Georges

Georges

lundi 7 mai 2012

Chialing in the street

_ Un matin comme les autres avec un air plus léger, tu sais, la Gauchie tout ça...

_ Arrivée au taf, je vois ces mines déconfites. Joie. Des malades qui viennent quand même parce que le travail ne va pas se faire tout seul. je m'agace, je m'énerve. Mais toi? Ta santé? Ta vie? Tu la brades pour un boulot de con, mal payé, qui te tue à petit feu...

_Je n'arrive pas à me souvenir du moment où tout cela a commencé, la conviction d'être merdique au point de ne pas prendre soin de sa santé. Je n'arrive pas à admettre qu'on foute à la corbeille un arrêt maladie d'un mois après une intervention chirurgicale parce qu'on a peur de perdre sa place. 

_Laquelle est précaire, ingrate, difficile et bien entendu perdue d'avance.

_ Si on se comporte comme des sous-merdes avec les administrations telles que l'éducation nationale, si on se met à fournir la vaseline, ça déconne sérieusement. 

_ Quand est-ce que les gens vont piger que le plus important c'est EUX, pas le bon fonctionnement de l'éducation nationale qui leur chie sur la gueule dès que l'occasion se présente.

_ J'ouvre mes mails et tombe sur un truc de gauchiste contre lequel je n'ai absolument rien, mais qui vient d'un mec qui m'a plus parlé depuis longtemps. Je sais pas si tu le fais, le truc d'envoyer des messages communs pour prouver que t'es pas con, que tu citoyennes à mort et que "tu ne lâches rien"? Mais franchement, envoyer ça à des personnes à qui tu tournerais la tête dans la rue, c'est juste de la merde.

_ Mais va chier avec tes leçons de morale. J'ai des amis pour m'envoyer les liens cools, retourne dans ton passé, retourne dans ta vie et n’interagis plus jamais avec la mienne.

_ Un autre mal contemporain: cet entretien d'une nostalgie nauséabonde. Aidé par les réseaux sociaux, les copains d'avant essaient de devenir les copains de maintenant. Comparaison de réussite sociale.

_On n'a rien à se dire. Les réunions d'anciens combattants c'est bon pour les combattants. Nous, on a juste fumé des joints et ricané à l'adolescence, quand je ne savais pas encore tout à fait ce que voulais dire l'amitié. 

_ Je crois que je me trompe de délire, à me cacher, à ne pas vouloir être reconnue. C'est totalement à côté de ce qui se fait en ce moment. Alors que tu deviens une star parce que t'as pissé dans une bouteille de kro et que t'as foutu ça sur youtube, moi je fais ma mystérieuse. 

_ Du romantisme qui ne fait rien avancer. 

_ Et pas ma vie littéraire qui reste ce truc entre toi et moi. Ici. 

_ Oui, tu l'apprends, j'ai des velléités d'écriture.

_ C'est bien quand tu vis dans une petite ville tu croises les stars locales et les petites personnes locales, ébahies, se soumettant, à la limite de tendre leurs culs.

_ Faux style Gavroche avec des way farer rouges (signifier sa fantaisie par le choix de ses lunettes nianiania) et des sapes de papa du désert, camaïeu camel, dégradé de bruns et d'ocres. Faux cool de merde. 

_ Et vas-y que ça tape des sourires à tout ce qui bouge, des fois qu'on sache pas que t'es bien le mec qui a fait le duo avec cette ouaouache de Zaz. 

_ Le combo Chèche/Casquette, qu'il fallait à la variet'.

_Transpiration houblonnée pour public conquis.

_Je pourrais vomir des heures sur cette journée merdique, mais tu vois, je vais plutôt aller mater The Wire et jeter ça à qui veut bien le lire. 






1 commentaire:

  1. moi, j'ai bien voulu le lire et tu as bien fait de le jeter là.
    Il y a quelque chose d'attirant dans cette lecture d'un ras le bol presque vomi en mots.
    Je ne l'aurais pas traduit aussi bien. C'est en te lisant, phrase après phrase que je me suis dit : oui, voilà, c'est ça, c'est ce que je ressens également.
    Je suis recluse depuis des années, m'éloignant de plus en plus d'une société qui me révulse et dont, à aucun prix je ne veux faire partie.
    Alors moi aussi j'écris, juste pour rester en vie et garder quelques liens avec le monde histoire de garder un minimum de contact avec la réalité.

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