lundi 28 février 2011

1931-2011

Ta vie, ton oeuvre ...

A force de mettre tout en oeuvre pour avoir la vie que tu es supposée désirer, tu oublies cette autre vie, elle est devenue un rêve. C'est ta bohème des soirs de spleen. 
A force de bonne volonté, tu t'es décidée à faire en sorte que devienne ce que tu pensais être une passion dévorante, un loisir. Un hobby. Le mot à la con, de fin de CV.

C'est ce que les gens te disent sans cesse : on ne vit pas de sa passion Georges, tu devrais grandir.

Tu les feintes tous, héhéhé... tu grandis sans lâcher l'affaire.

Tu ne te vois plus dans une chambre de bonne, avec des mitaines et une vieille machine à écrire, accro à la théine et aux coquillettes, écrivant 8h par jour. 

Pendant longtemps, c'était douloureux de nier ce rêve. Aujourd'hui il te fait sourire. C'est ton autre toi. Celui justement des soirs de spleen. Celui qui veut rester toujours à l'étroit dans les fictions qu'il s'invente. 
Tu as de la tendresse pour cette personne de ton passé. Tu lui souris quand tu repenses à elle. 
Tu as changé de cap.

" vint un temps où le risque d'éclore est moins douloureux que celui de rester à l'étroit dans un bourgeon" dixit Anaïs Nin. 

Qu'on te croit ou non. Tu t'en fous. Mais tu le sais toi. Que tu écris, toute la journée, dans ta tête, tu graves des mots, tu les assembles, tu les Tétris.
Pour les personnes nées avant 1980 http://fr.wikipedia.org/wiki/Tetris 

Mais tu ne le fais pas courbée dans une chambre de bonne en écoutant ton ventre qui chiale sa mère de faim. 
Tu as choisi de faire un double cursus... Parce qu'écrire est comme une maladie, mais vivre est plus important. 

La tête haute, tu bombes le torse façon rouge-gorge et tu sors de tes schémas adolescents de solitude misérable. Tu te rassures de n'être ni seule ni misérable.
Tu casses tes mythes avec une méga masse... Tu as changé de mythologie. Mais tu gardes toujours le stylo comme arme fatale pour tenter de lutter contre l'opacité du monde autour. Tu as besoin de poser tout en lettres. De mettre tout en mots.

Avant, tu voulais une chose plus que tout. Aujourd'hui, tu veux TOUT. 

dimanche 27 février 2011

vendredi 25 février 2011

Bright and early for their daily races

Désolée si tout est en mouvement ici, c'est la tectonique des applications blog.
Tu ne sais pas toujours te décider, quelles couleurs? comment? alors tu tâtonnes avec plus ou moins de bon gout... Tu tâtonnes pour ne pas dire que tu galères. ça risque de bouger encore... Accrochez-vous!

Il est assez tôt, tu te demandes ce que tous les oiseaux sous ta fenêtre peuvent bien avoir à se raconter de si bon matin, surement des histoires de piafs :

- Hey les mecs! J'ai trouvé un arbre trop mortel là bas vous venez?
- Non, attends on réveille Georges et on te rejoint.

C'est l'heure du thé fumant et dehors commence la course folle des gens qui ont des choses à faire.
En 4x4 s'il vous plait.
A choisir, tu préfères les oiseaux et leur concerto de tout à l'heure. Tu nourris une rancoeur pour les propriétaires de 4x4 qui est telle qu'on pourrait la prendre pour de l'envie. Non. C'est juste un leitmotiv comme tu en as plein, tes petits agacements quotidiens. Tu en feras la liste ici un jour pour que vraiment tout le monde sache quelle peau de vache tu es.
Ils sont tellement propres, inappropriés à la ville. Un 4x4 dans ta tête c'est sale et déglingué, ça fait le Paris-Dakar (tiens, ça aussi ça t'agace, à propos), c'est dans les champs, la forêt, le désert, la neige. 
Ben non, c'est tout pimpant en ville, et souvent on trouve la parfaite tête de naze au volant qui te regarde comme une pauvre merde du haut de son promontoire social. 
Le thé refroidit et les voitures s'agglutinent dans la rue... 
Tu penses à un caneton qui a vécu à la maison 24 heures. Tu l'avais trouvé avec des amis et ta fiancée au Port du canal où vous jouiez à la pétanque et, en toute bonne logique vous l'aviez appelé ... Pétanque!

C'était une excellente idée et tu ne permets à personne d'en douter. Merci.

C'est une des rencontres les plus atypiques de ta vie (genre tu as 75 ans). 
Il a fini chez une dame dont tu ne sais rien sinon qu'elle travaille aux impôts, fréquente la même boulangerie que toi, a une ferme et se fait surement appeler "la cinglée" dans son village. 
Tu l'as recroisée après lui avoir donné le petit être adorable dans une boite de converse percée. Et quand tu lui as demandé comment grandissait Pétanque.
Elle a eu cet air effrayé (et amusant) qu'ont les gens qui ne te remettent pas du tout avant que tu l'aides : le canard...?
Ah ben, il vit sa vie de canard. 
Si on t'avait gardé Pétanque, tu aurais eu une vie de Pacha... et nous, une vie de merde au sens propre. 


 

jeudi 24 février 2011

Le nombril de Georges

Deux jours seulement après l'avoir mise en ligne, tu doutes de l'intérêt de cette page. 
Souvent tu visites des pages personnelles, des contenus de toutes sortes qui te font sourire derrière ton écran ou pas du tout, ça dépend. Tu as toujours pensé qu'il fallait un certain aplomb pour se donner comme ça à lire. 

C'est justement maintenant que tu doutes de ton aplomb. 

Dans le bus, il fait nuit, tout est différent, forcément. Tu regardes un jeune homme bien habillé qui ne cesse de renifler comme pour remettre en place ses lunettes sans monture. Ratatiné sur son siège, il porte un trench couleur camel, chaussures cirées, visage lisse, il lit un livre de William S. Burroughs. 

Au jeu du "qui lit quoi?" tu aurais eu tout faux le concernant. Tu lui aurais collé un Werber, c'est certain. Peut être à cause des lunettes.

En marchant (longtemps), tu te demandes à quoi ça rime tout ça. Ecrire, être ou ne pas être lue, par qui, pourquoi? ça fait peut être beaucoup de questions pour l'instant. Et des questions, on peut dire que tu en as déjà un bon paquet en stock.Il faudrait faire un tri...
Tu as pensé aussi à des gens que tu aimes et que tu ne vois plus, peut être que c'est pour eux que tu écris. Parce qu'ils te manquent. Leur souvenir te manque. 

Engluée dans des pensées nébuleuses, tu croises plusieurs fois d'autre personne sur un trottoir trop petit. Tu es toujours surprise par la gène occasionnée par ce micro évènement. Parfois, c'est à deux doigts d'exaspérer les plus pétasses d'entre nous genre : bon, on se décide ou bien?? tsssss

Non, on s'décide pas, tu préfères danser la javanaise sur le trottoir comme une imbécile heureuse. 

Après ton petit pas de deux, tu souris en pensant que si nous étions des chiens tout serait plus simple, on se sentirait poliment le cul avant de retourner à notre balade.

Tu n'as pas de souvenir heureux avec cette couleur de ciel en toile de fond, le gris mouillé et crasseux... Ou si tu en as, ta mémoire a éclaboussé tout ça de bleu. Tu n'es pas faite pour le temps pourri. 

Ce qui te rend un peu maussade aussi, c'est que tu n'es surement pas faite pour écrire un post par jour sur un support graphiquement pas super pour des lecteurs qui ne se manifestent pas. Pour le coup tu parles aux murs... 


Ton osthéo t'as fait craquer et t'as conseillé de te défouler. Tu as un besoin animal de te défouler. Lion en cage. Ce qui est une image stupide étant donné que les lions sont des branleurs.

C'était peut être ça, l'idée de départ, le blog. Te défouler. 

Pour un combat de free fight avec Georges envoyez "baston" au
8 22 22

mercredi 23 février 2011

Tout est merveilleux....

Le fait qu'on puisse réunir autant de figurants pour tourner des trilogies genre "le seigneur des anneaux" et qu'on ne lève pas le derrière des français pour défendre leur dignité et aller gueuler à qui de droit de débarrasser le plancher, ça te donne envie de dormir jusqu'à l'épuisement (tu es certaine que c'est possible). 

Mais toi, que fais-tu?
Tu devrais te méfier de toi, de tes jugements à la va comme j'te pousse, de ce que tu crois comprendre. Tu devrais surement aussi calmer ta joie et te dire qu'il y a une hiérarchie dans l'abus de pouvoir et que sur une échelle de 1 à 10, la Lybie c'est 12 et la France c'est 2...3. 

Toi tu vis encore dans le truc de l'école des fans, tu collerais un 10 à tout le monde sans traîner. hop, hop, hop...

S'il y a un sérieux doute sur l'intelligence de ton propos, sur les corps piétinés , sur les voix tremblotantes, sanglotantes qui appellent à la liberté il n'y a aucun doute. Tu es tellement admirative de ceux qui osent ne serait-ce que sortir de chez eux malgré les excités de la bombe. 

C'est bouleversant de courage mais en même temps, tu te sens empêtrée avec ton énergie qui tourne en rond dans ton ventre et qui n'aspire qu'à sortir. ça te donne des envies de tout voir exploser, ou, pour enployer un terme plus positif et ne heurter personne : de tout voir éclore. Enfin.
En attendant, C'est triste. Mais bon, c'est loin, on a qu'à penser à autre chose hein, je sais pas, le printemps, les fleurs, Christophe Maé, les bisounours aussi, c'est sympatoche ça! 
On va pas s'emmerder avec des crises de conscience, de toute façon, c'est bientôt l'heure des chiffres et des lettres...

Et sinon, tu la sens ma grosse rancoeur?

mardi 22 février 2011

Vieille conne

Petit jour gris et frileux.
Tu respires l'humidité de cette saison bâtarde. Les heures filent plus vite, à une allure folle pour tout dire, tu ouvres les yeux et il te semble que c'est déjà le soir, c'est simplement gris, et comme tu l'as déjà dit : frileux.

Quand on parle de ta génération comme de la génération zapping, tu ne peux qu'acquiescer.
Tu as beau employer des expressions d'avant guerre pour plaisanter tu restes une zappeuse folle, tu es l'observatrice fantaisiste de ton époque. Tu penses pouvoir interpréter les visages comme des paysages qui défilent. 
Tu es dans un train, tu en gères la vitesse. Tu crois tenir les rênes.

Aujourd'hui, tu as croisé des vieilles personnes qui semblaient perdues, à côté de leurs pompes, maquillage excessif sur des dames qui ont été sans doute plus belle que tu ne le seras jamais mais qui ont perdu la main pour se mettre le visage en joie.

La jeunesse qui dégouline, ça donne une grimace qui t'émeut, pas seulement parce que tu es facile à émouvoir, mais parce que tu imagines trop et trop vite. Tu te racontes des histoires, tu construis un monde autour de celles et ceux que tu croises et la fin de ton histoire est souvent triste. Tu as le gout du drame et celui de la joie. C'est un drôle de cocktail...

C'est comme si tu attrapais la peur des autres parfois, leur confusion, leur malaise.
Tout ça comme on attrape la grippe H1N1 ou la gale. 

Hier, tu ne voyais que la jeunesse arrogante de couleurs, d'apparence légère et avide de tout. 

Aujourd'hui, non. L'arrogance est restée à la maison pour jouer à la playstation ou à la xbox, l'arrogance traine au macdo où elle fait profiter tout le monde de sa musique qui n'en est pas. L'arrogance se remet les cheveux dans le sens qui fait cool et vérifie sa touche dans toutes les vitrines.

Parfois, à l'arrogance, tu lui foutrais bien un coup de pied au cul...

Tu veux pas plutôt t'insurger au lieu de claquer ton argent de poche dans des nuggets, hein, dis?

Tu as surement un discours de vieille conne avant l'heure, mais t'es rasée des jeunes peu impliqués qui mcflurrissent en ville. 
Mais on sait qu'il n'y a pas si longtemps, tu étais comme eux en pireLes témoins ne manquent pas.



lundi 21 février 2011

Blog me I am Famous avec une pointe de kikoolol

Tu apprends qu'à Gray, la ville où tu t'es ennuyée comme une vieille rate pendant ton adolescence, il y a dès lors un festival avec par exemple Philippe Katerine en tête d'affiche.

Bien que tu n'aimes pas ce dernier, tu as les boules en repensant que toi, à Gray, tu as vu soldat louis et Gold. ohé ohé capitaine abandonné. Concert offert par la ville. Véridique!

Aujourd'hui, tu es à Dijon, ça rigole plus. Depuis Gray, Dijon c'est un genre de New york.

La ville est de toutes les couleurs, vacances obligent, ça pullule de casquettes, mèches, baskets fluo, sacs longchamp, blush, vernis à ongles clinquants et aussi de "non mais trop pas quoi!", "carrément, j'avoue".

Chacun a lissé ses plumes, les bad boys ce sont fait des entailles au rasoir sur un sourcil. ça te fait penser aux New kids on the block. Il ne faut pas le dire, ça ferait l'effet d'une bombe, comme quand tes vieux te parlaient de leurs chanteurs vedettes et que t'étais embarrassée, même pas tu n'osais répéter leurs noms, comme si c'était une pure invention.

Mousta qui?? Moulou quoi?? Sans dec?

Tu prends le temps de te moucher très régulièrement et en pleine rue, suscitant des regards typiquement dijonnais "DIANTRE MAIS QUE FAIT CETTE GUEUSE".

Tu souris à un homme aux sourcils froncés qui te regarde examiner ton mouchoir façon NCIS, même pas gênée par la productivité paranormale de tes narines.

ça fait tâche au milieu de cette foule chamarrée qui s'emmerde sur des bancs en grignotant des pépitos et des nounours colorés. tu t'emmerderais bien toi aussi, mais tu n'as pas le temps.

Tu es occupée à te demander quel support conviendrait à tes petites fantaisies d'écritures. Ayant fait une fausse couche avec ce que tu appelais pompeusement "ton roman", autant bloguer. tout fout le camp, ma bonne dame, être écrivain, ça claque, mais nous sommes trop sur la liste.

Tu tournes cette lourde page, la page sur laquelle était écrit : je serai Anaïs Nin ou rien.
C'est peut être la déception qui te sort par le nez... ben si c'est ça, elle a mauvaise mine la déception.... et te donne une sale impression de gueule de bois.

Mots cherchent support: A votre bon coeur! Merci.


Végétative VS végétarienne

Tu as déjà vécu une petite journée dans ta nuit. Tu as dû te lever parce que tu avais des visions d'horreur. Ta petite guerre du moment contre l'élevage et l'abattage industriel de la viande. tu te sens sur-informée sur le sujet. Merci aux éditions de l'olivier de t'avoir rajouté ça sur la conscience. Il te restait justement un peu de place...

Tu voudrais oublier les images qui défilent toujours, ton imagination rend tout ça hyper réel. C'est du dolby surround, qualité HD.

Tu te colles devant des stupidités télévisuelles. Tu te dis en tricotant que le carnaval de Dunkerque ça a l'air sympa comme tout.

Une maille à l'endroit, un jeté, une maille à l'envers, récupération du jeté que l'on tricote à l'endroit... c'est la petite chanson que tu te chantes pour oublier qu'on coupe les pattes de vaches conscientes et que tu as rendu ton repas. Dégoutée.

Tu penses que ça va te mettre encore un coup de dire aux gens que tu renonces à la viande et au poisson. Tu vas passer pour l'illuminée de service. habituée, tu t'en fiches.
Pour sûr on va te sortir tous les trucs que tu as fait pendant trois jours avant de reprendre ta vie d'avant. Tu vas en entendre du "mais c'est n'immmpp" et des ricanements.
En regardant ton chat blottie contre toi respirer doucement, te faire confiance et s'endormir bercé par les aiguilles de bambou qui lui dansent au dessus de la tête tu te dis que c'est vraiment loin d'être n'imp.

Sandrine Dominguez t'explique comment entretenir tes meubles en rotin... Là, on touche le fond. Zappant à fond les manivelles, rien ne te convainc... Il est bientôt 6 heures du matin. A travers les persiennes, ce que tu appelles des persiennes sans certitude, juste parce que tu aimes le mot, tu vois la lumière changer.

Tu rejoins ton lit, attrapes la main bouillante de ta fiancée endormie et un petit cachet bleu au passage...

Rêvalité

Rêver, c'est un verbe très surestimé. On aime sans doute l'utiliser à la folie, passionnément quand on à 16 ans et qu'on a des rêves que l'on croit fous : se barrer au Népal en mini van, savoir rouler un joint potable et justement dosé, jongler avec des massues enflammées, fuguer pour la tournée des festivals, avoir une mobylette démarrage au kick et pot trafiqué.

C'est la période "dessine moi un mouton" et si t'as le temps, quelques dreads locks. Merci.
La période, où on colle des étoiles phosphorescentes et des lunes en pagaille sur le ciel de notre chambre. ce sont des mots qu'on aime, étoile, lune, katmandou, woodstock... On est gentiment cons quand même, non?

En fait, tu déchantes niveau "rêve". On peut même dire que ça peut être un frein à ton sommeil. Quand tu t'endors tu supplies ton inconscient de te laisser tranquille.

Tu veux du sommeil plat et sans course poursuite, tu veux que les morts restent où ils sont et que les vivants cessent leurs reproches nocturnes. Tu te laisses abuser par la rêvalité, ce mélange étrange de concret et d'abstrait.

Aujourd'hui, tu as dormi plus que de raison, parce que malade et mal embouchée. Tu as ta dose de rêves pourris.
Maintenant, les étoiles et les trucs qui scintillent, ça t'émeut vite fait en Aout, tu oublies de les regarder. Katmandou, t'as décroché totalement. Tu te demandes même ce que tu pourrais bien aller foutre là bas.

Tout, mais vraiment tout, t'amènes à la même conclusion : Tu grandis... il va falloir faire avec ça.


Friday mood

Assis sur le sol, il y a ce type que tu as eu envie de tuer une fois parce qu'il a fait pisser son chiot en lui hurlant dessus et en foutant un sacré coup de laisse à son autre chien.

Spectateur du désespoir.
T'as décoléré quand tu l'as vu à la pharmacie acheté son matos de shoot et du sirop pour la toux, mais quand même, pour toi ça reste "le mec qui a fait pisser son chien de peur"
Il te demande une petite pièce, tu le lis sur ses lèvres... tu lui souris, malgré l'histoire du chien et c'est déjà pas mal.

Plus loin, tu ne peux détourner ton regard d'une superbe paire de bottes cloutées qui marchent en ta direction, tu regardes vaguement la personne qui les portent. Tu as l'impression qu'avec des bottes comme ça on aurait peur de toi dans la rue parce que tu n'as pas le sourire de la blondinette glam-rock-cosmopolitan-biba-'p a lula be my baaaaby qui raconte ce qui pour toi n'est que du vent dans son blackberry.

T'as toujours eu envie d'être rock'n'roll, mais t'as pas une tête à ray ban, ni un cul à slim. Dans un froc en cuir tu ressemblerais surement à une échangiste de province et avec une coupe de rockabilly, minifrange et teinture noire, là, tu ressemblerais à une maitresse SM. Pas la peine de rêver d'en rêver.



Tu arrives devant l'école et tu remballes ta musique. C'était pinback. C'était bien. 

En entrant dans la pièce où se trouvent tes collègues de travail tu lances un "saluuuut" authentiquement enthousiaste. Tu ne le juges pas surfait, juste joyeux, un salut de vendredi/veille de vacances peut être. Et là, tu entends la petite phrase qui se veut sympathique mais que tu n'aimes pas du tout : "ben dis donc... elle en forme elle ah ah ah !"

Elle,c'est toi... et en effet tu dois être en forme parce que tu ne relèves pas et continues sur le thème de la joie en lui demandant (connasse comme pas deux) : Alors tes partiels? hin hin....

Si vous êtes du genre à dire ça, le truc "elle est en forme", la variante "elle est au taquet aujourd'hui" sachez que c'est agressif pour la personne qui le reçoit un peu comme : "ouaaaa la gueule que t'as, t'es malade?"ou encore et c'est le dernier exemple: "Oulah, t'as pas dormi toi hein..."

ouais j'ai baisé, et toi?


Vive le son du canon

Certaines de tes peurs d'enfant ont quasiment disparues.
Tu ne finiras pas seule avec des dizaines de chats à trainer en charentaises dans une odeur âcre de pisse.
Tu ne deviendras pas accro au canigou.

Les enfants ne te verront pas comme la dame qui fait peur et qui pique, là bas, au bout du petit chemin boueux où l'on ne s'approche que pour gratter des bonbecs le soir d'halloween.

Tu ne les accueilleras pas avec une 22 long rifle. 

Tu as revu l'enfant d'hier, qui t'as dit : "c'était cool ton peace and love" en mangeant du riz pas cuit.

Tu as écouté du rap en te méfiant de ta démarche, tu connais ta tendance à valdinguer au premier boom boom. Tu sais que t'es cap de chalouper comme ça pour rien, paf!
Avant tu faisais la guitare électrique avec ta main droite, genre, je gratte des cordes, mais un jour tu as croisé quelqu'un qui faisait pareil mais à la batterie, tu as stoppé net.

Tu vois des affiches sur les murs qui annoncent une manifestation de soutien aux peuples d'Orient. T'es ok avec le principe mais tu organiserais bien une manifestation sur fond de "DEGAGE", "CASSE TOI PAUV'CON".

Tu seras quand même là samedi à 14h30, faut pas déconner.

On aime l'arabe en colère quand il est loin. ça te choque, surtout de la part de toutes ces personnes qui ce sont "indignées" entre la poire et le dessert un soir de réveillon.
L'indignation, tu la trouves pleine d'arthrite et tu lui secouerais volontiers les puces...

ça fait penser qu'avant d'être indigné, il s'agirait d'être digne.
tu dis ça... tu dis rien


Bipolaire, tu disais?

Tu marches dans la rue, la jupe au vent, les yeux qui donnent leurs plus belles nuances du bleus au gris... comment seigneur peuvent-ils faire ça!?
et dire que sephora n'est même pas dans le coup. 
Sous tes yeux cependant restent quelques cernes, larmes tout juste séchées d'un semestre décevant.
Tu t'en fiches.

Un homme te siffle du haut de son échafaudage.

Tu t'en fiches.

Chaque jour tu y as droit, chaque jour tu te demandes s'il sifflerait de la même manière une chèvre... tu n'as pas de chèvre sous la main pour faire l'essai.

Tu t'assieds en terrasse, le soleil inonde ton visage et tu regardes les gens qui osent se regarder entre eux... Tu les regardes d'un oeil seulement, le plus courageux des deux. de l'autre, tu écris calmement des mots niaiseux...

Tu croises un enfant que tu connais, dans l'esprit Dirty dancing tu la joues "c'est ton espace/c'est mon espace" tu lui souris sans l'approcher en lui faisant un V de hippie avec deux doigts, il te répond par le même geste, heureux que tu n'aies pas fait la chiante à lui dire des trucs de vieilles personnes. Style : ben alors t'attends ton bus? alors qu'il attend de toute évidence un bus...

Tu entres dans une boutique de matériel HI-Fi, pour ne pas faire de publicité, nous l'appellerons, KNAC (ouais je sais...), tu te lâches sur une superbe micro chaine au son qui tabasse.

Là, tu vas pas trop tarder à aller boire des verres avec des gens que tu aimes, parce que tu as quelque chose à fêter... La future obtention de ton prochain semestre.

Do not Disturb

Tu as eu envie de marcher jusqu'à épuisement et tu aurais dû le faire... à chaque pas effacer une trace de contrariété, de celle qui collent bien aux basques, récalcitrante au détachant avant lavage. Au lieu de cela tu as fait du sur place et tu as patiné seule dans les méandres de ton cerveau foireux.

Dans la rue les gens sont d'une brutalité qui te surprend. 
Par exemple, cet homme de France Loisirs qui veut que tu souscrives à ce que tu n'as pas très bien compris, auquel tu réponds "je ne sais pas lire"pour en finir et tracer ta route, remettre ton écouteur pour ne pas rater un excellent passage de Buck 65 et ne plus le calculer.

Ce naze se plaint de ton excuse entendue un milliard de fois dit-il t'obligeant à te retourner en soupirant avec un rictus qui l'a déjà tué 10 fois.

J'aurai pu être plus originale c'est vrai et lui conseiller de se le mettre dans le cul son catalogue de merde...

Tu marches encore et entres dans un magasin,on te fait remarquer les calories contenues dans tes achats (de quoi je me mêle) pendant qu'un homme soule la caissière avec la ritournelle usée et épuisante, "l'€uro nous a bien eu ah ah cette bonne blague "(ouais mec, ça fait dix ans, remets toi de ça quand tu auras terminé ton club sandwich rosette/cornichons).

Tu reprends ta route en te disant qu'on est tous plus ou moins de guingois, tu te rassures lâchement sur l'air de "y'a pire que moi".
Tu dis bonjour à la boulangère, tu tiens la porte à la vieille dame.
tu rentres dans un appartement dans lequel rôde un chat et tu le serres contre toi. tu échanges ta fraicheur humide contre sa chaleur radiatesque.

Ronrons VS tête de cochon.


My Funny Valentine

La série skins est sponsorisée par clearasil, ça fait partie des blagues qui n'en sont pas mais qui ne manquent pas de t'amuser.

C'est le jour où la pluie se décide à ne pas faire semblant que les bus font grève et que tu te ramènes au travail avec une belle tête de linotte trempée jusqu'à l'os.
Tu regardes ta pile de livres à étudier et ça te fait comme un shoot d'anesthésiant pour éléphant. A peine réveillée, tu te rendors.

T'as reçu un vilain texto et une vilaine nouvelle qui t'as mis le coeur en purée mousseline. Il ne serait pas un peu connard en ce moment, le sort? c'est ça, non, le truc des anciens, coquin de sort.

Le coquin d'avant est le connard d'aujourd'hui.

En tapant des mots que sans doute personne ne lira, tu écoutes la petite trompette dans ton nez qui fait son solo comme pour t'annoncer que les ennuis respiratoires ne sont pas terminés.
T'as des mots à ne plus savoir quoi en foutre mais tu les utilises à raconter des histoires de nez qui sifflotent.
Tu as peur des grands évènements. Tu les gardes pour le soir, quand tu flippes toute seule et que tu as tout à fait le droit d'être effrayée.

Tu ne connais pas de Valentin, tu n'as donc pas le coeur à la fête.
Tu vas te raconter une histoire ce soir, là même que tous les soirs : "il était une fois un lendemain qui déchire et une héroïne pleine de courage..."