samedi 12 avril 2014

Repartir

Il a fallut des mois pour comprendre ce qui n'allait plus avec ce blog, ce qui me faisait ressentir une attaque d'ennui féroce à chaque tentative d'ouverture de cette page. 
Hier, j'ai pris le temps de relire des textes. Un grand nombre de textes. 
Une bonne partie d'entre eux m'a mise mal à l'aise, dans un sentiment proche de la honte même si ce mot, au réveil, me semble trop fort, pas assez doux à l'égard de son auteure. 

Après analyse, j'allège la sentence et je comprends le malaise. 

Ici, ça daube la zone de confort, les souvenirs cotonneux de dépression, de valium bonbecs bouffés par poignée, d'amour fou, éternel, débile. 

J'y retrouve autant de certitudes qui ne tiennent plus à rien, qui ne sont même pas des déceptions. 
Reporter officielle des heures mortes et du vide, le temps de l'encre qui parle aux murs, les kilomètres de tortillons qui se dandinent pour donner une valeur à l'ennui. 

La guerre perdue du pilot V7 Versus le monde. 

Grandir et renier. 
Grandir et ne plus vouloir de la mélasse gluante qui colle les ailes de mon vaisseau. 

J'arrête là. 
Je vais partir ailleurs, raconter autre chose, tourner la page de trois ans de griboullis. 

A girl called rien du tout. 
Je ne sais plus qui est cette Georges. 

Alors que j'ai tout quitté, tout ce qui rassure. 
Alors que je suis enfin sur le fil qui mène à la magie des attaches perdues et des nouvelles têtes, revenir ici c'est ressentir le poids du malaise. 

La suite ne peut pas se trouver à un clic des épisodes précédents. 

Ailleurs, j'y serai. 
Je te tiens au courant. 






lundi 24 février 2014

Sans intérêt

-Il existe des tee shirt joy division Unknown pleasure à 325 €. Dingue quand on voit qu'on en trouve des identiques à 11 balles. 

- Le maitre des illusions, roman de Donna Tartt dont m'avait beaucoup parlé Mattia est vraiment un bon roman, je commence, c'est un avis prématuré mais sache qu'on y lit ce genre de chose : 

« Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles. C’est une idée très grecque, et très profonde. La beauté c’est la terreur. Ce que nous appelons beau nous fait frémir. Et que pouvait-il y avoir de plus terrifiant et de plus beau, pour des âmes comme celles des Grecs ou les nôtres, que de perdre tout contrôle? Rejeter un instant les chaînes de l’existence, briser l’accident de notre être mortel ? [...] Si nos âmes sont assez fortes, nous pouvons déchirer le voile et regarder en face cette beauté nue et terrible ; que Dieu nous consume, nous dévore, détache nos os de notre corps. Et nous recrache, nés à nouveau. » 

 - J'aimerais écrire mais je n'ai pas de connexion internet et ça complique beaucoup l'inspiration. Les balades et la vie me permettent l'introspection, alors je remplis des pages autour de mon nombril, lequel est las, je te l'avoue, de ces gribouillis égocentrés: où suis-je, où cours-je, dans quel état j'erre...
Une connexion me manque pour les défilés d'images tumblr, des vidéos DIY, de la musique noise et post rock, les furieux coq à l'âne et tout ce que tu dois savoir...

- J'ai déménagé il y a 10 jours, j'avais oublié combien c'était difficile de se faire au changement. J'avais une très haute opinion de ma capacité d'adaptation. Les choses ne se font pas comme ça, on est comme une affiche froissée qui ne ressemble plus à rien, qu'il faut remettre en état, étirer, lisser avec le plat de la main. 
On est bien incapable de mettre des mots là dessus. C'est un processus (je regarde "processus" sur wikipédia) :

"Le mot processus vient du latin pro (au sens de « vers l'avant ») et de cessus, cedere (« aller, marcher ») ce qui signifie donc aller vers l'avant, avancer. Ce mot est également à l'origine du mot procédure qui désigne plutôt la méthode d’organisation, la stratégie du changement."

Aller vers l'avant, avancer. Voilà, oui. 
C'est surement ce que je trouve "nouveau", moi qui suis la princesse rétroviseur autoproclamée. 

- Bon, 10 jours, c'est court, mais ma patience est minime.

- Si tu as des codes wifi orange, tu peux les envoyer à agircalledgeorges@gmail.com en échange de quoi tu pourras lire des textes qui parlent d'autre chose que Me, Myself and I ou alors qui parlent toujours de ça, mais différemment.

- Prends soin de toi. 

- L.O.V.E

samedi 1 février 2014

Horse year

*Les derniers jours t'ont appris que c'est en invoquant la raison qu'on met un terme au tourment d'un coeur trop mou, essoré bien que volontaire.
Il faut t'attacher à être le plus près possible du concret, du tangible, de ce qui peut être raisonnablement expliqué, puisque les sentiments sont à ce point subjectifs que tu considères que ça nevaut plus la peine d'en parler. 


*Des mots identiques répétés dans un autre ordre ne peuvent pas mener à une conclusion différente. 

*A qui s'en prendre lorsque rien ne se passe comme prévu? A personne, parce qu'il est de plus en plus urgent de se pardonner, de se féliciter malgré tout d'avoir cru possible l'agencement harmonieux de tout.

*Tu as payé ta première amende de tram. tu le sentais, ça se sentait, on ne peut pas l'expliquer, un pressentiment : "tiens, c'est peut être aujourd'hui, le jour de l'amende" .
En 10 ans, tu as eu le temps de penser à ce moment, de te dire que ce serait pénible et vaguement humiliant, parce que non content de te mettre ton amende un contrôleur se prend parfois pour ton père et se met à t'expliquer que franchement, tu sais, si tout le monde fait comme toi, sans dec... on va jamais s'en sortir. Remplis ton papier, prends mes thunes et ne me raconte pas ta vie.
Enfin, là, non. Il est cool, limite désolé de me mettre en retard avec ses conneries. 
Et moi, je me dis que cette mascarade est significative : 
_ Dijon n'en peut plus de ma gueule et ne me protège plus des contrôleurs, il est temps de partir
_ 44 € pour 10 ans de transports... JE gagne. Large.

* Seule attablée à une terrasse, tu as regardé passer des jeunes filles enroulées dans des mètres d'écharpe en écoutant the XX sous une chape de ciel gris. A côté de toi, deux dames assez âgées pour que tu les appelles des "Dames" se demandent s'il est l'heure d'un café ou d'un jus de tomates dans une conversation qui semble importante.

* Tu entres dans une librairie tourner les pages de lourds volumes. Comme on s'envoie de l'eau fraîche sur le visage au réveil d'une sieste, tu te soules d'images, comme pour te provoquer un syndrome de Stendhal .

* L'étourdissement volontaire te semble être une réponse honnête à l'engourdissement involontaire de tes capacités intellectuelles. Parce que tu n'as pas lu depuis longtemps, que tu n'as pas découvert, rêvasser, tu n'as pas eu cette bonne utilisation de l'oisiveté dont tu connais pourtant la recette. 

* Il va être grandement question de se ressaisir au lieu de cette perte de temps consacré à la cristallisation, à la sentimentalité exacerbée, l'enculage de mouche, le fol espoir.


* L'ennui ne te mérite pas.






mardi 21 janvier 2014

Retour à la citadelle

Je suis à 5 jours de faire mes adieux à la vie dijonnaise, 10 ans après y avoir vécu mes premiers mois avec réticence. 
Lorsque je suis arrivée à Dijon, je rentrais de Marseille. j'ai vite trouvé la dame trop propre sur elle, trop calme et puis, j'ai appris à l'aimer jusqu'à l'adoration, je la défendais bec et ongles contre tous ses détracteurs qui lui reprochaient d'être froide et guindée.  
Je suis tombée dingue de la pimbêche moutarde, toile de fond des atrocités mentales que j'ai trimbalées dans ses rues crâneuses et sur les terrasses des cafés où s'est si souvent produit le miracle de la transformation de caféine en torrent de mots.

L'époque des fulgurances, des convulsions de stylo, des hoquets d'un chagrin porté comme un uniforme dans lequel je ne rentre plus désormais.  

L'époque du malaise verbale qui pousse les jeunes filles qui ne savent plus ce qu'est le confort moral à s'épancher sur des kilomètres de cahiers, machinalement. 

Formant des mots comme des voeux, des prières silencieuses baignant dans un jus anxieux. 
Après les terrasses, il y a eu la terrasse. 
Celle de l'industrie, le meilleur profil de la pimbêche pré-citée. 
J'imagine que c'est là bas que j'ai commencé à vider le bouillon merdeux où flottait des idées noires, recollant un peu au monde, à la bonne volonté, retrouvant une foi naïve. Le monde n'est pas si pourri quand on peut se sentir chez soi dans un café avec des gens à la bien qui accompagnent pudiquement les renaissances discrètes. 

Ce blog est irrémédiablement lié à Dijon. 

Je l'emporte avec moi en Franche Comté où je m'apprête à débouler, vide du jus noir des noyades passées. Simplement disposée à dévorer la suite de mon histoire en me faisant la paix, en me faisant l'amour, en respectant les colères viscérales qui creusent toujours les mêmes sillons en portant une attention précieuse à la vitalité qui n'a cessé de croître, mois après mois, page après page. 

Alors ici, vous en aurez lu de toutes les couleurs, c'était pas toujours facile de lire vos avis, vos prérogatives, parfois des jugements définitifs qui blessent, des diagnostics acérés et brutaux. 

Mettre le désœuvrement, pervers polymorphe, au service d'un vague projet d'écriture est un risque. 
Celui d'être encartée "dépressive" et pourquoi pas suicidaire. 
Celui de se mettre soi même dans une situation qui encourage le malaise, une posture complaisante, une posture tout court. 

La fille qui tire la gueule, la peine à jouir, le sac de noeud qui se donne en pâture et qui chiale sa race sur une page publique. 

J'ai tendance à croire que c'est dans la nature humaine de se chercher des causes perdues, aussi, je suis au regret de piétiner certaines projections cauchemardesques et de jeter aux orties le désespoir supposé. 

Au moment de renouveler toutes les imageries, les playlist, les lieux d'errance, les terrasses et les coins de verdure, je jette un coup d'oeil au rétroviseur et je sais ce que je dois à ces années à Dijon. 

Si vous le voulez bien, on continue ailleurs. 

Love 


Photo: Eric Dorchain









mardi 31 décembre 2013

En 2013

J'ai commencé à faire la liste de ce que j'avais perdu dans la bataille en 2013. 
  • Le sens du mot toujours
  • Celui du mot jamais
  • Toutes ces conneries d'absolu pour meuf auxquelles il ne manque que la gale pour se gratter ou un bon coup de pompe.

Ce que j'ai perdu = Ce que j'ai gagné. 

Le trop plein d'enfance qui a encouragé des relations puériles, comportements borderline, mauvais délire en pyjama sale. Tout ça est bel et bien mort ou en état de nécrose avancée.

Exit les dents de lait qui ne mordent rien // Bienvenue à l'acuité glaçante et redoutable.

Alors bien sûr, les mots en font trop, les mots débordent, dégueulent de leur cadre. Bavards, pompeux, sûrs de leur charme, ils crânent ouvertement et se consolent d'une relative insignifiance orale. 

Chaque année c'est la même : On merde en beauté, on se rattrape partiellement, on se trouve flamboyant, on se laisse prendre là où on avait juré qu'on ne nous y reprendrait plus. 

On prend les vessies pour des lanternes avec un entêtement farouche. 
Et nos amis de nous dire :Georges, attention,c'est une putain de vessie. 
Et nous de répondre : tsss tsss , je sais où je vais. 
Et c'est drôle, parce qu'on va nulle part mais on y va de bon coeur jusqu'à manger le mur et repartir dans une autre direction.

On remercie chaleureusement l'équipe de détection des vessies masquées d'avoir la décence de ne pas nous achever d'un : J'te l'avais dit.

Alors avant de changer d'année, je compte mes forces et elles sont nombreuses. Je me sens solidement ancrée dans ma vie, en adéquation avec des aspirations raisonnables, confiante, riche, avec juste ce qu'il faut de hargne. 
Amoureuse perverse, amoureuse romantique. 
Princesse pataquès qui déglingue le bon sens quand les doutes la gouvernent. 

Le plus important, et ce que je te souhaite, c'est de t'aimer d'un amour tendre et de te pardonner de ne pas être ce qui se fait de mieux, toutes catégories confondues. 

Allez va, t'es vraiment pas mal dans ton genre. 

Alaviou <3







mercredi 18 décembre 2013

All and more

_Organiser une conciliation entre mon Jekyll et mon Hyde.

_Mettre un terme à la palpation anxiogène des ganglions  cervicaux.

_Éviter les transports en commun, déclarer quotidiennement sa flamme au mouvement, à la brûlure des muscles, à la chaussée givrée qui apprend à danser à nos semelles lisses.

_Atterrir en douceur des vols nocturnes, rendre hommage au vertige dans toutes les situations, étirer les frissons, les transformer en orgasme.

_Multiplier les listes qui constituent une alternative correcte à l'angoisse.
 

_Listes : Verre à moitié plein
Pas de liste : Verre à moitié vide


_Ne chérir le spleen que lorsque le moral est par ailleurs assez balèze pour éviter la tragique et ridicule complaisance.

_Inventer des mondes, des langues, des mots, des couleurs.

_Affirmer la puissance de l'auto-persuasion

_Accepter le corps de trente ans, les cheveux de 75 ans, la fougue de 20 et une candeur toujours virginale alternée avec une clairvoyance glaciale.

_Regarder la découpe nette des chevaliers du quotidien, s'émouvoir une fois sur 10 de leur bonne volonté. 9 fois sur 10, avoir envie de les scalper au nom de la liberté qu'ils gâchent pour se transformer en salaire mouvant.

_Te chanter des chansons lorsqu'on émet des avis sur la gestion de ta vie, de tes forces, de tes intentions,  de la part occupée par ton Jekyll et ton Hyde dans tes réunions de conseil d'administration.

_S'attacher à donner la part belle aux avis particuliers formulés par des personnes particulières.

_Ne pas céder au terrorisme du sentiment: Dis moi que tu m'aimes //  Dis moi que tu m'as aimée //  Promets moi que tu m'aimes plus, que c'est fini, s'il te plait, je ne veux pas tourner notre page si l'encre n'est pas totalement sèche. Je ne veux pas tout saloper, tu comprends?

_Ne pas céder, ne pas céder. Laisser à chacun le soin de comprendre qu'il a déjà bel et bien tout salopé. 


vendredi 6 décembre 2013

More warrior than Worrier

Ras la gueule du blabla joliment agencé pour faire des phrases qui puent l'intelligence mais qui n'ont rien d'intelligibles. 
La manie de faire des ribambelles de mots crâneurs qui se mettent en quatre pour noyer la poiscaille qui vit sa vie dans ta tuyauterie. 

De la friture qui fait frémir ton corps. tu l'écoutes, les oreilles immergées dans l'eau d'un bain à température ambiante. 

C'est tout un tas de glouglous et, tout à coup, cette note sur-aiguë, retour de bile et déflagration, le cannibalisme en action, tu écoutes la poésie te dévorer la rate en laissant intact les organes alentours.  

La poésie organique qui secoue ta tripe, qui te remue la boyasse, cette poésie - MON CUL - qui te laisse plus que famélique. 
Et les mains tendues...
Et la tête penchée...
Et toutes les simagrées de marchande d'allumettes hard discount.
La princesse au petit pois qui porte en fait sous ses guenilles des fringues d'héroïne sanguinaire et vengeresse prête à botter des culs en rafale. 
La jambe de super Jamie qui défonce tout sur son passage laissant derrière elle cet état de catastrophe naturelle que tu chéris.

Tes dents, tes griffes, ton regard bazooka, tes muscles bandés, ton désir tendu, la paix qui dort à poings fermés, la guerre sourde que tu as entendu gonfler les oreilles immergées dans ton jus. 

Tout est prêt pour l'opération terre brûlée, un maximum de casse, un minimum de temps. 
Il s'agit de te départir de l'alanguissement systématique // la recherche d'une paix totale sur laquelle tu peux t'asseoir // les inquiétudes dont tu raffoles, petite conne qui se cherche des poux dans une tête rasée ...

Ne pas prendre tes putains de contrariétés pour un genre artistique à part entière. 
Chialer, tu sais, tout le monde sait le faire. 
Fais pas chier Cendrillon, on t'attend. 
Rase toi la tête, bois un dernier scotch, charge ton gun, les munitions que tu planques dans ton ventre-monde-monstre attendant le signal pour l'attentat kamikaze lancé contre ta mélancolie sophistiquée. 

On n'en veut pas de tes belles larmes propres, on veut que tu te dégoupilles, que tu partes en torche. 

Que tu mettes la grosse misère à cette guerre des mots que tu te livres, au mépris du corps qui demande de l'éclat, de l'envie, de la sueur. 

Personne n'a besoin d'une guerrière qui se déplace en civière.