Après avoir fait de sa bouche un festin. Je lui propose de sortir. Prendre l'air, marcher...
Dehors, c'est un autre jour, la boite ferme bientôt, des petits groupes se forment autour des bagnoles. Ses amis sont vers une caisse, coffre ouvert, musique inaudible.
Des joints tournent, je n'ai aucune envie de m'approcher, je préfère couper court.
Le soleil éclabousse son visage et je ne sais pas quoi lui dire.
Tu es belle? On n'est pas dans un soap pourri avec violon et sourire niaiseux.
Je griffonne seulement mon numéro sur un bout de papier.
- Si tu veux me revoir...
- Je veux que tu viennes chez moi.
- Ok
J'entre dans ma voiture, elle va faire son show auprès de ses potes.
L'endormeuse, allumeuse se prend pour une starlette.
Quand elle entre, elle griffe ma nuque et mord ma lèvre, j'ai la peur idiote qu'elle entende mon sang battre à un rythme de taré, qu'elle voit, qu'elle sache, qu'elle respire ma virginité.
Elle m'indique le chemin pour aller chez ses parents et ça sent la thune à plein nez. On entre dans un jardin en escaladant le portail comme des voleuses.
Herbe rase d'un vert too much. Tout autour de moi semble en plastique. Elle me fait passer par le garage et nous traversons plusieurs couloirs avant d'arriver jusqu'à sa chambre.
Une pièce mansardée genre ancien grenier, odeur de tabac froid, désordre adolescent : un bang, des manettes de playstation , un dvd loué de requiem for a dream, des cendriers pleins de mégots de cigarettes, de joints et autres déchets, un pantalon boueux qui a surement trainé en free party, des pièces de monnaie posées en vrac , un petit mot que je n’arrive pas à lire, un médiator... Des conneries de gamine.
Emilie tapote en souriant la place à coté d’elle, comme on appelle un chat pour qu'il vienne s'asseoir. Je rapplique après avoir balancé ma veste sur le dossier d'une chaise.
En faisant un joint je me suis dit que sa chambre, tout comme sa conversation, ressemblait à ce qu’était la mienne quand j’étais au lycée. Che Guevara c'est trop bien, la Hollande aussi, les profs sont des nazes et les parents ça chlingue.
Mais putain, qu'elle était belle.
- Tu veux une trace ?
- Non, merci. Toujours pas.
Elle aspire façon Dyson deux énormités et fait un truc de crâneuse genre : Oh putain que c'est bon. Je souris, parce qu'elle a fait du Pulp Fiction et je l'ai remarqué.
C'est un sourire qui ne se moque pas.
Elle a au centre de ses yeux, habituellement très bleus, deux boules noires qui ne laissent apparaître qu’un fin liseré azur.
Elle prend place sur moi comme une walkyrie en crise de flemme et dépose mollement ses bras sur mes épaules. Il y a un désespoir permanent sur son visage. Elle m’a embrassée avec avidité et j’ai senti à nouveau sur ma langue le goût amer, comme un poison, un virus passant de sa bouche à la mienne.
Son dos est minuscule entre mes mains. Mes yeux se ferment sous la caresse de ses lèvres sur mon cou. Mon envie d'elle me fait mal, chacune de mes terminaisons nerveuses se rejoignent entre mes cuisses, où mon sexe hurle,où le désir et l’impatience se creusent un chemin brûlant.
Là où ruisselle mon envie délirante d'Emilie.
à suivre...