Georges

Georges

dimanche 9 décembre 2012

HIATUS //

Du climax à l'acmé, tressautement multiples par charges électriques 
Les boom et les bang de la chanson boomerang. 
Les souvenirs me collent au cul, à l'étroit dans une boucle qui va d'aujourd'hui à cet autre point sur ma carte, sept ans plus tôt. 

La dérouillée du siècle n'en finit plus de recommencer. 
Il faut tout renouveller, le son, les images, les fringues, les lieux, les personnages principaux. 
Rendre l'héroïne à son beau château hors d'atteinte. 
Devenir ambidextre pour le luxe. 
Solitaire par caprice. 
Détester ce pour quoi tu brûlais comme une torche. 
Il faut que tu t'habitues aux nouvelles images, à cracher sur tes idoles, te défaire des liens soyeux du confort pour marcher sur des braises. 
Écrire des poèmes sibyllins pour cesser de masturber des souvenirs turgescents qui ne connaissent plus ton prénom. 

Cette vie là se résorbe sous tes pas, tu avances dans une ville fantôme, Coney Island. 
Une grande roue sous la rouille, alors que tu lèves ton regard vers un septième ciel orageux. 
Les sept ans, les sept mers, les sept cieux. 
Martèlement, frappe toi fort de l'idée de son absence définitive, tatoue-toi la peau de cette certitude là.
L'espoir fait vivre les kids un 24 décembre au soir. 
L'espoir fait croupir les filles qui rêvent à plein tubes à des aubes éternelles. 

Défile en plein jour avec les autres vivants qui s'arrangent eux aussi avec les eaux usées qui bouillonnent à différents endroits de leurs viscères. 
Regarde les vieilles qui trottinent, qui essaient de te niquer à la caisse de l'intermarché. 
Regarde cette femme triste à l'arrêt de bus qui se dit à elle même : Bon, ben on va se rentrer. 
Regarde les jeunes filles se faire des scolioses pour voir tout de plus haut, qui font 18 ans quand elles en ont 13.
Regarde partout où il n'est pas question de: toi en train de disparaître.

La cage thoracique enflée de nouvelle ère, allonge le pas, change le disque, change tous les disques. 




8 commentaires:

  1. Evidemment, chacun peut y voir une interprétation...liée à "ses eaux usées" mais ce post a une résonnance toute particulière...Merci.

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    1. Merci Aurélie. Oui, il faut se le dire, nous avons tous nos eaux sales, et elles sont toutes un peu pareilles, couleur de noyade.

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  2. Oui, c'est un texte à usages multiples. Très beau, très bien écrit.

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    1. Merci Nicolas. Contente que ça te plaise,tu le sais.

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  3. Moi non plus, je n'ai jamais pu avaler le mot "définitif".

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    1. le mot définitif et la notion de perte : deux concepts qui m'échappent mais qu'il va falloir que je comprenne!

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  4. A tous, pardon de ne pas avoir répondu avant.

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  5. Je ne veux pas te décourager mais je n'y suis jamais parvenu. Et j'ai l'impression que ça me pend encore au nez dans quelques temps.

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