Georges

Georges

dimanche 8 mars 2015

Easy Listing / 08/03/2015

La vulnérabilité des rez-de-chaussée

Le si triste sort des banquises

La voix de Nina Simone et la boucle d'oreille magique de Billie Holiday

Le vertige d'écrire malgré les idées qui s'imposent

Les lieux impersonnels où chacun vient être seul en parallèle des autres

Les idées qui s'échappent des têtes, qui s'infusent dans le vide des lieux sans personnalité

Le mensonge du détachement à l'écoute des conversations des autres

Feindre l'indifférence sans en perdre une miette

Espionnage niveau expert / docteur Ninja

Se reconnaître des talents dramaturgiques en fuyant la dramaturgie

Oublier un peu tous les jours cette cover des Kooks à l'ocarina

Travailler le mystère comme on apprendrait dans le secret d'une salle de bains à se faire un trait d'eye liner potable

Et les manchots qui trouvent encore la force d'être sympathiques

Les ours polaires et le repli sur soi

La sérénité gagnée à force de solitariat

La fantaisie au service des astuces mises en place pour me détourner du manque

Me distraire de ton absence, trouver des parades

Etirer les souvenirs en touchant du bois

Serrer si fort la chance, faire craquer ses petits os

Faire des projets et céder au ravissement

Rire à tue tête, un peu comme on chante

Chanter comme on éclate de rire, comme on a déjà éclaté en sanglot

Avec la belle impudeur des oiseaux

[...]











lundi 2 mars 2015

We Need To Talk About K.

_Un ado qui doit avoir 18 ans au maximum appelle le 17 police secours depuis la boutique Bouygues. Il raconte que des types qui veulent sa peau attendent qu'il sorte pour le choper.
Il est avec sa petite sœur et sa mère, une femme frêle aux yeux rincés, visiblement mal à l'aise de vivre ça, excédée par toutes ces conneries.
Elle secoue la tête, fébrile, et répète : "J'en ai marre, Kevin"
Une quinzaine de minutes plus tard, une voiture de la BAC se gare en trombe sur une place réservée aux piétons. Totale discrétion.
Un flic en civil débarque, je remarque qu'il a deux flingues à sa ceinture, un pour chaque main. Il part avec le gosse qu'il fait monter à l'arrière de la caisse, entre deux autres types.
La mère chiale tout ce qu'elle sait dès que la voiture s'éloigne.
La sœur la prend dans ses bras. 
Je baisse la tête prise d'un début de honte.
Elles en ont bien marre là, Kevin. 



lundi 23 février 2015

Easy Listing / 20/02

Les gens qui baillent avec la bouche fermée mais le nez grand ouvert
Les crises de rire solitaires et l'auto-satisfaction
Le clope sur clope des non-fumeuses occasionnelles
La posture lasse face aux conflits
Le catch dans les fleurs
Les frites sur les quais
Le timbre "foire du trône" dans la voix de la caissière du casino rue de Pontarlier
Les conflits d'imaginaires en milieu professionnel
Les intentions qui comptent
La réhabilitation de la gentillesse trop longtemps méprisée
Le ciel barge des soirs roses
Les chemises à carreaux et les slips à rayures
Le café robusta qui soulève le coeur sans toucher aux nerfs
Le gâteau au yaourt canal historique
La suite
[...]

Easy Listing / 14/02

La voix du matin après des bières, des clopes et des courants d'air.
Vas-y, remballe Léonard Cohen.
Revival disco discret.
L'éveil des soupçons.
Le regain d'amour pour les listes.
Le chat neurasthénique aux jolis cils.
Les larbins qui lambinent par esprit de revanche.
Les bonbons qui piquent Vs Les glandes salivaires.
La voix du soir après les simili éclats autoritaires.
Vas-y, remballe Anna Mouglalis.
Les commentaires sur le physique.
T'as fait un truc à tes cheveux?
Les commentaires sur le psychique.
Jamais tu te calmes?
Le regard sociologique et la logique du raccourci.
Les feutres posca qui servent le vertige de l'amour.
La voisine échappée d'un Stephen King.
Meilleur espoir féminin catégorie folle à lier.
Les chansons d'amour intempestives.
La peur du ridicule qui n'évite pas le ridicule.
La victoire du sublime renouvelée plusieurs fois par jour.
[...]



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mardi 7 octobre 2014

Thom Yorke // Tommorow's modern Boxes // Chronique

J'ai écrit cette chronique pour un très bon site où je serais peut être amenée à traîner ma plume prochainement : Sensationrock.net 

Elle n'est pas publiée car c'était un essai alors je la dépose ici.



8 ans après The Eraser, son premier album solo produit par Nigel Godrich, Thom Yorke propose une nouvelle échappée solitaire avec Tommorow’s modern boxes un second album mixé par Godrich, producteur de Radiohead depuis the Bends en 1995. Pour ce second opus, Thom a choisi de distribuer son album sur la plateforme de peer-to-peer  BitTorrent. Ce mode de distribution alternatif alimente la querelle de l’artiste et ses proches avec l’industrie du disque.
Après quelques jours les huit titres ont été téléchargés plus d’un million de fois. La presse a tout d’abord porté son attention sur le plan marketing inédit qui accompagne la sortie de Tommorow’s Modern Boxes mais qu’en est-il du projet musical ?

L’intégrité artistique de Thom Yorke est confirmée par cet album cérébral et déstructuré où l’on retrouve la même veine que dans le dernier album de Radiohead, King of limbs (2011).
En effet, bien qu’il s’agisse d’un projet personnel qui s’inscrirait logiquement dans la continuité de son premier album, il est en fait plutôt proche des derniers travaux du groupe.

Pour les fans de la première heure, le fil rouge sera la voix inconsolable de Thom Yorke que l’on retrouve sur la plupart des pistes recouverte d’une couche grésillante qui empêche l’installation durable du spleen. Avec cet album, Thom accentue le clivage entre les auditeurs qui regrettent la grande époque de Radiohead, groupe à Guitares et chansons.
Il y a de la mélancolie dans cet album sentimental qui s’ouvre un titre techno smooth et sensuel, A brain in a bottle.
There is no Ice (for my drink), pépite minimaliste et efficace qui s’installe sur 6 minutes pour un résultat triste mais chaloupé.


The mother lode, morceau central particulièrement brisé, est en bonne place pour être le plus dansant d’un ensemble qui a choisi de parler davantage au cerveau qu’aux jambes.


Pink section / Interference / Truth Ray sont les trois titres noise les plus difficiles d’accès, expérimentaux, ils se démarquent de la précision chirurgicale du reste.

Enfin, Nose grows some, titre lancinant et profond clôture cet album exigeant qui dévoile toute sa subtilité après plusieurs écoutes.

Bien qu’il soit flou et onirique Tommorrow’s Modern Boxes parvient à convaincre. On pourrait regretter un manque de basses et une noirceur encore timide. Des essais à confirmer côtoient des titres déroutants d’intelligence. Un spleen synthétique bien mené quand les écueils de la monotonie sont évités avec succès et que le rythme l’emporte.





jeudi 18 septembre 2014

Cold

C'est ton cerveau qui a douté le premier.
Il s'est dit que ça sentait sérieusement le sapin. 

Il s'est ensuite entretenu avec le coeur. C'est souvent sa mission de rassurer le coeur avec son armada de bonnes raisons d'en finir.

Le cerveau c'est sérieux, no bullshit, on le prend pas pour un con, il prend le coeur saignant entre quatre yeux pour lui apprendre la dignité. 

Mec, prends tes cliques et tes claques et barre toi. Remets toi sur tes deux jambes, on ne se traîne pas sur ses genoux pour aller là où on ne veut pas de nous. 

Un grand seau d'eau fraîche balancé sur un feu à l'agonie qui s'étouffait dans ses propres cendres.

Ce dont on ne parle pas, c'est de ce courant d'air qui nous traverse le corps, c'est la consolation de toute cette peau qui chiale encore longtemps, longtemps après que raison et sentiments aient trouvé un consensus tout pourri.

Tu n'étais pas malheureuse, tu n'avais pas de raison de l'être.

Tu étais devenue humble et froide comme une banquise qui attend de fondre. Une banquise sur laquelle on a jeté une poignée de grains de beauté. 

Une terre hostile et désolée qui se satisfait de la seule caresse de la bise.
Tu avais l'impression d'être là où l'on arrive quand on a perdu toute sa chaleur. 

En attendant que s'opère le transfert thermique qui te remettra en selle, tu contemples avec affection le monstre boréal qui vit dans ton corps. 

Tu découvrais que ton être dans toute sa complexité, abritait ce territoire aride, blanc et froid où trouver refuge quand le coeur n'y est plus et que le cerveau implacable se la joue Iceberg et glace toutes tes intentions jusqu'à nouvel ordre. 








mardi 2 septembre 2014

Toupie


Tu as donné à une toupie le rôle d'objet transitionnel. 
Wikipédia : 
* L'espace transitionnel est le lieu de repos psychique entre la réalité (qui prend de plus en plus sens) et ses sensations d'omnipotence.
* L'objet transitionnel vient remplir une fonction essentielle : celle de défense contre l'angoisse.

* Au fond, qu'importe l'objet, ce qui intéresse le regard du psychanalyste demeure dans l'évolution ultérieure. Le premier point d'importance concerne le transfert. L'enfant ne fait pas le deuil de l'objet transitionnel — au sens de désinvestir progressivement — mais étend son intérêt pour le transitionnel à tous les domaines de la culture.

Ce que tu essaies à toutes forces de désinvestir c'est l'amour pathologique pour ton tank, ton bulldozer, ta Princesse Hitachi, ton Shah d'Iran.Cet amour devenu comme un trou dans ton ventre. 

MAIS AUSSI : Le fouet et ton amour du fouet, le maniement du chaud et du froid, ton coeur métallique qui se rouille dans son jus, la sinistre image que tu as, qu'on te laisse avoir du désastre relationnel que tu peux être.

Tu as retrouvé les joies profondes du solitariat. Alors que souvent tu as cherché une consolation à la solitude, désormais tu sais la reconnaître comme une amie indispensable, impérieuse et autoritaire. Tu apprends à l'étreindre avec la reconnaissance que tu lui dois. tu remplis des pages de fleurs, de salades complaisantes pour calmer les jours sang. 

Tu te protèges de ton manque de discernement. 
De ton inconstance
Des promesses que tu serais capable de faire pour être cordiale mais qui te consument.

Un été de sueurs verticales et d'amour originel, le récit tremblotant des deuils que tu ne sais pas faire, le tapage, la fanfare et l'explosion lumineuse d'une vie qui t'attend au bout du chemin.

Ces gens qui rient des Jean qui pleurent t'apprennent à resserrer les pores de ta sensiblerie. 

Carnage est ton second prénom. celles qui t'ont aimées le connaissent par coeur et ne le prononcent plus de peur que tu apparaisses pour coller sa trempe à la paix.

Parfois tu te demandes si la vie c'est juste des meufs avec des prénoms qui se finissent par un "A" auxquelles tu t'attaches vite et te détaches lentement.

Tout passe. Tout. 

Et tu peux prendre le temps, dans ta tour d'ivoire, de te faire la paix, de combler les brèches, de te rassurer en tournant des pages souillées de ton écriture, chialer un peu ta race si tu en sens le besoin. 

Te caresser la nuque et te faire la cuisine à l'heure où personne ne le fera pur toi. 

Tout passe. 

Tu n'es pas du genre à te laisser devenir l'ombre d'une ombre, l'ombre d'une main, l'ombre d'un chien. 

Le spectacle de ta perte est terminé. Pas de rappel. derrière les rideaux tu te permets de sourire à ce qui t'attend. 

le manque est encore cruel, précis... Mais tout se dissipera, ta mémoire te mentira, les couleurs passeront et l'éclat des rires se ternira. 

Tu te pardonneras. tu t'aimeras autant qu'elle te fait la gueule et ce sera pas peu dire. 

Dehors l'air fait frissonner les glycines et tu as le sourire. ton coeur enroulé comme un chat qui dort, qui se sait froid, qui se tient chaud. 

La prédation te veut du mal alors tu t'exclues de son jeu pour attendre d'une toupie qu'elle donne un sens frivole aux minutes sans souffle. 

Tu la regardes tourner comme une danseuse et lui attribues des pouvoirs indicibles. 

La prédation est annulée pour le bien de chacune. 

ni biche, ni chasseur. 
ni client, ni dealer. 

Tu es la fille qui vit avec un chat qui dort à la place du coeur, qui sait que tout passe, tout, et qui attend son heure.