Georges

Georges

lundi 8 août 2011

Réac'Georges

Tu écoutes Creedence clearwater Revival avec une envie inconséquente de chiquer du thé pour cracher du darjeeling tranquille dans la pampa en lissant tes moustaches.

T'as déjà entendu parler des virgules?

Hier, tu as passé toute la journée au lit, à essayer de travailler une vision baudelairienne de la convalescence au lieu de pester sur la migraine, en plein délire codéiné.

Les mâchoires et les tempes et les poings serrés.

Crise de manque, manque de calme.

Tout à l'heure alors que tu parlais de ta vie de migraineuse à la pharmacie, tout le staff s'est mêlé de la conversation, c'était surenchère de proposition de médicaments.
Là, t'as senti l'excitation les gagner, ils pouvaient y aller de leur connaissances encyclopédiques des mollécules, révision du Vidal, la page migraine est parfaitement connue des étudiants et pharmaciens en poste.

Tu as bu ton café en regardant la jeunesse réactionnaire s'acharner à être standard et rangée. Les uns exactement à l'identique des autres. 
Tous pareils ou presque.
Leur combat : mettre ou ne pas mettre la table.

"J'te signale, maman, qu'au mac do je débarrasse, maman, alors quand tu te décideras à foutre ta bouffe dans du carton on s'en portera tous mieux, maman, et t'en auras plus marre de débarrasser mes ordures "
  
Mini mâle cherche mini femelle pour se mélanger la langue et le reste en alternance avec fumage de clopes à la fenêtre d'une chambre qui sent le propre et la gentille maman.

C'est la famine en somalie, on en parle pas dans les inédits de l'été de toutes les émissions de merde qui n'oublient pas d'être débiles pendant les vacances. On parle du rêve, d'Abou Dhabi, de plage et du business de la tong, des Crocs.

Au milieu du Closer de Joe la mèche on colle un enfant rachitique dans une bassine, pendant deux secondes, compassion, oh le pauvre, vite vite tournons la page pour savoir quel maillot de bain mettra le plus ma silhouette en valeur. 

Putain mais c'est des malades chez Lagardère de coller des morts de faim entre deux pages d'incitation à la consommation.
Ils nous font flipper avec leur connerie de famine alors que c'est l'été. 

C'est sûr, l'été on préfère se secouer un bon vieux Shakira en sirotant un mojito que de se confronter à des cas de conscience. 

Ce monde est tellement malade et minable. 

Tu en fais tellement et trop partie. 

Georges,d'une mauvaise foi évidente


4 commentaires:

  1. Mon père, au demeurant un homme bon, disait à ma mère : c'est pas parce que je reprends du gratin dauphinois que les petits biafrais auront moins à manger. C'est pas con sauf que le gratin et les mojitos ont ceci de commun que tu t'endors après, et ta conscience avec. Ma mère, elle, filait des gros manteaux au Secours Catholique "pour les petits biafrais". Ca pouvait tout au plus leur servir de tente. Pour toute la famille. Avec les couvertures en patchwork, ils étaient drôlement bien meublés pour mourir. Bon tout ça pour dire : que faire ?
    Piquer leur salaires aux footeux du PSG ? Prendre en otage tous les jeunes connards qui sont en train de se shooter au Jeroboam à Ibiza ?
    On est un peu démunis, non ?
    La terre tourne à l'envers.

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  2. Tu me demandes que faire? Mais.. râler chère Plume!!!
    Je ne sais pas quoi faire mais l'indécence de certaines situations me déprime. tu vois?

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  3. C'est guère mieux, entre des chiffres et des lettres et Questions pour un champion, que les pubs pour culottes anti fuites urinaires, pour les monte-escaliers électriques, les cures de balnéothérapie et la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge). Là, tu prends cent ans d'un coup. A moins que ce ne soit la peur de ce qui me guette!

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  4. Tu sais à quel moment je prends 100 ans? Quand je vois une renault 20, comme hier. C'est la voiture de mon enfance, celle de mes parents était bordeaux, celle d'hier, mordoré, ce qui ajoute à la splendeur de ce voyage dans le temps :)

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