Georges

Georges

dimanche 11 novembre 2012

Les belles images

_ Des mots écrits récemment au crayon de bois il ne restera bientôt plus rien. Qu'importe maintenant que je sais que rien ne dure, que ces mots qu'on pose sur des cahiers qui empestent l'ennui et la torpeur, ne seront pas relus... condamnés à l'oubli comme ils le sont au mensonge. 

_ Souvent j'ai écrit pour me tenir compagnie. Or, être l'unique destinataire de mes tergiversations esthétisantes sur une vie que je ne regarde plus, la tête dans un cahier, c'est vraiment prêter trop d'attention à l'ennui. 

_ C'est un mal contemporain, d'ériger l'ennui en activité à part entière. Ne surestimons pas trop, trop vite, des activités bas de gamme qui n’œuvrent pas à faire de nous de meilleurs vivants.

_ Devenir une inconnue dans ma propre vie est une expérience déplaisante mais riche. Tu en apprends beaucoup sur ce et ceux que tu crois connaître. tu deviens ce personnage anecdotique dont on salue les brèves apparitions sans s'inquiéter pour autant de ton absence.

_ Partager l'errance des chats, aller d'un endroit à un autre, déplacer une solitude douloureuse là où on préfère que tu ris, que tu penses à autre chose. 

_ J'ai appris à faire bien des grimaces pendant ce dernier mois. De celles qui rassurent les inquiétudes extérieures. C'est ce qui est amusant lorsque tu vois ta vie devenir ton cauchemar, il faut maintenir le rêve dans les yeux spectateurs, parce que tu ne peux pas mépriser les belles images que caressent les autres. Les collages qu'ils se font avec un peu de ta vie en ingrédient de base... tu ne peux pas arriver avec une réalité imprévue et crasse, déchirer leurs collages, les laisser comme ça. 

_ On ne fait pas ça. Il ne faut pas. Les spectateurs n'aiment pas les surprises. Tu ne dois pas LEUR faire ça.

_ L'actualité est vomitive. Avec ces hommes d'églises qui se mettent à avoir un avis sur la vie sexuelle des invertis. Chaque jour, on reçoit les doutes, l'angoisse de la fin de l'humanité orchestré par des gens qui ne savent pas, qui ne savent rien. 

_ A ce sujet, ce papier est très très bon : ICI
Celles et ceux qui ne sont pas AVEC nous sont CONTRE nous. Plus que jamais.

_ Tu sais, je pourrais étirer mon écœurement sur des kilomètres de mots. 

_ Tu sais, je préfère balancer mon grappin de cet autre côté que je crois entrevoir, gravir centimètre par centimètre la façade sombre pour regagner les cimes et respirer la hauteur.



5 commentaires:

  1. Mine de rien le goût du bois de cèdre de nos crayons à papier a l'enfance en partage

    RépondreSupprimer
  2. Il y a les nécessaires montées et descentes sur lesquelles il est indispensable que tu te les farcisses toute seule.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est certain. Et je suis d'accord avec cette partie du contrat, le bonheur et l'amour on les reçoit seule, le désamour, pareil. Mais si les bien intentionnés pouvaient se taire ... ça serait reposant.

      Supprimer
  3. Ecrire fait du bien. L'art de retourner aux choses simples: écrire avec une bonne tasse de thévert/café/chocolatchaudfumant et profiter du moment. S'accepter tel qu'on est, apprendre à s'aimer et à se respecter TEL QU'ON EST. Tant pis pour ceux qui ne sont pas dans l'Amour et ne comprennent pas. Vous êtes aimable et unique... Pour le reste je partage ce que Bon Vivant a dit: il y a des choses que nous devons faire seul, nous suffire à nous-même aussi, avant d'aller vers ceux qui aiment et qui comprennent... Bonne route et bon courage, au bout du chemin il y a la Lumière :)

    RépondreSupprimer
  4. Quand on s'écrit à soi-même on se relit très peu et c'est sûrement pour le mieux. Moi, finalement, je crois que j'éprouve très peu de plaisir mais je vois rien d'autre que je puisse faire au final.

    Tu sais, je te l'ai déjà dit, que je lirai jamais Lestrade, je supporte pas.
    Même si t'imagines que je soutiens la cause, notamment contre l'Eglise et les serrés du cul qui comprennent rien à la Vie qui change. Mais je peux aussi te parler de ma belle-soeur, pacsée avec ma soeur, qui considère que ce n'est pas de mariage qu'il faut parler entre personnes du même sexe. Quant aux enfants... elles en ont déjà 4 à elles deux, ça change un peu la donne... bref...

    Pour en revenir au plus important, il faudrait que je retrouve cette très belle phrase des particules élémentaires de Houellebecq où il dit que malgré toutes les vicissitudes, la plus grande partie de l'humanité s'accorde sur l'idée qu'on naît seul, qu'on vit seul et qu'on meurt seul...
    Le rapport avec ton texte ? Euh... il y en a un, si si. Je trouverai (^^")

    RépondreSupprimer