Georges

Georges

samedi 5 mai 2012

Light

Les cigarettes machinales des soirs orageux me rappellent la joie immature de se cramer un peu de santé.
Le vin, les joints, la désinvolture.
Les deux bouts de la chandelle avant de retourner à des relatives responsabilités. 
Respirer, inspirer, avoir faim, soif, envie d'elle. 
Lire des lignes, les poser, les reprendre. Les jeter, loin.
Tracer des mots mécaniquement, parce que le stylo est un danseur, discipliné et avide de discipline. 
A la terrasse d'un café, croiser des fantômes, des hologrammes d'un passé aux frontières de l'ennui. Se souvenir des relations tièdes et convenues. 

A un moment, quand tu te sens plus proche d'un kleenex souillé que du cerveau de tes potes, autant s'oublier chacun chez soi et se pourrir à distance.
C'est bon pour moi, les pages sont tournées. 
On peut se regarder dans les yeux et se croiser, et même insister, mon pouls s'en fout des fantômes, il s'emballe pour les voyages en train, les inconnus, les conversations volées. 
Pour des moments simples qui reposent du reste. 
Des apéros improvisés, blagues à la con et pipeletteries de terrasses.

Cette semaine, j'ai été formée aux premiers secours civiques. Un truc qui veut tout et rien dire. On t'explique quoi faire pour une piqûre de guêpe et un AVC. 
Coq à l'âne, tranquille. 
Le plus impressionnant pour moi a été d'être allongée au sol, de jouer la victime, d'être approchée de si près, manipulée, l'oreille d'une inconnue qui écoute mon souffle en comptant jusqu'à 10, des mains inconnues qui m'enlèvent ma ceinture et déboutonnent mon fute.
J'ai bien moité des mains parce qu'inconnu + contact = Angoisse contemporaine.
Alors que la boulangère est à point pour te jeter la monnaie dans la gueule plutôt que de t'effleurer les doigts, c'est troublant de devoir pendant deux jours mettre son corps à la disposition de personnes dont on sait juste qu'elles veulent faire bien. En tout cas, un peu mieux. 

Ce texte juste pour te dire que je prends soin de moi, je te souhaite d'en faire autant. 





 



8 commentaires:

  1. On t'a appris quelque chose pour les tiques? J'en ai chopé trois en ramassant du muguet dans les bois. Elles m'aiment, ces bestioles. Pas moi!

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  2. C'est encore pire quand on nous fait travailler avec un bonhomme en mousse. Calyste, il ne faut plus ramasser de muguet (et les champignons)

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  3. Calyste, les tiques sont calystophages, ne cherchent pas, tu es leur came! :)

    Nicolas: J'ai trouvé ça très gênant mais je suis pas branchée contact je crois.

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  4. C'est officiel, je suis amoureuse de tes mots.
    Les sons de ces phrases résonnent en moi comme une lettre que j'aurai décidé de m'écrire à moi même mais sans me tenir au courant, sans me rendre compte que les mots qui noircissent les pages ont un sens, donnent des phrases. Et cette lettre serait arrivée, comme ça, sans prévenir et m'aurait fait du bien.
    Je dévore tes pages, j'ai très peur d'être en état de manque quand tout sera digéré.

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  5. Isa : Je te remercie pour ce commentaire qui me fait super plaisir.
    pour le manque, ne t'en fais pas, je ne compte pas m'arrêter.
    Merci encore, beaucoup, pour l'attention portée à mes mots. Tu as une manière très belle d'en parler et je suis contente de ce ressenti que tu partages. la lettre... c'est un peu des lettres que je laisse ici. oui. A bientôt!

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  6. ya un bug horloger ici.
    Sinon, j'en fais autant

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    1. oui je viens de voir, je vous spam :)
      Enfin, je ne suis pas aux commandes de cette fonctionnalité...
      Sinon, tu me rassures. ;-)

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