Georges

Georges

jeudi 9 février 2012

Proud to be Pleutre

Il s'est passé un tas de trucs ces jours derniers.
Pour des raisons sociales,tu as vécu ta première séquestration sur ton lieu de travail, peur panique du manifestant qui peut interrompre une réunion décisive.
Une peur que tu n'avais jamais notée auparavant, à part chez les commerçants lors des manif contre le CPE/CNE, on leur a drouillé pas mal de chiffre d'affaires à ce moment là, en gueulant dans les rues que non, pas moyen, ça va pas la tête, et puis quoi encore. 

Note pour toi même : Il y avait alors un culot et un enthousiasme dans la lutte qui a depuis été flingué, on devient à cheval sur une journée de salaire et les étudiants ne font plus tellement de truc quand ils ne sont pas directement concernés. 

Note pour vous même : Discrètement, le CPE a fait place au splendide CUI, qui ne permet aucun agacement social, parce que tu te ramasses un salaire de con à la fin du mois et c'est tout juste si tu réfléchis pas avant de faire une pause pour te retaper la santé quand t'as 39 de fièvre et la voix de Jeanne Moreau.

Enfin, à propos de la séquestration, cette peur a quelque chose de malsain. Vu d'entre les murs, elle a quelque chose de stupide. Tu as eu le temps d'y réfléchir, assourdie par les conneries de lieu commun de tes copains de travail.
Tu étais dans le ventre du vilain monstre, enfermée, avec une seule envie, rejoindre ces personnes si petites vu des fenêtres si grandes sur ton échelle d'estime.
Tu ne t'es jamais autant senti du côté de l'oppresseur, de celui qui nuit à l'autre et qui le fait dans la peur, portes fermées.
"s'il vous plait, n'approchez pas des fenêtres, vous allez les exciter". 
Tout ce spectacle traduit un sérieux problème, si on est sur de soi, pourquoi faire les choses qu'on pense inéluctable dans un tel climat de trouille? 
Et le staff qui se moque des gens qui pestent à -17 degrés de température ressentie... Le staff qui tous les jours ne se fait pas prier pour dévoilée sa Mélenchonnite.

Comme s'il fallait à tout prix être de gôôôche publiquement et se comporter comme un naze quand on a une occasion de l'être vraiment, en tout cas, de montrer une solidarité envers les petits combattants idéalistes. Au lieu de se moquer d'eux, pfff, dans le froid, les cons, et dire qu'en plus, ça ne sert à rien, pfff les cons.  

Là, il est plutôt temps de surjouer sa joie d'être du côté des puissants. Des puissants qui tout de même on puissamment les boules des petites gens en colère.

Là, on se tait, on se moque, on ricane, on n'est pas de droite, pas de gauche, on est à l'intérieur, on a limite chaud et c'est tout ce qui compte. 

Si avec ça on ne finit pas par se manger les uns et les autres. 
Si avec ça on ne finit pas par se haïr en souriant connement. 
Si ça c'est pas une belle réussite du gouvernement actuel. 
On n'a pas fini de se chier sur la gueule. 

Tu n'as pas fini d'être exaspérante de vulgarité. 

7 commentaires:

  1. Ce n'est pas toi qui es vulgaire, c'est cette saloperie de société actuelle.

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  2. L'ombelle : Merci²

    Calyste: Oui, tu as raison, c'est une société vulgaire et dans le déni de sa vulgarité, de sa brutalité.

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  3. Tres bien vu ce commentaire sur la lacheté, je ne supporte pas le clivage droite/gauche et encore moi les gens qui se disent "de droite" ou "de gauche". Ils y croient vraiment sérieux ou c'est encore un raccourci pour aider leurs cerveaux trop ramollis par NRJ 12?

    Bref, ceux qui se disent "de gauche" ferait bien de se bouger un peu le cul parce que pour l'instant j'ai vraiment l'impression de vivre dans une société "de droite".

    (Pourquoi ce jeune emo qui se brule la main? hehe)

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  4. (ton point de vue contient au moins une réponse globale.une douche écossaise à mi-cuisses, ça forme à tout le moi un tandem. )

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  5. Tenderhooligan : Ah Ah ... C'est vrai que le choix de la photo est bâclé. Je suis bien d'accord avec toi pour la société "de droite" et même si le pays passe à gauche, c'est une gauche que je trouve tout de même "de droite".

    Soupault laid : (ok) (merci de globaliser ma pensée en une phrase qui m'échappe, je suis peu familière des surréalistes)

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