Georges

Georges

dimanche 28 octobre 2012

George Sand

" Ne t’inquiète pas de mes projets de voyage, de mes tristesses. Je suis dans un singulier état moral, entre une existence qui n’est pas bien finie et une autre qui n’est pas encore commencée."
 
— George Sand, 1835
 

jeudi 18 octobre 2012

PATTI SMITH /


Je sais que les images sont trop grandes pour être supportées sans empiéter sur le reste... 
Disons simplement qu'elles sont beaucoup moins intéressantes et délivrent moins de force si elles sont minuscules.
Sinon, il n'y a jamais de sources ici, c'est ce qui différencie un blog à deux balles d'une encyclopédie Universalis. 











Pissing in a river, watching it rise
Tattoo fingers shy away from me
Voices voices mesmerize
Voices voices beckoning sea
Come come come come back come back
Come back come back come back

Spoke of a wheel, tip of a spoon

Mouth of a cave, I'm a slave I'm free.
When are you coming ? Hope you come soon
Fingers, fingers encircling thee
Come come come come come come
Come come come come come come for me oh

My bowels are empty, excreting your soul

What more can I give you ? Baby I don't know
What more can I give you to make this thing grow?
Don't turn your back now, I'm talking to you

Should I pursue a path so twisted ?

Should I crawl defeated and gifted ?
Should I go the length of a river
[The royal, the throne, the cry me a river]
Everything I've done, I've done for you
Oh I give my life for you.
Every move I made I move to you,
And I came like a magnet for you now.

What about it, you're gonna leave me,

What about it, you don't need me,
What about it, I can't live without you,
What about it, I never doubted you
What about it ? What about it ?
What about it ? What about it ?

Should I pursue a path so twisted ?

Should I crawl defeated and gifted ?
Should I go the length of a river,
[The royal, the throne, the cry me a river]
What about it, what about it, what about it ?
Oh, I'm pissing in a river.












 




mercredi 17 octobre 2012

ANTIGONE // Update

Antigone : Que sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu’elle fasse elle aussi, jour pour jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra t-elle laisser mourir en détournant le regard ? Non, je ne me tairai pas ! Je veux savoir comment je m’y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c’est tout de suite qu’il faut choisir. Vous dites que c’est si beau la vie. Je veux savoir comment je m’y prendrai pour vivre. Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu’il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu’ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n’est pas trop exigeant. Moi je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d’un petit morceau si j’ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd’hui, et que cela soit aussi beau que quand j’était petite, ou mourir. 

Jean Anouilh - Antigone

J'avais écrit un texte ce matin, il a disparu.Plus précisement, j'ai merdé en faisant une mauvaise manip'.
Je repense à Antigone parce que je suis dans la relecture de la merveille d'Henri Bauchau Oedipe sur la route
Le texte d'Anouilh est important, exalté, adolescent aussi, peut-être trop, il y a sans doute une limite d'âge pour apprécier ce texte.
Je l'ai lu à 13/14 ans, j'étais pro Antigone et detestais toutes les petites pétasses Ismène. Parce que le temps nous attendrit tous, j'ai mis de l'eau dans mon vin concernant la passivité sage, la tiédeur de la blonde Ismène quand il fût question de donner à ses frères la sépulture qu'on leur interdisait. Créon, l'hybris.
Antigone contre Créon, j'ai longtemps pensé que c'était la relation logique de toutes les jeunesses face à leurs oppresseurs.
C'est certainement un tort, maintenant, il me semble que c'est devenu plus important de se perfectionner en nail art que d'expulser sa colère brute, brutale.

Qu'est ce qu'on devient mièvre, non?

Cette relecture interroge mon rapport à la colère et à l'action, la passivité comme constante
Il manque des Antigone, des personnes qui lèvent le poings, qui se sauvent la nuit pour contredire les ordres iniques.

Le texte d'Anouilh ne vaut pas celui de Sophocle dont la profondeur politique le place à un autre niveau. Pour autant, il compte...
Bon, J. Anouilh est un auteur controversé. Je n'ai pas d'avis sur ses prétendues activités de collabos, retenons Antigone.

Et donc, dans mon article qui a disparu, j'évoquais Bauchau, mort il y a peu, bordel, lis ça : Oedipe sur la route // Antigone  

Et Sophocle. Tout. 











La vie n’est pas ce que tu crois. C’est une eau que les jeunes gens laissent couler sans savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu’on grignote assis au soleil. la vie c’est un livre qu’on aime, c’est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu’on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison.

Antigone de Jean Anouilh

samedi 13 octobre 2012

Underwater


Toutes les eaux sont couleurs de noyade. -Cioran



De temps en temps, tu t'enfonces
Dans le liquide mouvant
Ou bien, frôlant quelques ronces,
Tu hésites et tu m'attends
En te cachant la figure
Dans ta robe retroussée,
De peur que ne te défigurent
Et la honte et les regrets.


-Gainsbourg / La noyée

 
Si un contemplatif se jette à l’eau, il n’essaiera pas de nager, il essaiera d’abord de comprendre l’eau. Et il se noiera. -Michaux
 
 
 

jeudi 11 octobre 2012

Pas de justice, pas de paix

"Nina et Stéphanie, a expliqué un des accusés à la cour d'assises, étaient «les plus grosses putes de Fontenay".

***

Malheureusement, les faits qui datent de 1999 n’ont été révélés qu’à la fin de l’année 2005. Six années se sont déroulées entre les faits et le début de l’instruction. Les souvenirs se sont brouillés et la spontanéité n’est plus la même. La tardiveté de la dénonciation a forcément eu des conséquences sur l’instruction. Mais encore une fois, je ne vois pas où est le désastre et le fiasco.

Nathalie Becache - Procureur de la république 11/10/12  ICI



"Je suis furieuse contre une société qui m'a éduquée sans jamais m'apprendre à blesser un homme s'il m'écarte les cuisses de force, alors que cette même société m'a inculqué l'idée que c'était un crime dont je ne devais jamais me remettre. "


"C’est étonnant qu’en 2006, alors que tant de monde se promène avec de minuscules ordinateurs cellulaires en poche, appareils photos, téléphones, répertoires, musique, il n’existe pas le moindre objet qu’on puisse se glisser dans la chatte quand on sort faire un tour et qui déchiquetterait la queue du premier connard qui s’y glisse."

"Post-viol, la seule attitude tolérée consiste à retourner la violence contre soi. Prendre vingt kilos, par exemple. Sortir du marché sexuel puisqu'on a été abîmée, se soustraire de soi-même au désir. En France, on ne tue pas les femmes à qui s'est arrivé, mais on attend d'elles qu'elles aient la décence de se signaler en tant que marchandise endommagée, pollué."

"Car il faut être traumatisée d’un viol. Il y a une série de marques visibles qu’il faut respecter : peur des hommes, de la nuit, de l’autonomie, dégoût du sexe et autres joyeusetés. On te le répète sur tous les tons : c’est grave, c’est un crime. [...] Mais le conseil le plus raisonnable, reste, « garde ça pour toi ». [...] Crève, salope, comme on dit. »

Virginie Despentes - King Kong Théorie




« Osez être monstrueuses. Le monstre est féminin, fou, dangereux, héroïque et criminel dans la même terrifiante chair. Souvenez-vous, l’organe central chez la femme qui nous rend différentes, fortes et fait de nous des artistes n’est pas l’utérus mais le cerveau. Vous pouvez plus. Ne vous résolvez pas à être ce qu'ils vous croient être. Trouvez ce que vous pouvez être, et écrivez-le. »

Bertha Harris - Lover

mercredi 10 octobre 2012

Cervidae











La réalité n'existe pas


"Nous étions des hommes d'action, des techniciens, des spécialistes, les pionniers d'une génération moderne vouée à la mort, les annonciateurs de la révolution mondiale, les précurseurs de la destruction universelle, des réalistes, des réalistes. Et la réalité n'existe pas. Quoi ? Détruire pour reconstruire, ou détruire pour détruire ? Ni l'un ni l'autre. Anges ou démons ? Non, permettez-moi de rire : des automates, tout simplement. Nous agissions comme une machine tourne à vide, jusqu'à épuisement, inutilement, inutilement, comme la vie, comme la mort, comme on rêve. Nous n'avions même plus le goût du malheur."


Moravagine - Blaise Cendrars - 1926




Odilon Redon - La mort 

    mardi 9 octobre 2012

    Au bout de la nuit


    “Il y a un moment où on est tout seul quand on est arrivé au bout de tout ce qui peut vous arriver. C’est le bout du monde. Le chagrin lui-même, le vôtre, ne vous répond plus rien et il faut revenir en arrière alors, parmi les hommes, n’importe lesquels. On n’est pas difficile dans ces moment-là car même pour pleurer il faut retourner là où tout recommence, il faut revenir avec eux.”

    — Céline - Voyage au bout de la nuit









    Texte, Via http://idiot-duvillage.tumblr.com