Georges

Georges

samedi 30 avril 2011

I'm Not a fucking buddhist

Hier soir en cherchant le sommeil tu as lu le dossier sur Cioran dans le magazine littéraire (parce qu'on ne se refuse rien voyez-vous). Tu y as lu que la nuit fissure l'être et exacerbe les lucidités.
Et c'était précisément ton état d'esprit. 
Et c'était bel et bien fissurée de toute part, en proie à tous les doutes possibles que tu t'agrippais à ton magazine littéraire, soulée de silence et de fatigue nerveuse.
Tu as effacé des numéros dans ton téléphone portable, parce que le passé à ses limites et parfois, il faut s'y cogner, passer à autre chose quand de toute façon ailleurs on ne pense déjà plus à toi...
Tu as détesté des personnes de ton entourage virtuel de vendre du mensonge, des anarchistes qui signent chez Flammarion, qui se donnent en pâture au système qu'ils dégueulent chaque jour sous ton nez. 

Toi, tu le voudrais bien le contrat chez Flammarion, tu as un roman à proposer à qui veux, il manque juste une relecture et la dose de confiance en soi nécessaire.
Parfois tu demandes à ceux qui ont la chance d'être publié, aux lecteurs avisés ou je ne sais quoi encore: avec la queue entre les jambes : euh... tu jetterais pas un coup d'œil dis? On te dit que euh... ça serait pas un peu utilitariste comme état d'esprit..?

Tu t'es couchée dans cet état de rancœur sans objet réel, un peu tout et tout le monde, une rancœur globale comme quand on a 15 ans et si finalement tu avais toujours 15 ans?

Un constat :

On n'autorise pas suffisamment la haine dans notre société, tout juste si on accepte la colère. Donc, oui, on culpabilise de pratiquer l'une et l'autre de ces émotions. Le pire truc jamais entendu par tes oreilles pas déçues du voyage c'est : de l'amour à la haine il n'y a qu'un pas. Ceci suggérant qu'on puisse en un clin d'œil passer de l'un à l'autre, comme si c'était une danse. 


Aussi le truc débile, groupe facebook merdeux pour personnes débordantes de compassion : M et N se côtoie MÊME dans l'alphabet, tu m'en diras tant chéri!

Tu vas faire une révélation à ton lectorat : 

Tu hais la personne qui a brûlé ta vie photographique, épistolaire, tes journaux intimes et autres petits messages échangés en cours, les cartes d'anniversaire de tes parents et de tes grands parents de 0 à 20 ans.  



Votre Georges qui cherche la paix. 
Amen. 

Ps: une fois enfin endormie, tu as rêvé de Carla B.S qui se prenait une boite en skateboard, espérons que le bébé n'a rien hein.





vendredi 29 avril 2011

La guerre des chattes (ou comment attirer les vieux pervers sur ce blog)

Cherche témoignage de personnes intéressées (mais vraiment) par le mariage princier du jour dont on nous fait croire qu'il est un conte de fée moderne blablabla. Annonce sérieuse. 


Actuellement tu héberges toi aussi un conte de fées moderne, les protagonistes: Clochette et Kali, chattes noires, l'une maigre comme un clou, l'autre ascendant marteau.

Activités principales : manger les croquettes de l'autre, chercher refuge derrière des jambes d'humains, se courir après avec des queues de ratons laveurs habitées par la fièvre du jeu et de la violence gratuite.

ça feule et ça galope... Guerilla à huit pattes. Tu n'as plus qu'à prier pour qu'aucune des deux ne sache bidouiller un cocktail molotov. 

A part ça c'est l'éclate d'avoir deux chats, c'est juste cette relation ouvertement sadomasochiste qui te surprend. 


Actuellement tu réfléchis beaucoup mais pour l'instant tout est en friche.On y reviendra...


Bonne journée!


jeudi 28 avril 2011

Moleskine Vs Leuchtturm 1917

Installée à la terrasse d'un café  bourgeois avec vue sur le va et vient, tu bois ton café, tu es sortie pour ça.

A tes côtés une famille s'amuse à faire de la conjugaison, C'est dire si c'est la fête!
Tu ressens un malaise côté parents, vaguement à la masse en ce qui concerne l'imparfait du subjonctif. Tu pries un dieu inventé sur le pouce de ne jamais engendrer ce genre d'enfants.

Un homme galère à pédaler sur une espèce de pousse-pousse moderne portant une vieille qui ne semble pas gênée le moins du monde par la situation.  

Tu penses au film Gummo d'Harmony Korine en croisant une petite fille avec des oreilles de lapin. Sauf qu'elle a l'air heureux, pas héroïne d'un film que tu penses objectivement malsain mais qui t'a néanmoins beaucoup touchée.

Parfois, les univers qui te sont radicalement étrangers finissent par t'émouvoir, par te paraître tendres...
C'est vrai pour la pianiste de Mikael Haneke, Funny games du même réalisateur, Trouble every day de Claire Denis, Breaking the waves de Lars von trier et Gummo donc...

Pendant que tu penses à ça des hommes s'installent et te disent "bonjour", ce qui est paranormal ici. Tu réponds la bouche pleine comme la dernière des porcasses. Tu constates que ce sont des étrangers, comme souvent les personnes qui disent bonjour pour rien. Juste parce que les regards se croisent.

La démarche preste miss talon 22 cm et jean slim traverse la place en feignant la réflexion, elle essaie juste selon toi d'anticiper le prochain jeté de talon aiguille. Tu paries qu'elle ne réfléchit à rien d'autre qu'à sa démarche.
Tope là!

Méchante fille, tu n'aurais rien contre une petite gamelle de miss talon, surtout en face du bar à crêpes.

C'est honteux, tu aimerais changer tes habitudes, mais tu aimes les chutes. Les bonnes grosses boites avec élan, au ralenti, avec ou sans accessoire... ça t'éclate.

Cette blague exclut totalement les vieilles personnes.
La vision d'une personne âgée mal maquillée, une femme portant un bouc, alcoolisée ou la perruque de travers, ça te passe le coeur sous un rouleau compresseur. 
* Très joli livre d'Howard Buten à propos...

Imaginer une personne âgée qui se gamelle... c'est triste, et si qui que ce soit en rigole, ça te bute.

Aujourd'hui est un jour spécial parce que tu arrives au terme d'un cahier moleskine.

Depuis 6 ans, tu passes d'un Moleskine à l'autre. Toujours le même modèle, noir, couverture rigide, 240 pages blanches non lignées. Depuis quelque temps les couvertures souples sévissent mais ça n'est pas ce que tu souhaites.

Depuis 6 ans, c'est la personne qui partage ta vie qui te les offre, à chaque fois daté du jour d'achat et d'une dédicace qui permet de faire exister ce jour un peu plus encore.

Aujourd'hui est un de ces jours. Changement de Moleskine et.. changement de marque aussi.
NON à LA COUVERTURE SOUPLE!! Boycott pur et simple!

Tu te retrouves donc avec un Leuchtturm 1917, une marque spécialisée dans le matériel de collection (philatélique, numismatique).

Georges qui assume ce post plat, aussi plat qu'un plat.


La chanson c'est un souvenir d'enfance... Ego trip.

lundi 25 avril 2011

Post Chiffon

_La coupe boyfriend ne sied à personne

_Les jeans slim vont très souvent beaucoup mieux aux hommes

_Le turquoise a cessé d'être une couleur audacieuse depuis longtemps

_Comme le rouge

_Les coupes de cheveux asymétriques, elles, sont restées audacieuses

_(ça ne veut pas dire que c'est beau)

_Les Dunk de Nike ont remplacé les Converse en chaussures "que tout le monde a"

_NB: Les Nike sont inadaptées à la chaleur contrairement aux Converse

_Entendons nous bien, tu dis Dunk de façon générique pour dire : grosses baskets

_Les lunettes montures plastiques sont devenues la norme

_Les petites filles de Dijon ressemblent à leurs mères

_Les petits garçons ressemblent à des enfants

_ça rassure

_Montrer sa raie des fesses n'est plus un truc de Plombier/maçon/père de famille

_On observe une démocratisation de la raie des fesses et si on en croit la personne assise en face de toi au café tout à l'heure, on peut parler d'embourgeoisement de la raie apparente

_(ça ne veut pas dire que c'est beau)

_En revanche, le string apparent est mort et c'est tant mieux

_Tous les ans on entend que la peau laiteuse est redevenue à la mode mais c'est faux, les gens s'aiment bien cuits

_Tous les ans tu te dis "putain c'est MON année"

_Billevesées tout ça...

_la gémellité vestimentaire des personnes en couple te choque

_Tu trouves ça freaky freaky, parce que toi tu te dirais jamais, tiens, je vais prendre deux mêmes robes comme ça on sera les mêmes!

_(votre avis à ce sujet intéresse la blogueuse)

_Ceux qui disent se foutre de l'apparence vestimentaire mentent 

_illustration: Vous êtes à un mariage, un mec se pointe sapé en campeur, vous vous foutez pas de lui?

_C'est pas de la méchanceté et tout à coup vous êtes bien dans vos habits du dimanche

_le(s) type(s) mal fagotés vous rassure, avouez-le...

_Il vous arrive de mépriser des vêtements juste parce que vous n'avez pas le courage de les porter 

_Ex: Toi tu rêves de porter des santiags mais tu n'es pas prête psychologiquement

/Point barre/
Ndlb: Observations non contractuelles. 

dimanche 24 avril 2011

Laïc like


Là, c'est pâques, c'est à dire que demain c'est férié mais le fait que tu n'aies pas d'éducation religieuse laisse cette histoire de chocolat et d'agneau un peu obscure.


C'est l'avantage de vivre dans un pays laïc.

Dans quelques minutes les clochers du quartier ne vont plus en pouvoir et vont se tirer la bourre, jouer à qui cloche le plus fort. 

La grasse matinée tu l'oublies. M'enfin, n'as tu aucun respect pour la laïcité de ton pays bougre d'âne?


En Alsace Lorraine les gens ont également le vendredi férié.

C'est parce que c'est un pays laïc.Normal.

Par exemple, hier c'était la Saint Georges, on n'en a pas fait des caisses. 
Mais comme tu as envie de rendre un dernier hommage aux valeurs de la France dans ce post qui, détrompez-vous, se veut sympathique, tu souhaites une excellente fête à tous les Fidèles!

... Et tu te félicites de vivre dans un pays Laïc au calendrier Républicain sans ambiguïté.

Et vlan!

Bon chocolat!!

vendredi 22 avril 2011

lucidité contre idéal

Réveil amer d'un sommeil qui se voulait réparateur. 
La sieste qui déblaie les idées claires et ne laisse qu'une vague salade de pensées en dégradé de gris. 
Une amertume insoluble dans le coca zéro et les cours de droit de l'environnement.
Horloge biologique déréglée sans doute. Quelque chose comme ça. Toujours chercher une explication rationnelle au fait qu'on se sente comme ceci, comme cela. Le fait qu'on se sente, déjà, peut parfois être suffisant.

C'est toujours mieux que de penser que la machine est en surchauffe. Qu'il y a des problèmes "sérieux", que la camisole nous guette. Souvent on te le dit de ne pas plaisanter avec ça, d'arrêter tes conneries merde. C'est la vie, merde, tu vas pas en faire toute une histoire merde, on est TOUS comme ça.

Tu as envie de ne pas être détournée de ton cerveau, de ton travail, par tes nerfs qui affleurent, par les idées qui se brouillent et se tapent contre les parois d'un cerveaux laxiste et trop poreux pour les arrêter et les dégager d'un revers de courage.

Du magique,du lambda, des colères blanches souvent vaines, la ligne de confidentialité, le sens de la marche, rester sur la piste cyclable, balancer les cartons dans le bac jaune, découper selon les pointillés, tracer une marge de 2 carreaux, vos papiers s'il vous plait, merci d'utiliser un stylo bille noir, visiteurs, veuillez emprunter le parcours fléchés. C'est le week end, prière de vous souler, de vous amuser. C'est le week end,prière d'envisager dès maintenant les conversations de machine à café lundi, il va falloir briller. ne pas dire, jamais, sous aucun prétexte, que non, toi, en fait c'week end, t'as rien fait...

Ingrédients de base de cette figure imposée, LA VIE.

C'est LA VIE disent les gens qui ont encore moins le courage de s'en plaindre que toi. C'est COMME ça, on n'y peut rien!! 

Alors là, la messe est dite, quand on a dit ça, on a tout dit, on n'a rien dit, on est passé à autre chose. On se fout de tes nerfs qui se font des noeuds, on s'en fiche de tes nerfs qui se contorsionnent sous ta peau comme des lombrics apeurés par l'ouverture de la saison de pêche.

Ne vous laissez pas abuser, ce n'est pas de la dépression, ce n'est pas de la mauvaise humeur. 
ça n'est pas non plus des restes d'un idéalisme adolescent qui s'effriterait entre des mains adultes malgré elles et déterminées à CONSTRUIRE, se bâtir un destin en dur, couler la dalle d'une vie étroite et normale. 

C'est juste, la vie, c'est comme ça.

Votre Georges, qui n'est décidément pas du vendredi.

Qui voudrait écrire et ne faire que ça, qui rêve de faire de son obsession un vrai chemin de vie.


jeudi 21 avril 2011

tada

Rendez vous sur Facebook à la page "A Girl Called Georges".
Merci à Gallyazel et Névrose mondaine pour l'idée...
Il ne reste plus qu'à rendre tout ça euh... attractif, sympathique, et FONCTIONNEL.

Votre Georges, Ultra moderne et sans complexe.

mercredi 20 avril 2011

la part des choses

Adolescente, tu faisais des listes des disques que tu voulais avoir, des livres, d'un tas de trucs qu'il était question de posséder. Maintenant (et là, tu as failli écrire adulte "mondieuquellehorreurnonmaisc'estpaspossible") tu fais des listes de ce dont tu pourrais te séparer.
Et ces listes sont longues...
Tu te demandes si c'est bien sain, à 28 ans, d'avoir besoin de si peu. Peu d'amis, de livres, de disques, de vêtements, d'argent. Tu as envie de tout vendre pour y voir plus clair (pas tes amis, ça va sans dire, vous êtes pas débiles, vous l'aurez compris tout seul)

TOI, TA VIE, TES VÊTEMENTS

Tu as un "raisonnement bourgeois" concernant les vêtements, tu préfères avoir très peu de vêtements fiables et solides, qu'une montagne de merdes achetées chez H&M. Comme les chaussures, étant une marcheuse invétérée, tu ne te verrais pas acheter des chaussures cheap que tu te sais capable de défoncer en deux mois (déjà fait). 

Te voilà blasée des objets, tu en as marre, ils t'étouffent, t'envahissent. Du vide, du vide, du vide... C'est tout ce dont tu penses avoir besoin.

Les bibliothèques aux rayons qui dégueulent ne servent qu'à prouver qu'on a lu, qu'on est intellectuellement stimulé et stimulant. La bibliothèque pleine à rabord c'est comme la mega télé plate qu'on voit chez les amateurs de foot (oui là, tu généralises). On rentre chez toi et direct on sait qu'attention, notre hôte en a dans la cervelle, on la lui fait pas.
C'est comme une attestation d'intelligence.

les attestations t'en as marre... "J'atteste par la présence d'une guitare que je fais de la musique (alors que non), j'atteste par la présence de running négligemment jetées au sol de l'entrée que je cours (ton physique dément tout seul) , j'atteste par la sur présence de livres que je suis une personne qui en a dans le citron, j'atteste mon manque de flouze qui fait que je n'ai quasiment que des meubles ikea et que je participe, malgré mes discours contre la mondialisation  à l'uniformisation des housses de couette et de la bibliothèque billy, je fais état de mes contradictions..."

Tu attestes te foutre royalement de ce que l'on pense de tout ça.

lundi 18 avril 2011

Lundi matin

Tout a commencé par ce rêve dans lequel tu joues un rôle de consommable, une viande qu'on aime bleue et bien battue, qui passe de mains en mains, qu'on se refile sur fond de rire gras, halètements rauques. 
Tu te réveilles avec les yeux écarquillés, la vie met quelques secondes à regagner tes veines. 

C'est un mauvais rêve. Des gorgées de thé brûlant, le ronronnement d'un chat. C'était juste un mauvais rêve. 

Tu sors respirer cette matinée brumeuse. tu t'élèves avec la brume, tu t'ensoleilles au fil des pas. 
La ville est un jeu de piste marteau piqué, le bitume est explosé. Chaque semaine tu dois adapter ton parcours au gré des travaux et c'est assez amusant. 

Merci à la ville de Dijon pour le festival bulldozer. Ambiance caterpillar et manitou. 

Et les voitures qui ne lâchent pas le steak, c'est NOTRE route!! à bas les travaux et les tramway! ça t'amuse ça aussi, les têtes dégoutées de la vie à 8 h du mat parce qu'il y a des trous dans le sol, que ça abime le porsche Cayenne de Madame terracotta et décollement de racines.

Tu conseillerais bien à ces personnes exaspérées au réveil d'utiliser leurs jambes et un vélo. On doit se sentir con d'avoir une si grosse voiture et d'être distancé par un piéton taquin et rieur.Tu laisses derrière toi cette nuit de cauchemar, tu l'égraines dans toute la ville...

Tu échanges des sourires avec des commerçants, tu écris des mots bleus sur fond blanc en entendant des bribes de conversations de lundi matin, des "t'as fait quoi c'ouikend?", "il a fait beau, on a eu de la chance hein?".

Tu souris en croisant deux mecs échappés d'un clip de rap. L'un d'eux porte une chaine qui serait parfaite avec un cadenas pour protéger ta monture. Il porte des mitaines aussi, genre "je fais du BMX" mais en fait tu crois qu'il  fait du petit vélo autant que toi tu pêches le silure, c'est juste un total look rap.

T'aimes bien les gens" total look quelque chose", ils t'émeuvent et t'impressionnent. Tu ne pourrais pas faire ça toi, tu l'as fait plus jeune, total look "garçon manqué", hippie, skate... Mais à 20 ans passé c'est pas comme si tu te cherchais, t'assumes de t'être retrouvé dans une tribu.

Du coup aujourd'hui tu arbores le total look" je vais bien, merci."

Georges, qui s'excuse de la pauvreté de ce post.

vendredi 15 avril 2011

Full Sentimental

La joie de vivre qui se cogne à la verticalité des murs.

C'est ça en fait, le truc difficile à avaler. On a beau y mettre toute l'énergie qu'on veut, le monde marche sur la tête et il nous faut le regarder assis comme au spectacle, disons le, comme des bourgeois résignés qui préfèrent se la couler douce chez eux que sortir dans la rue et foutre le bordel.

Le mieux serait de détourner sagement la tête vers le côté ensoleillé des choses, se dire ok, c'est un jeu, jouons.

Tu aimerais vraiment, vraiment que tout bouge, que ça tectonique et que ça bascule. Tu veux décroître en choeur avec tes contemporains qui ont les idées trop savonnées, trop bien mises, tu veux les décoiffer d'un geste malicieux de la main les idées bien rangées.

Tu as cru en eux, en vous peut être, tu as cru que nous n'en resterions pas là, pas à des "c'est horrible" ,"c'est affreux". Déjà pour cette histoire de retraites tu avais un début d'amitié à l'encontre du début de mouvement. Mais à un moment donné, chacun retourne à son tiercé, il faut faire bouillir la marmite, oui madame. On va pas bouffer de la soupe de pavés, non madame. Et puis noël approche, j'ai trois enfants, ils leur faut leurs playstation, ou au moins la DS, de quoi ils auraient l'air sinon, les mômes avec un tricotin et trois oranges sous l'arbre de noël. Ce sont des enfants, vous ne voulez tout de même pas qu'on les laisse jouer dans le sable ou faire des roulades dans l'herbe, il faut qu'ils deviennent des CON-SOM-MA-TEURS.

Autant qu'ils apprennent vite.

La concurrence commence très tôt entre les êtres humains, déjà bébé, la poussette trois roues Vs le landau pouilleux chiné en brocante.

A 8 ans, petite bateau, IKKS. La tune, la tune, la tune.

Et toi qui te désoles, qui t'en veux d'être peut être réac'.
Et toi qui ne veux pas de cette danse qu'on te propose, qui refuses de te mettre au pas, qui reste sur tes positions d'écorchée vive, comme on dit pour se moquer de toi.
Et toi qui te fous bien de posséder quoi que ce soit.
Et toi qui uses tout jusqu'à la corde, à commencer par la patience des autres.

Oui, c'est vrai que c'est vrai... Il y a de bonnes raisons de rire, et vivre, danser un peu, sauter à pieds joints dans le tourbillon de la vie.

Mais il y a aussi tant de raisons de lui trouver un goût dégueulasse.

Chaque jour à la cantine, tu réprimes des "c'est dégueulasse", tu dois convaincre les enfants que non, pas du tout, manger des tomates en hiver c'est bon pour la santé, en revanche, les crottes de nez, oui, c'est dégueulasse alors t'es mignon et t'arrêtes maintenant. Merci.

Tu leur dirais bien, bonne copine, que oui c'est dégueulasse et que c'est qu'un début. Qu'ils n'ont encore rien vu, que la vie c'est pas les pokémons et que le mieux c'est de bien rester la tête dans la DS afin qu'il n'y ait jamais que les tomates d'hiver qui aient ce goût de flotte insipide.

La vie sociale aussi elle est à avaler avec une dose certaine de sauce pour en estomper l'amertume.

Le soleil engourdie la révolte, on est mou de l'indignation mais n'empêche: il y a ce que l'on sait et ce que l'on tait et tout ça, ça fait une jolie merdasse dans ta tête déjà bien encombrée.

Ps: tout ira bien tu verras...
Pps: Lisez Lola Lafon. Tout.

Votre Georges, amère sans plus.


mardi 12 avril 2011

Catherine Ringer ne m'a pas reconnue

Tu marches autour des halles pour rentrer chez toi et tu longes la terrasse d'un resto hyper prétentieux où tu manges des verrines d'émulsion d'Epoisses et sa croûte à l'escargot.

C'est ici que tu remarques un grossier chignon que tu reconnaitrais entre mille. Catherine Ringer in dah place. là tu sais pas quoi faire pour échanger quelques mots avec elle.

Tu te dis  que non, elle mange, enfin, qu'est que tu vas aller l'emmerder pendant son repas. Elle a surement envie d'être tranquille. Ouais mais en même temps tu vas pas la croiser tous les jours, et tu l'aimes beaucoup et tu pourrais aller lui dire, peut être que ça lui ferait plaisir.

T'y vas, tu fais fissa, tu lui fais signer un petit mot "à Georges, Catherine" une connerie comme ça et tu te casses faire ta crâneuse au bar de l'industrie (rue des godrans à Dijon allez y c'est super). Surtout que C.Ringer et les rita c'est quelque chose qui t'accompagne depuis toujours, c'est pas comme n'importe quel groupe que tu aimes beaucoup mais dont tu ne peux pas mettre une chanson sur différentes étapes de ta vie. C'est les rita, c'est Catherine, c'est la bande originale de ton film. T'as fait plein de duo avec elle sous la douche. Tu connais par coeur. Il faut y aller Georges!


Georges : Bonjour excusez moi de vous déranger pendant votre repas... hm

Un musicien : Catherine...

C.Ringer: Oui?

Georges : Bonjour

C.Ringer: Bonjour (pas de sourire donc là je me sens déjà super conne et intrusive)

Georges: Je vous dérange pas longtemps, je voulais simplement vous dire que je suis très admirative de ce que vous faites, j'adore votre voix, je vous ai vu sur scène, c'était un super moment...

C.Ringer : Merci (sourire, euh... aviné un peu je crois)

Georges : euh, c'est idiot et super relou mais euh... vous voudriez bien me signer un autographe s'il vous plait?

C.Ringer: ben le problème c'est que j'en fais pas... 

Georges: ha euh....

C.Ringer : Oui, je fais pas d'autographe.

Georges : ok ... salut, bon concert ce soir. 

C.Ringer et ses musiciens : Salut merci!


Imaginez tout ça avec un Georges qui tient son petit stylo feutre et qui fait sa tête de linotte aux joues rouges et vous avez à peu près une idée de la honte ressentie. 
Tu es passé par la case industrie pour noyer ton chagrin dans un café pris au comptoir t'avais besoin de dire aussi un peu de mal et de te sentir soutenue. Exactement ce qu'il s'est passé. 

Votre Georges, bien diminuée.

 



lundi 11 avril 2011

l'un dit, l'autre tait (à base de vannes pourries)

Le lundi, tout est permis. 
On peut se promettre de faire ce qu'on remet à plus tard depuis X temps. On peut se jurer de reprendre la course à pieds et de bien boire son litre et demi de flotte par jour. 
Ou, assommés que nous sommes par le diktat du [ventre plat + pas de graisse + plage = VRAIE FEMME]on peut aussi dévaliser le shoppi de toutes les boites de spécial K et se condamner à trois semaines de nourriture archi crade juste pour... Pour rien en fait. Pour être bien standard et plaire au plus grand nombre.  
Toi tu t'en fiches, t'aimes plus les spécial K, ça fait pétasse.
Tu préfères plaire au plus petit nombre, notamment à la personne merveilleuse qui dort chaque soir à tes côtés et qui s'accommode bien de toi et de ton corps en 8.

N'empêche pétasse ou non, le lundi tout est permis. 

Et, sans dec, tu reprendrais bien la course à pieds pas pour la plage, le ventre plat et tout ça, mais juste pour être épuisée deux soirs par semaine. Épuisée et fière, et courbaturée le lendemain, et dire quand tu ris comme la dernière des crâneuses: hin hin hin j'ai trop mal quand je ris, tu sais c'est parce que j'ai couru. oui, parce que tu sais JE COURS!!!

Tu penses à ta si chère et very important amie qui court seule dans le jardin du Luxembourg et tu te dis que c'est tout de même l'arnaque totale qu'en 2011 on puisse pas se téléporter. Aux techniciens du futur qui te lisent tu aimerais dire : Les mecs la 3D c'est raté, faites nous plutôt transplaner. Merci.
Alors, vous pourriez courir ensemble elle et toi, vous auriez tellement de choses à dire que les tours de lac et les tours de parc s'enfileraient comme des perles, ça ferait ni une ni deux.
Une, deux, une, deux. 

Mais non, il va falloir y aller seule à la course, ou alors investir dans une technologie bluetooth adaptée à la sueur, aux secousses des fous rires et la respiration hachée menue.

Si elle te lit d'ailleurs, tu veux lui dire qu'elle te manque que t'as envie d'un calin (maintenant qu'elle est tactile:) et de rire comme une idiote pendant des heures assises à une terrasse de café et avoir 12/15/19 ans être légères ensemble.

Le lundi tout est permis. Alors tu vas jurer façon normande convaincue que cette semaine va tout déboiter que tu vas décaniller de ton lit, et que la migraine tu la tues du regard, que tu vas passer du temps au téléphone avec ta meilleure amie, courir, écrire, pédaler, cuisiner, chanter, MAIS de grâce, s'il te plait, merci, arrête. Tu fatigues tout le monde avec ton spleen. Le XIXeme siècle c'est terminé.

St Charles Baudelaire, priez pour moi. 
Amen!!


jeudi 7 avril 2011

7.1/7.4

Chaleur malsaine
Trop et trop tôt
S'en réjouir ou non
Presque l'envie d'une pluie rafraîchissante
Presque...
Et la terre, encore, qui tremble
Et les mêmes, encore
...qui se cachent sous des meubles
...qui se mettent en hauteur
Est-ce qu'ils voient leur vie défiler sous leurs paupières closent qui supplient? 
Est-ce que c'est vrai cette histoire de vie qui défile?
Si oui, il faut travailler dès maintenant à se faire des beaux souvenirs
Si oui, il faut s'acharner à graver les couleurs, les lumières, le vrai et le faux, le sens de la marche, que rien ne se mélange
Ou si, tiens..."macédoine fulgurante"
Si non, c'est dommage. 
Et ça défile comment une vie? vite? non?
Et la lumière blanche qui appelle, qui dit vas-y viens, là bas c'est trop bien...

c'est avant ou après le défilé de la vie...?
Quel protocole pour cette cérémonie?

Combien pour ce poème, sur l'échelle de Richter?

Tu trembles à 1.1... tout juste si tu vibres. C'est dire si c'est plat tout ça




La photo n'a aucun rapport avec la magnitude du jour, mais tu l'as trouvée belle, autant que peut l'être une catastrophe..

mercredi 6 avril 2011

La faim

Un homme t'interpelle dans la rue, il porte le gilet bleu "action contre la faim". Tu lui dis que tu n'as pas les moyens, c'est vrai. Tu lui dis aussi que tu te sens active contre la faim, à ta façon. Que tu es responsable et mesurée. Que tu essaies de faire les choses bien.On se sent toujours un peu obligé de se justifier, de prouver que oui, on fait bien tout comme il faut, enfin, on essaie, c'est pas facile, Mr Owen.G.

Tu lui redis, des fois que ça soit tombé dans l'oreille d'un sourd, que tu ne termineras pas ce petit brin de causette par un RIB et une autorisation de prélèvement au cas où, il est prévenu.

Tu ressens le besoin légitime de voir que lui, que tu peux dès lors appeler Owen, est bien adhérent d'action contre la faim, il te sort une carte et d'autres aussi, WWF, MSF... Ok cool. Maintenant parlons.

C'est donc ce que nous avons fait, c'était dynamique et passionné, discussion à bâtons rompus, nous sommes tous les deux d'accord pour trouver qu'effectivement, on tire la chasse d'eau pour trois gouttes de pisses et que c'est de l'eau potable et que c'est écoeurant et que blablabla....

Pendant qu'on discute en grillant clairement au soleil, tu observes que passent à côté de lui, Mr Owen.G über impliqué et tout et tout... des gens qui portent des sac siglés, qui sentent bon la thune, qui eux, auraient bien besoin d'être convaincus. 

Tu lui fais remarquer et il répond : non mais attends, elle, jamais de la vie elle donnera.... Mais toi non plus, c'est bien ça le problème. Parce que toi tu sens la cantine et la marche à pieds, les économies de bout de chandelles et que même si t'es sympa et plus accessible que miss comptoir des cotonniers labellisée "dijonnaise" tu ne vas pas donner 7€/mois à action contre la faim...  En tout cas, pas pour le moment. 

le truc con, c'est que c'était un moment sympathique mais à la fin... il t'a quand même demandé un RIB. Et ce qui est désagréable c'est d'avoir à dire non pour de bonnes raisons et se sentir mal dans son froc alors que d'autres pourraient mais ne font pas.  Après avoir discuté sur l'air du "Nord Vs Sud". Tu te sens comme une connasse du nord qui veut pas lâcher son fric.

Owen.G. qui sent mon malaise: Ok Georges, tu sais quoi? ya que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, alors on se revoit quand tu veux! Take care! take it easy! (ouais Owen c'est un surfer tu vois)

Tu te casses avec le sentiment d'être une radine doublée d'une imbécile qui ne changera pas d'avis... Pour l'instant.

Regardez We Feed The world : le marché de la faim. 



Allez y mollo sur la chasse d'eau hein! Et sur la viande aussi (monomanie)

Votre bon Georges.

mardi 5 avril 2011

I m a loser baby






Tu as l'ambition sociale d'une huître, c'est ni nouveau, ni honteux. Tu cherches une petite case où te nicher, laquelle? Le credo de la chanteuse décalée qui chante faux et parfaitement occupé par Madame B.Fontaine. Donc non. Pas ça...
Tu t'es bougée pour avoir une licence et à un mois et demi du bol de sangria tu te rends compte qu'il n' y a aucun master que tu puisses poursuivre par correspondance. Il est évidemment hors de question et hors de budget de retourner sur les bancs de la fac tirer la gueule à des bébés Longchamp qui vont te taper des chewing-gum à chaque pause.

Là, tu as un début d'angoisse concernant l'avenir. Que faire putain? 
Tu as été très heureuse pendant tes années primeur, et avec ceci/ en vous r'merciant. Mettre des pommes dans un sac en papier en souriant ça t'allait pas mal. T'engueuler et t'excuser de t'être engueulée avec ton patron aussi. Ecouter des conneries du style : oh ben si les radis piquent c'est sûr, il va y avoir de l'orage... aucun souci. C'est à la longue, vider un deux tonnes tous les mercredi ... tu pensais bien qu'un jour ou l'autre ça allait mal se finir. 

T'es partie pour t'éviter la descente d'organes (ouais c'est crade l'idée, je sais). 

Et aussi parce que si tu n'as pas d'ambition sociale, tu as des velléités de voyages et c'est pas avec 800 balles par mois qu'on envisage un voyage à nouillork, non, non. Ni même de s'offrir un jour un appartement.... toussétruclà.


tu pourrais devenir dame de compagnie (on n'a pas dit escort). Faire du thé Glacé à des personnes riches, leur apporter les nouvelles du jour pour qu'ils restent à la page lors des diners mondains. Tiens... Une piste.


Georges, jeune fille saine de corps et d'esprit, propose lecture/thé glacé/partie de backgammon à personnes esseulées contre argent ou billets d'avion. Merci.

 Toutes idées seront les bienvenues. Ps: aucun truc scabreux merci... J'ai pas d'ambition sociale (ter), mais j'ai ma dignité hein!

lundi 4 avril 2011

Wild World

Hier sur le quai de la gare où tu confiais à un tas de ferraille un pedazo de tu alma, un enfant s'étouffait dans ses sanglots après s'être mangé une mandale par sa mère. C'était déchirant, parce que l'enfant n'avait plus l'age des caprice à la con, il voulait pas du lait, il voulait pas sucer un boudoir. Il voulait qu'elle retire son geste qui l'avait meurtri et choqué.
Tu as regardé le train partir en te disant, ça passera vite, vite, vite.
Tu as erré devant des magazines. Pourquoi pas un magazine? Tu n'es plus a un près.
finalement pas de magazine, tu fais fissa, les gens te soulent avec leurs valises a roulettes high tech (ndlb: avec celles là tu pars en voyage plus loin, et tes vêtements ne sont pas froissés, un truc de fou).

L'escalator est éventré et tu vois deux hommes qui, séparément, examinent ce que la bête a dans le bide. ça te fait sourire, cette curiosité technique, ce regard d'expert sur ce qui n'est pour toi que de la graisse, du métal, de la crasse, rien. ça ne te viendrait pas à l'idée de t'approcher pour te dire : ah oui, en fait c'est comme ça alors dans un escalator, tiens, tiens, c'est intéressant, ouh lala. 

Non. jamais tu ne l'aurais eu cette idée là. 

Tu penses à une balade mais l'orage arrive et il y a le souvenir de ton petit chat qui t'a regardé avec les yeux chargés de reproches quand vous avez franchi la porte, à deux.

Elle a eu son regard qu'on peut traduire par : ouais ouais, vous me la faites encore à l'envers, je vais rester ici à m'emmerder comme une rate, connasses. 

Direction la maison, tu es surprise de trouver sur ta route le même enfant qu'à la gare, ses parents te sourient. Tu ne souris pas, tu cherches le regard de l'enfant qui s'étouffe toujours autant, qui est assis plus loin, qui tourne le dos à ses parents, deux tuyaux de poêle qui doivent très certainement avoir un chien loup ou un Johnny H tatoué quelque part. ils sourient ces deux cons, et l'autre qui n'en peut plus de pleurer. 

Tu te sens tout à coup d'une fragilité insupportable. Parce que c'est un enfant, t'as envie de lui dire, viens ptit gros, on va taper dans un ballon, je te paye une frite, n'importe quoi pour te ressusciter le sourire. tu pourras me raconter si tu veux. tu pourras te moucher où tu veux, même ne pas te moucher du tout. On s'en fout. Juste une heure et je te rends aux tuyaux de poêle.

Comme c'est débile, comme c'est de la sensiblerie surement, on ne sait pas. Tu te casses. De chez toi, tu l'entends, jusqu'à ce qu'un bus l'emmène ailleurs.
Tu retrouves le sourire en faisant la surprise au chat qui déjà plantait des clous dans des poupées vaudous et avait allumé un feu du diable. C'est qui maintenant la connasse hein? Ah Ah ...

En fait non, elle dormait.

Tu as un sérieux souci avec les enfants qui pleurent, tu as un sérieux problème avec l'enfance piétinée...
Pourquoi?

samedi 2 avril 2011

En guise de bon week end

Tu as envie de lenteur et de temps devant toi. Une mer égale de temps qui te berce comme son propre enfant. 
Dehors, juste la bousculade des rues bondées, des jeunes gens bien mis, tous plus réac que leurs grands parents ne le seront jamais. 
Des poussettes qui crânent, rutilantes et ras la gueule de jouets et de doudous.
Poussées par un papa avec des bateaux au pied et un polo de naze.
Poussées par maman qui sourit aux anges, comme si elle avait découvert une terre inconnue. 
Des vieilles personnes perdues/Slash/Leitmotiv/Slash/ Thème récurrent.

Et tu pousses ta carcasse pour que les autres, les accomplis, aient bien leur place sur le trottoir. Tu t'écartes de leur chemin. Tu n'écoutes pas leur petites musiques, tu la court-circuites avec ta musique à toi.

La chanson de ceux qui ne jouent pas au loto parce qu'il sont déjà riches, que c'est impalpable, que c'est une sensation, comme ça, de toute puissance. 

Tu es bien. Tu es bien. Tu es bien.

Ivre de ta liberté imbécile, tu avances avec une hilarité béate chevillée au corps. 
Les gens te croisent, ils voient des lunettes noires, des fils blancs qui te sortent des oreilles et des dents qui sourient. Des dents avides de sourire. Des dents hilares qui se félicitent de leur poisson d'avril. 
Tu les as bien eus et tu te gondoles encore. tu sais que la joie est furtive alors quand tu la croises tu en profites bien. Peu importe qu'il y ait du public. 

Tu ris. Tu ris. Tu ris. 

Tu penses à des gens dont tu trouves la vie médiocre. Tu juges. C'est mal, c'est bien, on s'en fout, on s'en bat les flancs, on s'en cague, on se marre. Pas grave. 

Tu penses que tu es riches, que tu es riche, que tu es riche. Que ça te file entre les doigts, que c'est immatériel. C'est juste des regards que tu aimes et qui passent comme de l'électricité. 

C'est du haut voltage.

C'est de la haute voltige.

C'est la légèreté qui frappe à ta porte. toc toc toc...

"Entre, je suis là. Je t'attendais. Installe toi."