jeudi 26 avril 2012

Bad mood Listing

- Cette fille qui marche dans la rue, sous la pluie, ses vêtements sont trop larges, son attitude trop détachée, sa joie surjouée, ça sent le Prozac qui couve sous les dreadlocks. 

- Lalala, je marche sous la pluie, lalala, je n'ai jamais touché de shampoing de ma vie, lalala, je suis heureuse, pour preuve, je souris lalala...

- Pas à moi, Darling. 

- Dans un an tu te rases la tête et tu gifles ta mère parce qu'elle a planqué ton herbe.

- Dans un an tes parents se demanderont ce qu'ils ont mal fait et se tromperont sur toute la ligne. 

- Pas à moi, Darling

- L'extrapolation, tu sais, ce truc qu'on fait notamment lorsqu'on tient un blog. 

- Ces gens bien mis chez Emmaüs qui hurlent à leurs gosses total look "déjà-porté" de ne SURTOUT rien toucher. 

- Idiote,  la pauvreté ne s'attrape pas comme ça. 

- C'est bien Emmaüs pour les cathos no-capote qui ont 12 gosses et autant de prénoms composés mal assortis.
- T'en veux toi de l'Aude-Albane, Jeanne-Quitterie, Pierre-Albérique,Hector-Pascal (<--- pardon)

- Mais va te laver la bouche s'il te plait, toi, la propre, avec tes enfants impeccables et ta tronche de bonniche en Geox.

- J'ai envie de décoiffer ces gens avec mes mains qui ont trainées dans tous les bacs d'Emmaüs. Regarde, je te touche, ça y est, tu vas être pauvre, tuberculeuse, tu vas pourrir de l'intérieur et imploser devant tes 12 enfants que tu agenouilles chaque soir devant des cierges. 

- A Dijon, on en bouffe du serre-tête et de la poussette 5 places. 

- L'extrapolation, tu sais, ce truc qu'on fait notamment lorsqu'on tient un blog.  

- Il est 10h16 et il fait nuit, la vanne pourrie d'Avril déguisé en Mars, de la nuit en plein jour, des rabasses et du vent à t'arracher la tête, des zébrures de soleil dans un ciel schizo qui joue à nous rendre chèvres. 

- Sans déconner, je l'ai mauvaise. 

- Si tu veux me lâcher sur un Rotweiller je t'assure de lui mettre sa race. 

- Si t'as pas, envoie un serre-tête. 

- Non, rien de tout ça. Quand je l'ai mauvaise, c'est moi seule que je dérouille. 

_ Vouloir être une comanche à machette et n'être qu'une Amélie Poulain cheap qui tripe davantage sur la tendresse du rien, des grains de chépakoi que sur les scalps.
 





 


mardi 24 avril 2012

Horse

La fourmilière est partagée. 
Une moitié fêtant ce qui n'est ni une victoire ni une défaite. 

L'autre moitié, qui fout sur le tapis des sujets bien tapins.

Quelque part entre les deux, il y a ceux qui sont simplement sur le cul. J'en suis. 

Je regarde cette foule de grands fronts dans une forêt d'arbres moribonds. Rien de solide, que du mouvant, du coulant.  

Marine Skywalker a foutu une merde bien moche en allant chercher les désespérés et les ignares. 

J'avance sur des terrains dont personne n'a idée. Je m’abrutis de musique et d'images, parfois rattrapée par mes obsessions qui tapent les fils d'acier tenant mon corps debout. 

Je cours plus vite que mes peurs, elles me précèdent de peu, je pose sur elles un oeil défiant mais conquérant. 

Le stylo est l'épée que je choisis pour les affronter. 
Le stylo est l'épée qui déchire l'opacité, qui invente des chemins de terre brûlée, des chevaux, des arbres dont on ne peut faire le tour avec les bras. 
La sève qui colle les doigts entre eux, l'odeur d'un sous-bois, d'une plage, les rues de Cadiz, la peau brune de ma fiancée.
Du sable entre mes doigts que je retiens comme on arrête le temps.
La fenêtre d'un train qui supplie qu'on écrive enfin le scenario de son film. 
Gratuité d'un bonheur Lego a monter soi-même, selon des plans qui nous appartiennent. 

Quand j'ai peur, je me blottis contre un lion inoffensif, je touche les marbres de villes que je bâtis, je gravis des sommets qui n'existent que pour moi. 

Quand j'ai peur, je prends mes jambes à mon cou, et je me casse loin du bruit que font ceux qui feignent de n'avoir peur de rien. 

C'est toujours quand j'ai peur, que je prends mon cheval et que je me mets en quête d'un silence que rien ne brise, d'une paix que rien n'esquinte de sa vulgarité. 

Ce monde là est intact. Intact et limpide. 

Pas touche.

dimanche 22 avril 2012

Easy Listing#

-Le courage est un souvenir, une cicatrice que le monde conserve et regarde en se gargarisant de lui-même.
C’est la blessure de guerre d’une société sans guerrier. 

-Le courage, mon cul.  

-J’ai arrêté de sourire aux conneries à la mitraillette là, la politesse a ses limites. 

-Je ne veux pas être un soldat du mensonge social quitte à passer pour la connasse revêche.
-Il en faut bien une. 

-Tout cela peut sembler bien adolescent. A vrai dire, le drame, c'est lorsqu'on cesse d'écouter ses petites voix qui nous invite à l'absolu et qu'on devient un robot de merde.

-Distraite par les loups, le Rock And Roll, les dégaines, la surface.

-La surface. Parce que le fond m'ennuie ou me dégoute, parce que le fond me laisse souvent à terre avec sa crasse incrustée.  

-Devant un documentaire, je suis tombée amoureuse de l'être humain dans sa simplicité la plus touchante. L'humain qui balance ses vérités générales qui prennent une dimension populaire. 

-Des mots de bistrot qui parle au tendre, à l'espoir qui s'est fait petit ses derniers jours.

-Parvenir à se regarder dans un miroir n’est plus une épreuve, on ne se regarde plus, on voit une tête qui s’agite, qui remet ses cheveux et qui maquille ses nuits blanches. 

-On s’accommode d’une gueule terne et d’un cerveau qui tremble dans sa gelée. 

-Pas tous, non. Pas tous et c'est beau. Regardons nous, demandons nous parfois, comment pourrai-je être un peu meilleur? 

-Le médiocre, je crois que c'est pas pour nous. Tu penses pas? 

-Ma mélopée du moment : Talking heads / The cure / Joy Division / Sonic Youth / Bauhaus / Plimsouls pour les guitares / The legendary Tigerman & Asia Argento / Wye Oak...

-Un grand retour de Patti Smith dans mon casque: The salvation Of rock Live 78 Portland-Oregon. 

-Le numéro de Mai de Rock And Folk est bien comme tout. Beau avec ça. Il y a juste trois/quatre pages torche cul sur Bertrand Burgalat dont je me fous comme du dernier album de Madonna. 

-Globalement, j'aime bien bouger la tête quand j'entends de la musique. Il y a du rock qui te fais taper du pied, c'est bien. Il y a de la musique qui te fait secouer la tête plus ou moins énergiquement. 

-Tu en évalues la qualité au secoumètre. 

-Sinon, t'as Shakira qui prend le pouvoir directement sur ton boule. 

-I'm The Captain Of My Boule. Merci. 

-Encore une liste à la con.
 
-ça a le droit de t'amuser, mes petites crises d'acné verbal.

-Mais vois-tu, je suis la reine. 









jeudi 19 avril 2012

La peur qui fait peur

Les élections, parfaite occasion pour observer des pleutreries de cour d'école. 

Des petites personnes qui s'effraient d'un bolchévisme fantasmé.

Elles ont les boules d'être écrasées par une colère qui ressemble pour l'instant à une vague joyeuse.

Normal, dans leurs taules cérébrales ça va du bleu au rouge en passant par le blanc.

Des rictus pathétiques de trouille, la bouche qui balbutie sa peur de devenir l'uhèressesse. 

Il y a des vraies raisons de flipper, on les connait, c'est bon.
Mais non,ça flippe de devenir des instruments du communisme,ça préfère avaler des angoisses cheap en algeco, du merdique et des couleuvres.

Tout sauf du rouge, s'il vous plait, merci. 

Seriously, il n'y a pas assez de raisons de se mettre mal sans passer par la case : Viens, on dit que je me fais un film et que c'est un navet?

Ces conneries ne sont plus drôles.

Elles sont la preuve que la joie des bons perdants fait peur. Que l'espoir qui s'affiche c'est indécent. 

Je ne suis pas en train de dire de voter pour l'espoir et la joie, chacun ses délires d'isoloir, mais cette peur rance est vraiment pathétique. 

(Aucune décapitation n'est prévue si jamais les bolchéviks passent hein)
Voilà. 







mercredi 11 avril 2012

Coffee time

-Matin noir comme la mare de café que je me suis servie. Le chant rituel et guttural de la cafetière orange disco emmaüs what else.

- Je sais que le détartrant existe, mais je lui préfère le rituel.
-Les miaulements muets du chat qui, les babines closes, essaie de manifester pour une entorse au minima croquettes de 60g par jour. 

-"steuplait, aboule le thon" supplient ses cordes vocales. 

- Je voudrais des kilomètres de futilités en patchwork. S'il vous plait. Merci.

- Des conversations de cuticules et un rire de reine du bal.

- Non, je déconne. Je garde l'intranquilité et l'émerveillement dans mon jeu, tout en pensant que je pourrais prochainement piocher une carte chance.

-Virginia Woolf, d'après le dossier du magazine littéraire était sacrément dépressive. Je ne savais pas qu'elle s'était jetée dans la rivière Ouse. Le texte sur ce suicide est de Patti Smith. Et pour tout dire de l'avènement de ma futilité, j'ai acheté le magazine en partie pour ce texte.

- C'est un bon début.

- J'ai souvent eu des crises d'insomnie pendant lesquelles je réfléchissais presque scientifiquement et surtout très froidement à la meilleur façon de mettre fin à ses jours. La noyade n'était pas dans le top 10. 

- D'ailleurs, la noyade est toujours au coude à coude avec l'immolation. 

- Mais sinon, vivre c'est parfait aussi. Je dis ça pour ceux qui préfèrent les trucs plus joyeux.

- A ce propos et pour ceux là, Marc Levy sort un truc là, j'ai vu ça. Il doit peut-être y ressusciter des morts et leur dire tout ce qu'il a dans son grand cœur.

- Pour la première fois, hier soir, nous avons regardé les clips de campagne. 

- Personne ne propose d'émeutes. Tas de tièdes.

- Mon café est terminé. 







lundi 9 avril 2012

Deuil

Il y a eu cette messe glacée, avant le jour de pâques, pour dire adieu. 
La journée à 700 km. 
Réchauffée par des sourires et des bras, des yeux qui se plissent et qui aiment comme on s'aime après une messe glacée, pour dire adieu. 
Envier ceux qui croient, ceux qui savent qu'après, on se retrouve, que c'est prévu, que la maison du seigneur a une place pour nous. Les envier, parce qu'on ne sent que le froid, et une envie de rire des battements d'ailes d'un pigeon pris au piège de l'église. 

Un recueillement difficile sur fond de psaume 102 chanté auquel je ne comprends pas un mot. 

Émue par la voix des vivants qui disent tout et plus. Des témoignages, des voix qui tremblent, la gorge chargée de souvenirs en rafale. C'est ce que je m'imagine.

le bonheur passé qui étouffe. Le bonheur futur dont on n'a pas idée. Pas encore. Assommé par le manque.  
Une envie de rire parce qu'aimer c'est aussi rire. 
Rire pour ceux qui n'arrivent qu'à pleurer, et je les comprends, et je sais tellement ce qu'ils ont dans le ventre. 

Vivre avec puissance et dignité pour rendre hommage à nos morts.

Vivre avec fureur, riche de nos morts.

Nous leur devons des gloussements qu'ils ne peuvent plus se permettre. Et les colères et les photos pleines de dents. L'amour.
Aimer pour eux, et avec une ferveur immense, les couleurs de la vie, de la nature et des sentiments. 

Road trip, le temps devant soi pour s'étaler positivement sur nos vies. Se souvenir que nous sommes si proches, la route qui défile comme un film nostalgique et l'éclat de nos voix qui aimeraient tout se dire pendant ce laps de temps.
Il en reste encore et c'est bien. Des choses à dire à faire, le monde au bulldozer et les idéalismes qui se rencontrent.

Et les yeux qui ne peuvent pas se taire, qui parlent, et qui parlent.
La nostalgie qui se décline en perspectives d'avenir. Ensemble.
L'enfance, cette enfance là en particulier, celle des querelles bidons et de l'amour vrai que je reçois comme un shoot de tendresse pure, pas coupée à l'eau. 

Les yeux savent mieux que nous ce que nous ressentons.Quand on est tous un peu las des discours et des chichis, on peut les laisser conduire, ils savent. Les yeux. 

A force de se perdre et de se retrouver.

On s'aime comme des perdus, on ne leurre personne.


dimanche 8 avril 2012

Au passage

- Premier stylo attrapé, un faux bic offert par la CPAM 21. Je me souviens de ce jour, du temps qu'il faisait et des circonstances. J'avais fait tourner une roue et répondu a des questions sur le sida. J'ai eu bon à tout, t'inquiète. Cette journée s'ouvre comme une fenêtre pop-up. Le stylo est naze, je le repose.

- Les soldats de l'espérance : Un film à caler sur france télévision à la place des Benabar et bar à putes qui chantent de la daube contre le sida.

- Porter un pin's n'a jamais guéri personne.

- Dans les années 90, on voyait des spots à base de personnes vraiment à la ramasse qui ne pouvaient plus respirer, qui avaient 90 ans de plus que leur age réel. En 2012, on fait de la prévention avec des ombres chinoises et du spectacle.

- Bientôt, on va essayer de faire de la prévention avec une comptine...

- Je voulais le dire, c'est fait. 

- Bisous


lundi 2 avril 2012

La fausse vie

Découper, coller, écrire la date proprement, c'est ce qu'on m'a demandé aujourd'hui, du coup, j'ai dû valider ma deuxième année de maternelle là non? 

Merci de me le dire, c'est pour mon C.V.

L'arrogance est très rarement la bonne posture à adopter. Je connais, je pratique, je paye.

Parfois, on te dit : Tiens, je te paye un café! Alors tu dis, cool, un café. Finalement on te sort des grains solubles d'un bocal, on fout ça à la louche dans de l'eau chaude et tu bois tout sauf un café, tu remercies, tu dis que c'est ton tour la prochaine fois, après t'as une haleine de Maxwell + Calcaire et le sourire qu'il faut.

Sinon, tu peux couper court et dire : Merci, mais je n'aime que le vrai café. On peut, si tu le souhaites, parler de la surface de nos vies en buvant un verre d'eau du robinet dans nos tasses respectives? 

Je préfère te dire que je n'ai rien regardé à la télé hier soir, alors il va y avoir des blancs dans notre fausse conversation, tu combleras avec le résumé du bulletin de ton enfant. Merci.

Lorsque je dis quelque chose qui choque mes collègues, dans la minute je dis qu'en fait non, je plaisantais, bien sûr. 

Je me sens seule à ce moment là.


Je suis surement plus agréable quand je suis émotive et romantique, que j'en peux plus des fleurs et des oiseaux et que je m'émerveille de la poésie de la vie. 

Je suis surement plus agréable en chiante qu'en chieuse.

En surface, rien ne bouge. 

Je suis cette jeune fille douce qui ne reconnait pas les gens dans la rue.

Je suis la fille qui n'aime pas le café de bureau.

Je suis la fille qui se radicalise quand vient le printemps, et qui n'a pas grandi pour s'amuser à faire semblant dans une vie en plastique avec tous les autres ex-enfants.  

Du feu ou rien, merde.