Georges

Georges

mercredi 7 septembre 2011

Unbreakable

Minable toute la nuit et invincible le lendemain matin. 

Tu files passer tes deux partiels de la honte à Besançon. Dans le bus qui t'accompagne au campus tu t'installes en face d'une femme que tu as connue dans des conditions amusantes dont tu t'es souvenu il y a peu. 
Tu étais en terminale et tu sortais souvent dans la boite gay de le ville. Tu y faisais tout et surtout n'importe quoi avec Sweety, complice du pire. 
Il y avait cette femme un peu trop âgée pour toi. Appeler ta nana "maman" Non.
Voire beurk. 
Chaque samedi, à l'heure des slows c'était le même bazar pour dire que non, tourner en rond c'est pas ton truc, hors de question.
Quand tu as finalement accepté, c'était sur la chanson "paradis blanc" de Michel Berger et là... Tu as eu droit à la sérénade au creux de l'oreille.
Full malaise, quoi.

Après ça, tu es resté son "paradis blanc". Elle t'a offert une rose blanche plus tard dans un café que tu fréquentais beaucoup aussi avec Sweety. 

Suite à des soucis financiers, tu avais chialé auprès de l'assistante sociale et tu t'es retrouvée à manger à la cantine gratuitement.

Oui, ça peut faire marchande d'allumettes.

Bref, c'est comme ça que tu t'es rendue compte que la dame de cantine qui te refilait ta louche de purée gluante comme une gentille maman avec une blouse, n'était autre que ta chanteuse. 
Full malaise ². 

Et ce matin, c'était comme un présage rassurant cette femme en face de toi. 
Regardée et reconnue à la sauvette. 

Sur ta cuisse, ta main a improvisé une danse sur The Doors. Discrètement. 
Ne pas attirer l'attention. Ne pas chalouper. 
Droite dans tes baskets, tu tourbillonnes dans ta tête. 
Pogo mental en boite crânienne.


Arrivée sur le campus, tu es désinvolture et tu es pondération. 
Tu es nuit blanche, tu es vitalité. 
Tu es invincible.

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