Georges

Georges

dimanche 2 avril 2017

NOTES // 2014 - 2016

** 17h12 après 12 litres de larmes, on est en droit de se poser la question du xanax // palindrome moléculaire qui incitera le sujet au rire mou et à un vague oubli de sa solitude

**La pédale d'or des concerts magiques attribuée à Rich Aucoin. Énergie gay transcendantale insufflée par la sainte mère des folles.

**Dans la chambre sombre, je lance une main molle et aveugle vers le chat et me retrouve à caresser mon PC. Tous les deux sont noirs et chauds. En revanche, un seul a des voyants pour indiquer qu'il est sous tension ou que sa batterie est faible et un seul a un ronronnement magique.

**Visite du lieu de mon enfance, 30 ans plus tard. Un vide grenier et l'odeur des merguez. Les souvenirs scintillent fort derrière les Persol. On croise ceux qui n'en sont pas sorti en ayant honte de sa propre honte. On voudrait ne rien avoir de commun avec eux. Des tee shirt Johnny Hallyday, des coupes de cheveux mal pensées, la caserne des pompiers et la maison qui paraît minuscule, trahissant les souvenirs d'une certaine majesté.
Acheter des bières à la buvette pour chasser l'amertume. Garder bien vissées les lunettes de soleil pour cacher le mieux possible que je suis une des leurs. Affronter la pièce du puzzle qui s'emboitent le moins bien dans l'ensemble. Cette pièce mal détourée qui ébranle la structure.

**Une fille se suicide sur périscope. J'ai exploré l'application, ai assisté à un harcélement. Je me suis inquiétée pour cette génération qui sacrifie son anonymat pour une volée de cœur colorés.

**Yann Barthès trop subversif pour Canal quitte le petit journal pour rejoindre le service public. Je décède de rire et peine à croire que ce mec et sa bande de normcore soient devenu le contre pouvoir que les médias avancent. Ils coupent des putains de vidéo et font des sketches moins drôles que des soirées de fin de bafa.

**Gérer la morsure du départ dans un Ouibus blindé. Ravaler la nostalgie souveraine. 

**J'accepte tous les cookies proposés par les pages web mais pour autant j'en vois pas la couleur. Monde de merde.

**Vous vous déguisez en quoi pour la fête du lycée ? Comme d'hab, en meuf bourrée.

**Ils pourraient mettre du chauffage, ça pèle
Ouais, ou toi des habits, je sais pas.

**Je ne sais plus vraiment si je lis mon livre ou si c'est lui qui me lit.

**Passant près du chien hargneux des voisins désormais équipé d'une collerette parabolique, j'ai capté toute la mélancolie de sa vie de merde.

**Du tramadol pour apaiser le feu de ma gorge en lambeaux. Ma lucidité se floute et tout devient à chaque seconde un peu plus vivable.

**Je m'aperçois que j'ai la même angoisse de remplir un cerfa qu'une grille d'Euromillions, paye ta peur de devenir riche, grosse.

**Comme si tout l'amour du monde t'avait attendue pour gonfler dans mon ventre. Scintiller comme l'aura dorée de toutes choses. Mettre de la joie dans chaque particule du pauvre monde pour le rendre supportable jusqu'au sublime. Niaiser comme une gosse.   

**La ruralité m'a habituée aux cadavres de renard sur le bord de la route, je me suis toujours imaginé que le désœuvrement pousse à conduire vite et mal.

**La fonte de la banquise est prévue pour 2031. Lorsque d'un seul coup tout le monde manque, on n'est plus que de l'amour qui se repend. Une flaque sentimentale qui se prend pour la banquise, mais avec 14 ans d'avance.

**Beyoncé dans les oreilles, je suis intérieurement bonne en body en train de sourire sous le feu des flashs.

**Je pense au sport et je suis déjà épuisée. J'écoute en alternance Barbara et Joni Mitchell, j'interromps la vie pour voir si je lui manque. J'aurai toujours 12 ans.

**À la gare de Limoges, choper un cafard monstre en regardant suinter le gris comme de la sueur de fièvre. A Châteauroux, le grand vertige. Des villes qui filent le bourdon. On ne sait plus si la mélancolie est dans l'oeil ou dans l'objet.

**Le gosse de 10 ans (grand max) achète du parfum « suddenly » au lidl d'Illkirch. Je ne saurai jamais si c'est pour sa mère ou pour son amoureuse.

**Robert Smith, dans mes oreilles, me promets qu'il m'aimera toujours.

**C'est quand même l'inverse du fun d'écrire sur Howard Barker un dimanche matin ensoleillé. Pourquoi pas un brunch au Struthof, quoi.

**La haine, les concessions automobiles avec des cross over rutilants qui dorment à l'intérieur, sur du carrelage plus blanc que le sourire du vendeur. Pendant ce temps, des personnes de chair et d'os occupent des places de parking par -11°, ça me fout la honte.

** Sur Wikipédia, définition de "pion" : Au sens figuré, quelqu'un qui n'a pas d'importance dans une organisation ou qui peut être déplacé sans son accord. Sans dec?

** J'ai fait la liste des villes où nous avons passé au moins une nuit ensemble, il y en a trente, parmi lesquelles : Berlin, Bruxelles, Pise, Naples et des coins perdus de Haute-Saône.

** J'entend "La France aux Français" s'échapper d'une partie de baby. les gosses qui jouent ont 15 ans. A leur âge j'avais un seum gros comme ça. Je sais pas ce qui s'est passé avec eux... On a raté un truc.

**Les terrorismes combinés et contradictoires du chat noir foncé qui répugne au contact et de la chatte noire claire qui l'a érigé en religion. 

**Les flics, CRS, baqueux et forces armées essaient de faire plier tout ce qui est digne.  Coup de flashball tiré à bout portant, du sang, des os brisés, des hématomes, contusions, commotions cérébrales, des doigts en moins, des coups aveugles. Gaviscon, citron, sérum physiologique, garde à vue, tutoiement, silence des pantoufles. Et l'autre, qui n'en a jamais marre et qui pose ses 49.3.


(...)









vendredi 17 mars 2017

P_INT_MPS


Hirsute lors des transitions, les nerfs bourgeons au bord de l'implosion.
Le verbe plus vert que les feuilles tendres d'Avril.
T'as pas chaud avec ton manteau
T'as pas froid avec ta grande gueule ouverte?
Des flashs intempestifs, torrides et moites comme le futur été.
La paupière droite qui tressaute.
La sieste fantasmée.
Le régime adapté pour avoir un cul homologué par la fédération française des culs.
Le goulag 4 jours sur 7 qui aplanit ton historique avec la tranche de la main.
Comme une carte froissée où l'on observe les mauvais choix , regrettant de ne pas avoir suivi les conseils du GPS.
La vieille histoire des raccourcis qui s'avèrent être des rallongis.
La vieille histoire des transitions, chrysalides éclatées à la force des ailes.
L'impossible repos des muscles
Les punchline involontaires
Les KO technique
Crochet du droit, mâchoire bouillie
La technique ancestrale du chaos

lundi 27 février 2017

Un pogo sans fin

"On se console avec la nostalgie, vautrés dans un passé chaleureux. On baisse la tête sur nos Stan Smith, sur nos Chuck Taylor de toutes les couleurs, sur des paires de doc sans age.
On est devenu prévisible et dépendants des prévisions. On a peur de ce que chaque jour nous réserve. Le 7 janvier, le 13 novembre, le printemps 2002, l'été 2016, toutes ces fois où on s'est posé la question de savoir si on aurait assez de larmes, à ce rythme là.
La vanité exécutée d'une balle dans la nuque.
On pleure nos morts, on mâche nos mots. On prend cher.
On dilue nos angoisses dans des pintes de picon, des verres de Saint-Véran comme ceux que buvaient nos mères pour fêter la quiétude de leurs vies dont on n'a pas idée. Personne n'a parié sur nous, mais on est là. Trentenaires à chemise à carreaux pas vraiment remis de la mort de leurs idoles, pas totalement remis non plus de la chance qu'on a eu de grandir dans un monde qui n'existe plus.
On dit bonjour aux mendiants dans la rue, ils en ont rien à foutre de nos bonjours mais on s'obstine, par éducation. On est comme ça, on devait pas être dans la bonne file le jour de la distribution générale de formol. On a nos petits coups de sang, notre lucidité dévastatrice qui a appris à nager même dans les hectolitres de bières dont on l'abreuve.
On s'emmerde dans des emplois précaires, dirigés par des baby boomer qui savent à peine trier leurs déchets, qui tiendraient trois jours par mois avec un smic.
On en chie des ronds de chapeau derrière nos grimaces sociales mais on sourit autour d'un feu, devant des concerts, au bord d'un étang, après trois ricochets, devant des fleurs des champs. On est comme ça. On nous a appris le goût de la révolte en taisant les bienfaits de la résilience. Notre vie, c'est comme un pogo sans fin."

vendredi 17 février 2017

GRANDIR

Il y a 6 ans, le 11/11/11, j'assistais à un concert de Patti Smith précédé d'une discussion au TdB à Dijon. Elle paraissait forte, fière, encore insolente quand quelque chose l'emmerdait. Elle crachait par terre et envoyait chier le monde, à commencer par le plan com du TdB qui avait prévu un concert acoustique / lecture qui s'est transformé en conversation.

Ce jour là, en 2011, elle avait beaucoup évoqué l'esprit du punk rock. 

Le soir même, elle a donné un show calme, sans ampli qui t'arrache la tête. Elle n'a pas défoncé de guitare mais elle a donné deux trois coups d'oeil au rétroviseur, sur ses années folles, les années 70 qu'elle a vécu entre le CBGB et le Chelsea hotel, croisant les figures les plus emblématiques de cette époque. 

Quand elle est arrivé le  14 février de cette année devant l'autel de la chapelle de Ronchamp, elle avait la fébrilité d'une personne de son âge qui aurait, disons, oublié ses lunettes. Aidé d'un roodie, elle enjambe des cables enroulés sans assurance. Elle voit mal, cherche son gant, ses lunettes, remet son gant à l'endroit, perd encore quelque chose. Elle oublie d'allumer l'ampli de sa guitare, elle pouffe, elle rit, parce que c'est la vie. 

A la fin du show, elle fait même tomber sa guitare, elle laisse les autres s'affairer à la ramasser et nous dit : "It's fine". 

Pas une seule fois elle n'évoque le punk, pas une fois elle essaie d'être la Patti Lee Smith des années zinzin. 

Elle a un truc qui irradie, de la sagesse, de l'intelligence, un humour vif...

Dès qu'elle chante, elle redevient solide comme un chêne aux racines puissantes, elle n'a plus d'age et plus rien ne l'entrave. 

Nous étions 200, c'était un concert calme et recueilli, une leçon de maturité, de résilience. Elle n'est pas / plus dans la feinte, Patti. Elle a tout vu, on lui fait pas à l'envers, alors ok, elle fait des trucs chelous, elle serre la pince au Pape François, au Dalaï Lama, elle aime cotoyer les gens qui pèsent. 

C'est très beau de voir une nana comme elle renoncer à correspondre à l'idée qu'on a plaquée sur elle. 
Elle n'a plus l'âge de faire des trucs dingues, de se branler sur sa guitare avant d'en arracher toutes les cordes, une à une, à se faire saigner les doigts. 

Elle a l'âge de donner ce qu'elle a : de l'amour, de l'inspiration, des concerts de poche dans des lieux mystiques où elle lit des bribes de sa vie, où elle parle simplement. C'est comme si elle disait; ça va aller, ayez confiance, on enterre des gens et on s'en remet, on ne les perd pas, ils sont toujours là.


Et quand tu sors de la chapelle, tu te dis que oui, ça ira, c'est sûr.



J'ai écrit ça à ce sujet ; 

lundi 30 janvier 2017

Les 100 balles de la CAF

Deux courriers pour une dette de 100 euros à la CAF. La prochaine étape ce sera sans doute une invitation à se faire arracher les ongles.
Et que ça serve de leçon.
Donc pour 100 € la CAF me fait me sentir mal, hors la loi, crevarde qui déconne à mort avec l'argent public.
Pendant ce temps, les vrais parasites se gavent, ils ont tous leurs ongles, leurs yeux. ils ont juste plus de race mais il n'y a qu'eux qui ne le savent pas.
Ça se paye large, ça embauche la famille, ça explique aux gens comme moi qu'il est temps qu'ils s'habituent à la précarité.
Et ça dort tranquille sur ses deux oreilles. Pas de doute à avoir.
On galère à payer des factures d'électricité et à manger des légumes qui ont vus la lumière du jour. On a des tafs de merde parce que si on s'autorise un peu de temps pour réfléchir à un truc cool, les institutions sont très réactives pour nous faire passer pour des merdes et faire en sorte qu'on se laisse démolir pour de la besogne humiliante juste pour plus les entendre.

On se fait tourner le sang à cause de dettes débiles.

On voit des gens prendre du ferme pour avoir fraudé le métro, volé des pâtes et ce genre de trucs.

M'est avis que Benoît Hamon, quand il se propose de faire battre le coeur de la France, il parle pas des gens qui se font un sang d'encre pour 100 balles et qui fomentent des plans dingues pour assurer leurs subsistances du 15 au 27 du mois.

Pas sûr qu'ils fassent passer la clientèle d'Aldi au Lafayette Gourmet.

Ce sera toujours les mêmes angoisses, les mêmes stratagèmes.

Tout ça avec du shit légal pour qu'on s'engourdisse un peu plus encore. Anesthésie autorisée pour faire passer les disquettes.

J'ai pas hâte.

vendredi 27 janvier 2017

trop fun

L'avenue de Colmar c'est le pire endroit pour marcher. Aucune distraction. On croise la CCI, le lycée couffignal, Euromaster, des gens pressés, des gaz qui daubent et quelques boites d'intérim qui arborent des devantures de fast food.

- Vous maîtrisez le pack office, l'allemand et le silence ?
- Parfaitement madame, je suis une tombe qui parle allemand en faisant des tableaux Excel.
- Autre chose à ajouter ?
- Oui Madame, une sauce andalouse et un supplément oignons.
- Très bien.

Jamais tu verras un pékin se promener dans ce coin de la ville. En même temps, t'habites pas à Strasbourg pour convulser dans la pollution Avenue de Colmar et te taper des slaloms entre des molards congelés et des plaquettes de médocs.
Dans la ville de la petite France, faut être salement inspiré pour profiter du soleil dans ce coin là.

Je pense à ce réflexe contemporain consistant à vouloir faire du fun avec des données tristes. Tu trouveras pas plus chiadé qu'une boutique de pompes funèbres. On pourrait y vendre des déguisements, farces et attrapes sans que ce soit vraiment étonnant.
Et dans les boites d'intérim, t'as tous les refoulés du club Med qui s'acharnent à te faire croire que c'est génial de bosser trois jours tous les deux mois. D'attendre des reliquats et des attestations pendant des semaines en bouffant de la vache enragée.
Tu peux retapisser tes chiottes avec des soldes de tout compte, t'auras pas tout perdu...

lundi 2 janvier 2017

Voeux 2017

Je vous souhaite en vrac :
Des vagues écrasées
Des stylo volés
Une certaine grace, celle des moments où tout est à sa place
Des longues marches essoufflées
Les joues rouges de froid
Puis, les épaules dorées
Quelques morsures
Beaucoup de baisers
Des road trip
Des coeurs battants
Les tempes brulantes
Des frites (beaucoup)
De la bière format pinte bu en terrasse
Des jéroboam d'amour pur
Des chats à caresser
De la paix dès que possible
De l'humour
Des pièges à spleen
Du ravissement
Des résurrections
De la rage aussi, bordel
Du désir et de la concupiscence
Des luttes justes
De la cohérence et des contradictions
Des merdes de chien évitées
Des retards rattrapés
Quelques vanités
Du courage pour les jours sans
De la générosité pour les jours avec
L'humilité sans le dénigrement
De la fantaisie
Beaucoup de curiosité
Des erreurs
Des grandes discussions
Des engueulades têtues
Des amitiés solides
Des adieux rares et de nombreuses retrouvailles
Des jérémiades inoffensives
De l'amour propre
De l'amour sale
De la circonspection
Un avis sur tout
Des colères noires
Des nuits blanches
Aucun renoncement et très peu de regrets