Georges

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samedi 26 mai 2012

Teen Story #fiction


La petite a la tête entre les genoux, cette posture de rues que l’on observe souvent les nuits de fêtes de la musique, quand les kids se sont arraché les neurones avec des trucs sirupeux. Les bouteilles fluos que le marketing a mis sur le marché pour qu’ils bibinent le plus tôt possible et dépensent leur thunes en liquide suspect.

Concentrée sur sa petite gueule de bois qui lui brouille et les yeux et le foie, elle sent qu'elle pourrait laisser choir un bout de pain dans son estomac, il serait rapidement déchiqueté par la faim qui grouille.  
Absolue comme on est certaine de l’être à 15 ans elle voit les adultes comme des blasés qui ont perdu l’étincelle et qui la matent comme si elle était une petite fleur au milieu d’un chaos dont ils ne veulent pas assumer la paternité.
Elle ne sait plus vraiment quand tout cela a commencé. Le grand n’importe quoi. Les claquements de portes, Les cris et Les « ça me saoule grave putain ». Cette masse de petits trucs qui l’ont conduite à se barrer de chez elle cette nuit, avec de l’alcool pour cuisiner piqué dans les placards de sa mère et un mp3 à la batterie vide.
Autant dire qu’elle a eu le temps de cogiter au calme.                                                                                             
Elle se met alors à rédiger des lettres fictives, des lettres pansements. Ainsi, elle se distrait de sa faim et relève la tête pour offrir au monde matinal un visage gris qui raconte plus ou moins cette sale nuit.

Après avoir fixée son attention sur les pieds des passants, elle rit pour elle-même.
Ils ne se rendent pas compte, ils sont devenus des soldats sans s’en apercevoir et maintenant, au premier coup de clairon c’est parti.  On se lève, on se lave, on s’arrange le visage devant une glace qui ne nous voit plus, on avale un truc et on se casse avec tout le régiment pour le défilé des souliers cirés.


Les soldats avancent et au mieux de leur fantaisie, réfléchissent à une blague à faire au bureau.

Dans sa poche, des feuilles et du tabac dont elle ne peut rien faire, elle ne sait pas se rouler de clope. Demander à un passant de lui en rouler une, avec comme circonstances aggravantes, sa gueule en kit et un paquet de feuilles destroy, ça serait la fin immédiate de sa dignité.

Le lycée est à 300 m, elle arrive et se prend de la flotte chaude au distributeur, un truc qui puisse ressembler à un petit dej. Arrivée en cours, elle se fait engueuler. Pas de billet de retard, pas d’excuse valable, pas d’allure. Bref, ça a le mérite de lui couper la faim. Elle s’installe à côté d’Alix qui sent les cheveux propres.

-          Qu’est ce tu foutais ? Il est la demie ?
-          Rien, je me roulais une clope. 



2 commentaires:

  1. D=
    j'avais pas laissé de comm sur celui-là

    é(^^)è

    j'ai déjà dit que j'aimais bien la fiction, donc... ça me plaît

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  2. l'ombelle des talus28 mai 2012 à 22:27

    Vu la mère Simone, après une interprétation douce comme celle-ci, planter une fourchette (ce n'est pas une image) dans la main droite du type qui l'interviewait ; il a du s'en remettre

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