étais pas une laissée pour compte, non, j'étais juste, pendant quelques heures, aux commandes de ma solitude choisie et les rues m'offraient une nudité inédite après des semaines entières de frénésie.

Voir des adultes se mettre la misère des semaines avant sur l'air de "je ne veux pas y aller" ça m'épuise finalement bien plus que tout le reste : les bougies, les cadeaux, l'hystérie...
Un conseil émancipateur : Si tu n'aimes pas noël, reste chez toi et ne gâche pas la fête. Au lieu d'être le relou de ta famille, deviens celui qui va au bout de ses convictions, c'est un beau cadeau à te faire. 

Et dans les résolutions que tu prendras, je te suggère d'ajouter celle ci : FAIRE SIMPLE.

dimanche 9 décembre 2012

HIATUS //

Du climax à l'acmé, tressautement multiples par charges électriques 
Les boom et les bang de la chanson boomerang. 
Les souvenirs me collent au cul, à l'étroit dans une boucle qui va d'aujourd'hui à cet autre point sur ma carte, sept ans plus tôt. 

La dérouillée du siècle n'en finit plus de recommencer. 
Il faut tout renouveller, le son, les images, les fringues, les lieux, les personnages principaux. 
Rendre l'héroïne à son beau château hors d'atteinte. 
Devenir ambidextre pour le luxe. 
Solitaire par caprice. 
Détester ce pour quoi tu brûlais comme une torche. 
Il faut que tu t'habitues aux nouvelles images, à cracher sur tes idoles, te défaire des liens soyeux du confort pour marcher sur des braises. 
Écrire des poèmes sibyllins pour cesser de masturber des souvenirs turgescents qui ne connaissent plus ton prénom. 

Cette vie là se résorbe sous tes pas, tu avances dans une ville fantôme, Coney Island. 
Une grande roue sous la rouille, alors que tu lèves ton regard vers un septième ciel orageux. 
Les sept ans, les sept mers, les sept cieux. 
Martèlement, frappe toi fort de l'idée de son absence définitive, tatoue-toi la peau de cette certitude là.
L'espoir fait vivre les kids un 24 décembre au soir. 
L'espoir fait croupir les filles qui rêvent à plein tubes à des aubes éternelles. 

Défile en plein jour avec les autres vivants qui s'arrangent eux aussi avec les eaux usées qui bouillonnent à différents endroits de leurs viscères. 
Regarde les vieilles qui trottinent, qui essaient de te niquer à la caisse de l'intermarché. 
Regarde cette femme triste à l'arrêt de bus qui se dit à elle même : Bon, ben on va se rentrer. 
Regarde les jeunes filles se faire des scolioses pour voir tout de plus haut, qui font 18 ans quand elles en ont 13.
Regarde partout où il n'est pas question de: toi en train de disparaître.

La cage thoracique enflée de nouvelle ère, allonge le pas, change le disque, change tous les disques.