Georges

Georges

lundi 20 juin 2011

Un week end...

Vendredi spectacle de l'école. Tu as vu certains parents, tu as compris certains comportements d'enfant. Tu as fait ton spectacle brouillon, tu as été fière de ces enfants qui te courent dans les bras après un bon shoot trac + adrénaline.
Tu leurs dis pour que ça reste bien : Je suis fière de vous, vous étiez beaux.
Tout le monde se sourit, se parle, les parents, les animateurs, pas les instits...
C'est vous Georges? Oui, oui... 
Nous sommes tous en plein collage de prénoms sur des visages dont on a entendu parler.
Ce moment tu l'as tant redouté, pourtant il est là, simple et détendu et tout se passe bien.
En rentrant, dans le bus, un homme perturbe ta communion musicale en tapotant sur le siège libre à côté de toi. C'est agaçant et quand tu es agacée, ça s'inscrit sur ton visage, dans ton regard que tu plantes dans celui de cet homme, scout grandi trop vite coiffure Frédéric Lefebvre, mais surtout, oui surtout, aucun talent de percussionniste. Il retire ses mains du siège, tu retires tes yeux des siens.
C'est un western.
Tu entends son abruti de copain qu'il a dû rencontrer chez les scouts dire : ouais mec, t'es en France, tu ne peux pas envahir l'espace social de qui que ce soit dans le bus, ça ne se fait pas!
Ces 5 derniers mots il les martèle, tous les deux ricanent et tu as pendant une seconde envie de te retourner et de leur faire la bise, pour voir, comme ça... Qui a un problème avec l'espace social. Hein?
La vérité c'est que tu as un problème avec les bruits parasites. Les percussions sur les sièges de bus par exemple.
Là, tu reçois un texto de ton frère et c'est bien, vous allez vous voir quelques minutes en gare de Dijon, pas loin de chez toi. Tu réponds aux textos oubliant direct les deux chafouins du fond, et tu te lèves, tu as envie de finir le chemin à pieds, tu as envie d'acheter des fleurs.
Tu laisses ton portable dans le bus vibrant comme un abruti sous un siège ou ailleurs.
Tu rentres chez toi, les pivoines désolées. Tu fais opposition.
Ce n'est qu'un portable. Allez...
Tu rates ton frère, il pleut beaucoup trop. C'est triste, tu sais que même en vingt minutes vous auriez ri, il en faut pas plus... C'était même large.


Samedi, nouveau portable sans numéro. Pas de carte bleue pour le payer, à la maison, on retourne tout, pas de CB. Nulle part. Ben tiens, on va faire opposition.
Plus tard tu as beaucoup ri en jouant avec des amies à rester stoïque en mangeant des cacahuètes au Wasabi. Tu as ri des larmes de moutarde japonaise, les joues rosées. Tu as raccompagnée Isa sur ton porte bagage et c'était drôle, comme ça l'était enfant.
Jusqu'à très tard tu as lu et terminé le livre de Patti Smith. Dans le noir, ensuite, tu repensais aux mots, tu n'arrivais pas à dormir...
Tu pensais aux tiens de mots, que tu donnes à lire sans les travailler, sans chercher de parfaite concordance entre l'image, le mot, le sentiment.

Tu donnes des fulgurances maladroites à lire et se rendre compte de ça, ça bloque un peu. 

Tu t'es réveillée sur un dimanche ouaté, somnolent, un dimanche de douleur et de paranoïa.
Tu te retournes dans le noir, dans un lit aux draps froissés que tu serres contre toi, tu te  remets de la "rêverie" précédente qui n'a de féérique que le nom.
Le temps passe et tu ne fais rien. Cette journée t'échappe, elle est ce point entre tes deux yeux. minuscule et fâcheux, qui tape et t'empêche de faire en sorte que ce jour compte.
Qu'il ne soit pas juste une plage de 24h occupée à dormir, rêver et avoir peur de tes rêves.
Photophobie... ennui.

En relevant ta boite mail tu trouves un message : votre carte bleue était dans les remises de chèques avec votre carte fnac... Alors des inconnus ne pensent pas forcément à s'acheter un piano, un billet d'avion ou un chat égyptien quand ils trouvent une carte? Cette personne t'as rassurée pendant quelques minutes sur cette communauté de gens qui ne sont pas toi, desquels tu te méfies...
Sur elle, tu ne mettras jamais de visage, peut être que tu croiseras plusieurs fois à Dijon cette personne qui, un soir d'orage, alors que peut être ça n'était pas sa route, à choisi d'aller à ta banque déposer tes affaires perdues, les pivoines dans une main, alors que tu fouillais dans ton sac en espérant  retrouver ton téléphone.

La dernière personne que tu as appelé est ton frère. La dernière chose que tu as payé, des pivoines. Ne retenons que cela, et passons à cette autre semaine.

3 commentaires:

  1. Tous ces mots me rassurent...
    On est humain, on aiment pas les autres (surtout les scouts et les abrutis) mais certains nous font mentir et meme culpabiliser parfois...
    Les fetes d'ecole, c'est bien...
    Content de lire ceci pour la forme et pour le fond...
    Je ne veux pas te harceler mais j'aimerais vraiment qu'on se le prenne, ce café....
    Le becot.
    G.

    RépondreSupprimer
  2. Moi, ce sont les papiers que l'on froissent ou les gens qui applaudissent avant la fin du morceau de musique!

    RépondreSupprimer
  3. Oui, il y a vraiment de quoi se rassurer sur la nature humaine Gueurn'.
    T'inquiète, on va le boire ce café!

    Calyste, ça aussi ça m'insupporte!!

    RépondreSupprimer