Georges

Georges

mardi 24 avril 2012

Horse

La fourmilière est partagée. 
Une moitié fêtant ce qui n'est ni une victoire ni une défaite. 

L'autre moitié, qui fout sur le tapis des sujets bien tapins.

Quelque part entre les deux, il y a ceux qui sont simplement sur le cul. J'en suis. 

Je regarde cette foule de grands fronts dans une forêt d'arbres moribonds. Rien de solide, que du mouvant, du coulant.  

Marine Skywalker a foutu une merde bien moche en allant chercher les désespérés et les ignares. 

J'avance sur des terrains dont personne n'a idée. Je m’abrutis de musique et d'images, parfois rattrapée par mes obsessions qui tapent les fils d'acier tenant mon corps debout. 

Je cours plus vite que mes peurs, elles me précèdent de peu, je pose sur elles un oeil défiant mais conquérant. 

Le stylo est l'épée que je choisis pour les affronter. 
Le stylo est l'épée qui déchire l'opacité, qui invente des chemins de terre brûlée, des chevaux, des arbres dont on ne peut faire le tour avec les bras. 
La sève qui colle les doigts entre eux, l'odeur d'un sous-bois, d'une plage, les rues de Cadiz, la peau brune de ma fiancée.
Du sable entre mes doigts que je retiens comme on arrête le temps.
La fenêtre d'un train qui supplie qu'on écrive enfin le scenario de son film. 
Gratuité d'un bonheur Lego a monter soi-même, selon des plans qui nous appartiennent. 

Quand j'ai peur, je me blottis contre un lion inoffensif, je touche les marbres de villes que je bâtis, je gravis des sommets qui n'existent que pour moi. 

Quand j'ai peur, je prends mes jambes à mon cou, et je me casse loin du bruit que font ceux qui feignent de n'avoir peur de rien. 

C'est toujours quand j'ai peur, que je prends mon cheval et que je me mets en quête d'un silence que rien ne brise, d'une paix que rien n'esquinte de sa vulgarité. 

Ce monde là est intact. Intact et limpide. 

Pas touche.

10 commentaires:

  1. Une route, des montagnes, une forêt, de la vie à ne plus savoir quoi en faire....et nous au milieu d'un monde, du monde... Continuons de rouler sur une route, vers un océan, des montagnes, ... La vie est parfois mal faite mais qu'est ce que c'est bon de la bruler par les deux bouts. Je t'embrasse. -Eus

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  2. Texte obscure et émouvant comme une chanson de Bill Callahan

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  3. ...Bill Callahan que j'adore, peut-être le sais tu Hippocalypse (bien le pseudo).

    Merci Eus. Des fois, il vaut mieux déconnecter et traîner sa trouille sur des sentiers non balisés où nous sommes pas trop nombreux, pas trop haineux. à peu près humble et farouchement humain.

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  4. Bon, c'est un super texte, hein, comme d'hab.
    J'ai une question (peut-être) déplacée: d'où vient cette photo de cheval ? C'est beau, c'est très beau, ça accompagne cataclop cataclop le texte, je l'aime.

    PS : A propos de Bill Callahan, c'est vraiment trop drôle, j'ai commencé à écrire un billet de blog tout à l'heure, j'ai ajouté une musique de ce chic type (The Wind and the Dove, chuut c'est pas encore en ligne)

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  5. La source de la "photo", est-ce que c'en est une... il s'agit du premier volet d'un triptyque : Subversion I & II by Miriam Sweeney. Je ne mets pas les sources et c'est un tort, mais je publie toutes les photos sur mon tumblR, avec là, les sources la plupart du temps.
    Merci pour ton commentaire.
    Vive Bill Callahan :)

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  6. http://www.youtube.com/watch?v=hMY7T95KTfk

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  7. http://www.youtube.com/watch?v=KGfw8rKcQm8&feature=related

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