Georges

Georges

mardi 29 mai 2012

J'ai eu tort, je suis revenu



Mes yeux d’enfants en avait fait tour à tour un palais et une maison hantée. Cela dépendait de la lumière du jour et de ma prédisposition au drame.
Contre ses murs se cognaient mes rires et mes larmes alors que mon père m’attrapait finalement après une course par le jardin, pour me corriger d’avoir ouvert volontairement le clapier des lapins.
Aujourd’hui, cette maison me semble être le tombeau de mes rires d’enfants, il me semble que gisent quelque part dans ce jardin à l’abandon les tresses blondes de ma sœur et les colères de mon père.
Je la trouve minuscule, minuscule alors qu’elle était un palais, une maison hantée.
Elle est désormais trop étroite pour contenir les courses poursuites de mon enfance. 
Elle est désormais le bazooka dans ma plaie.
Assis sur ses marches, j’aimerais qu’elle soit déjà détruite.
Et endormi le chagrin de ne plus avoir près de moi les cheveux tressés de ma sœur et son rire comme un torrent.
Et je souille ce souvenir de mes larmes adultes, démesurées.
D’un torrent, l’autre, mon regard est devenu tellement plus étroit.
Ma prédisposition au drame, intacte. 

droit réservé François Bon
To be continued

4 commentaires:

  1. J'admire la manière dont François Bon et quelques-uns de ses amis ont construit leurs propres moyens d'éditions face à de supposées "majors", mais si tu pouvais ne pas rejoindre un réseau dès maintenant, tu serais la digne fille de ton père...

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  2. http://www.youtube.com/watch?v=DhM-Dm2PHHo

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  3. Beau texte, Georges. Moi, dans la réalité, je n'ai pas à m'en faire: toutes les maisons où j'ai vécu, et même LA maison, ont été démolies depuis. Seule reste celle de Haute-Savoie, où j'ai passé 30 ans de vacances et que la famille de Pierre a vendue. J'ai, jusqu'à aujourd'hui, toujours résisté à y retourner. Pas prêt.

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  4. Les maisons Calyste, je trouve que ça peut rapidement être étouffant de passé, d'absence, de souvenirs.
    Je n'aime pas vraiment revoir les lieux dans lesquels j'ai vécu un morceau du chemin.
    Je me sens trop vite submergée.

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