Georges

Georges

lundi 22 août 2011

Street Spirit

Tu payes une note au bar.
Tu te retournes sur un homme et son chien qui te regarde. 
Pas le chien. 
Il fume dehors, ses yeux insistent. 
Là, tu te souviens de tout. Des joints partagés, des bouteilles de whisky qui passent d'une main à l'autre, des aventures rocambolesques, une arcade sourcilière éclatée contre une marche en pierre, du sang parterre, sur son visage,  des pilules contraceptives vendues pour de la drogue.

Son nom est un prénom, si bien que tu n'as jamais su s'il s'appelait Jean Pierre ou Pierre Jean*.

Ton dernier geste pour lui, du désinfectant sur son œil et un coup de fil au samu. 

A cette époque tu te trainais une fille déjà morte.
Association de malfaiteurs, magnétisme pour épaves, tous les errants devant votre porte.


Un vague sourire échangé et chacun a repris sa direction, toi avec ta putain de dalle de vivre, ton amour en bandoulière et un avenir loin des descentes au goulot assise sur le pavé. 
Lui et son chien, son sac, sa route devant lui. 

Parfois l'impression de stagner te hante, et voilà  une occasion de voir combien tu avances à pas de géant. 
C'est vrai aussi pour ce garçon, qui ne savait pas vivre.
Il assure maintenant sa survie et celle de son chien.
Il a de belles boucles rousses tombant autour de ses yeux rieurs et quelque part, une cicatrice. 



*Afin de préserver l'anonymat ... blablabla. 

4 commentaires:

  1. J'aime !

    Aujourd'hui c'est repos, et qui dit repos dit lecture de ce blog ! Ca faisait longtemps que je n'avais pu te lire, ça m'a fait du bien !

    (dis il y a de nouveaux Mercredis cette année, je suis toujours partante pour une journée somewhere)

    Ta cousine,
    L

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  2. Je me rends compte, trop tard, de la bizarrerie de mon commentaire désinvolte à propos de ce texte troublant... C'est la fin qui reste en mémoire et cette fin est belle, à sa façon...

    D'ailleurs, je peux voir, par avance, que le mot-de-vérification-de-mon-statut-d'humaine-et-non-de-machine-me-permettant-de-t'écrire-en-toute-sécurité, est : "evadante" !

    "Évadante" : c'est bien ça ! Tes textes sont toujours très personnels, souvent troublants, ils n'en restent pas moins évadants...
    Tout est une question de point de vue.
    (Je n'ai certainement pas les mots justes, je m'en excuse)

    Je t'embrasse !
    Ta cousine,
    L

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  3. Mais non, pas désinvolte.
    On fait une promesse? Tu ne t'excuses plus! ;)
    Je t'écris un mail bientôt...
    Des bisous ma cousine. Love you/

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