Georges

Georges

mardi 20 mars 2012

Sur ma route

Sur ma route, je croise ce sosie d'Allen Ginsberg qui me demande le chemin de la gare.
Et je suis gênée parce qu'il pourrait voir dans mon regard que je pense qu'il daube sérieusement la crasse et le vin, que j'évite de m'approcher. 
Je lui indique son chemin vite fait à ce vagabond aviné qui cherche ses mots dans une barbe éternelle. Son regard étoilé n'attrape pas le mien, que je lui offre pourtant, il se fiche bien des regards, il veut poursuivre sa route.
Sur ma route, les kids, tôt le matin, font tourner un joint, et je repense à une époque ou j'avais le même petit dej.
J'arrivais en cours affalée.
Je ne me trouvais jamais suffisamment négligée, dépeignée et enlaidie.
Je répondais des "ouaaaais" de tête à claques lorsqu'on m'appelait,la bouche pâteuse comme si je m'étais goinfrée une quiche au valium, la veille.
Une dégaine pas croyable pour me sentir pas croyable.
J'aurais aimé envoyer des éclairs et des boules de feu à la face des adultes.
Je voulais qu'ils m'aiment et pour cela, j'ai choisi de les détester.
Ben, paye ta stratégie foireuse!
Vous devez penser que je suis accro à l'adolescence.
Vous n'avez pas vraiment tort.
J'ai tellement envie de tenir la main de cette mocheté organisée que j'étais, de lui dire d'arrêter cinq minutes son char, que tout ira bien.Que tout n'ira jamais aussi mal en tout cas

J'aime regarder les kids se refiler un joint. Ceux qui ne le font pas sont plus inquiétants encore.

Sur ma route,  j'ai ressenti de la tendresse pour un jeune homme aux yeux trop maquillés, tout en noir et en ferraille, looké fossoyeur glam biactol. 

J'ai eu envie de lui dire, laisse les rire, tu t'en fous, hein, t'es un vampire.

Beauté volée / Bertolucci / 1996

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