Georges

Georges

mardi 7 octobre 2014

Thom Yorke // Tommorow's modern Boxes // Chronique

J'ai écrit cette chronique pour un très bon site où je serais peut être amenée à traîner ma plume prochainement : Sensationrock.net 

Elle n'est pas publiée car c'était un essai alors je la dépose ici.



8 ans après The Eraser, son premier album solo produit par Nigel Godrich, Thom Yorke propose une nouvelle échappée solitaire avec Tommorow’s modern boxes un second album mixé par Godrich, producteur de Radiohead depuis the Bends en 1995. Pour ce second opus, Thom a choisi de distribuer son album sur la plateforme de peer-to-peer  BitTorrent. Ce mode de distribution alternatif alimente la querelle de l’artiste et ses proches avec l’industrie du disque.
Après quelques jours les huit titres ont été téléchargés plus d’un million de fois. La presse a tout d’abord porté son attention sur le plan marketing inédit qui accompagne la sortie de Tommorow’s Modern Boxes mais qu’en est-il du projet musical ?

L’intégrité artistique de Thom Yorke est confirmée par cet album cérébral et déstructuré où l’on retrouve la même veine que dans le dernier album de Radiohead, King of limbs (2011).
En effet, bien qu’il s’agisse d’un projet personnel qui s’inscrirait logiquement dans la continuité de son premier album, il est en fait plutôt proche des derniers travaux du groupe.

Pour les fans de la première heure, le fil rouge sera la voix inconsolable de Thom Yorke que l’on retrouve sur la plupart des pistes recouverte d’une couche grésillante qui empêche l’installation durable du spleen. Avec cet album, Thom accentue le clivage entre les auditeurs qui regrettent la grande époque de Radiohead, groupe à Guitares et chansons.
Il y a de la mélancolie dans cet album sentimental qui s’ouvre un titre techno smooth et sensuel, A brain in a bottle.
There is no Ice (for my drink), pépite minimaliste et efficace qui s’installe sur 6 minutes pour un résultat triste mais chaloupé.


The mother lode, morceau central particulièrement brisé, est en bonne place pour être le plus dansant d’un ensemble qui a choisi de parler davantage au cerveau qu’aux jambes.


Pink section / Interference / Truth Ray sont les trois titres noise les plus difficiles d’accès, expérimentaux, ils se démarquent de la précision chirurgicale du reste.

Enfin, Nose grows some, titre lancinant et profond clôture cet album exigeant qui dévoile toute sa subtilité après plusieurs écoutes.

Bien qu’il soit flou et onirique Tommorrow’s Modern Boxes parvient à convaincre. On pourrait regretter un manque de basses et une noirceur encore timide. Des essais à confirmer côtoient des titres déroutants d’intelligence. Un spleen synthétique bien mené quand les écueils de la monotonie sont évités avec succès et que le rythme l’emporte.





jeudi 18 septembre 2014

Cold

C'est ton cerveau qui a douté le premier.
Il s'est dit que ça sentait sérieusement le sapin. 

Il s'est ensuite entretenu avec le coeur. C'est souvent sa mission de rassurer le coeur avec son armada de bonnes raisons d'en finir.

Le cerveau c'est sérieux, no bullshit, on le prend pas pour un con, il prend le coeur saignant entre quatre yeux pour lui apprendre la dignité. 

Mec, prends tes cliques et tes claques et barre toi. Remets toi sur tes deux jambes, on ne se traîne pas sur ses genoux pour aller là où on ne veut pas de nous. 

Un grand seau d'eau fraîche balancé sur un feu à l'agonie qui s'étouffait dans ses propres cendres.

Ce dont on ne parle pas, c'est de ce courant d'air qui nous traverse le corps, c'est la consolation de toute cette peau qui chiale encore longtemps, longtemps après que raison et sentiments aient trouvé un consensus tout pourri.

Tu n'étais pas malheureuse, tu n'avais pas de raison de l'être.

Tu étais devenue humble et froide comme une banquise qui attend de fondre. Une banquise sur laquelle on a jeté une poignée de grains de beauté. 

Une terre hostile et désolée qui se satisfait de la seule caresse de la bise.
Tu avais l'impression d'être là où l'on arrive quand on a perdu toute sa chaleur. 

En attendant que s'opère le transfert thermique qui te remettra en selle, tu contemples avec affection le monstre boréal qui vit dans ton corps. 

Tu découvrais que ton être dans toute sa complexité, abritait ce territoire aride, blanc et froid où trouver refuge quand le coeur n'y est plus et que le cerveau implacable se la joue Iceberg et glace toutes tes intentions jusqu'à nouvel ordre. 








mardi 2 septembre 2014

Toupie


Tu as donné à une toupie le rôle d'objet transitionnel. 
Wikipédia : 
* L'espace transitionnel est le lieu de repos psychique entre la réalité (qui prend de plus en plus sens) et ses sensations d'omnipotence.
* L'objet transitionnel vient remplir une fonction essentielle : celle de défense contre l'angoisse.

* Au fond, qu'importe l'objet, ce qui intéresse le regard du psychanalyste demeure dans l'évolution ultérieure. Le premier point d'importance concerne le transfert. L'enfant ne fait pas le deuil de l'objet transitionnel — au sens de désinvestir progressivement — mais étend son intérêt pour le transitionnel à tous les domaines de la culture.

Ce que tu essaies à toutes forces de désinvestir c'est l'amour pathologique pour ton tank, ton bulldozer, ta Princesse Hitachi, ton Shah d'Iran.Cet amour devenu comme un trou dans ton ventre. 

MAIS AUSSI : Le fouet et ton amour du fouet, le maniement du chaud et du froid, ton coeur métallique qui se rouille dans son jus, la sinistre image que tu as, qu'on te laisse avoir du désastre relationnel que tu peux être.

Tu as retrouvé les joies profondes du solitariat. Alors que souvent tu as cherché une consolation à la solitude, désormais tu sais la reconnaître comme une amie indispensable, impérieuse et autoritaire. Tu apprends à l'étreindre avec la reconnaissance que tu lui dois. tu remplis des pages de fleurs, de salades complaisantes pour calmer les jours sang. 

Tu te protèges de ton manque de discernement. 
De ton inconstance
Des promesses que tu serais capable de faire pour être cordiale mais qui te consument.

Un été de sueurs verticales et d'amour originel, le récit tremblotant des deuils que tu ne sais pas faire, le tapage, la fanfare et l'explosion lumineuse d'une vie qui t'attend au bout du chemin.

Ces gens qui rient des Jean qui pleurent t'apprennent à resserrer les pores de ta sensiblerie. 

Carnage est ton second prénom. celles qui t'ont aimées le connaissent par coeur et ne le prononcent plus de peur que tu apparaisses pour coller sa trempe à la paix.

Parfois tu te demandes si la vie c'est juste des meufs avec des prénoms qui se finissent par un "A" auxquelles tu t'attaches vite et te détaches lentement.

Tout passe. Tout. 

Et tu peux prendre le temps, dans ta tour d'ivoire, de te faire la paix, de combler les brèches, de te rassurer en tournant des pages souillées de ton écriture, chialer un peu ta race si tu en sens le besoin. 

Te caresser la nuque et te faire la cuisine à l'heure où personne ne le fera pur toi. 

Tout passe. 

Tu n'es pas du genre à te laisser devenir l'ombre d'une ombre, l'ombre d'une main, l'ombre d'un chien. 

Le spectacle de ta perte est terminé. Pas de rappel. derrière les rideaux tu te permets de sourire à ce qui t'attend. 

le manque est encore cruel, précis... Mais tout se dissipera, ta mémoire te mentira, les couleurs passeront et l'éclat des rires se ternira. 

Tu te pardonneras. tu t'aimeras autant qu'elle te fait la gueule et ce sera pas peu dire. 

Dehors l'air fait frissonner les glycines et tu as le sourire. ton coeur enroulé comme un chat qui dort, qui se sait froid, qui se tient chaud. 

La prédation te veut du mal alors tu t'exclues de son jeu pour attendre d'une toupie qu'elle donne un sens frivole aux minutes sans souffle. 

Tu la regardes tourner comme une danseuse et lui attribues des pouvoirs indicibles. 

La prédation est annulée pour le bien de chacune. 

ni biche, ni chasseur. 
ni client, ni dealer. 

Tu es la fille qui vit avec un chat qui dort à la place du coeur, qui sait que tout passe, tout, et qui attend son heure.












samedi 12 avril 2014

Repartir

Il a fallut des mois pour comprendre ce qui n'allait plus avec ce blog, ce qui me faisait ressentir une attaque d'ennui féroce à chaque tentative d'ouverture de cette page. 
Hier, j'ai pris le temps de relire des textes. Un grand nombre de textes. 
Une bonne partie d'entre eux m'a mise mal à l'aise, dans un sentiment proche de la honte même si ce mot, au réveil, me semble trop fort, pas assez doux à l'égard de son auteure. 

Après analyse, j'allège la sentence et je comprends le malaise. 

Ici, ça daube la zone de confort, les souvenirs cotonneux de dépression, de valium bonbecs bouffés par poignée, d'amour fou, éternel, débile. 

J'y retrouve autant de certitudes qui ne tiennent plus à rien, qui ne sont même pas des déceptions. 
Reporter officielle des heures mortes et du vide, le temps de l'encre qui parle aux murs, les kilomètres de tortillons qui se dandinent pour donner une valeur à l'ennui. 

La guerre perdue du pilot V7 Versus le monde. 

Grandir et renier. 
Grandir et ne plus vouloir de la mélasse gluante qui colle les ailes de mon vaisseau. 

J'arrête là. 
Je vais partir ailleurs, raconter autre chose, tourner la page de trois ans de griboullis. 

A girl called rien du tout. 
Je ne sais plus qui est cette Georges. 

Alors que j'ai tout quitté, tout ce qui rassure. 
Alors que je suis enfin sur le fil qui mène à la magie des attaches perdues et des nouvelles têtes, revenir ici c'est ressentir le poids du malaise. 

La suite ne peut pas se trouver à un clic des épisodes précédents. 

Ailleurs, j'y serai. 
Je te tiens au courant. 






lundi 24 février 2014

Sans intérêt

-Il existe des tee shirt joy division Unknown pleasure à 325 €. Dingue quand on voit qu'on en trouve des identiques à 11 balles. 

- Le maitre des illusions, roman de Donna Tartt dont m'avait beaucoup parlé Mattia est vraiment un bon roman, je commence, c'est un avis prématuré mais sache qu'on y lit ce genre de chose : 

« Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles. C’est une idée très grecque, et très profonde. La beauté c’est la terreur. Ce que nous appelons beau nous fait frémir. Et que pouvait-il y avoir de plus terrifiant et de plus beau, pour des âmes comme celles des Grecs ou les nôtres, que de perdre tout contrôle? Rejeter un instant les chaînes de l’existence, briser l’accident de notre être mortel ? [...] Si nos âmes sont assez fortes, nous pouvons déchirer le voile et regarder en face cette beauté nue et terrible ; que Dieu nous consume, nous dévore, détache nos os de notre corps. Et nous recrache, nés à nouveau. » 

 - J'aimerais écrire mais je n'ai pas de connexion internet et ça complique beaucoup l'inspiration. Les balades et la vie me permettent l'introspection, alors je remplis des pages autour de mon nombril, lequel est las, je te l'avoue, de ces gribouillis égocentrés: où suis-je, où cours-je, dans quel état j'erre...
Une connexion me manque pour les défilés d'images tumblr, des vidéos DIY, de la musique noise et post rock, les furieux coq à l'âne et tout ce que tu dois savoir...

- J'ai déménagé il y a 10 jours, j'avais oublié combien c'était difficile de se faire au changement. J'avais une très haute opinion de ma capacité d'adaptation. Les choses ne se font pas comme ça, on est comme une affiche froissée qui ne ressemble plus à rien, qu'il faut remettre en état, étirer, lisser avec le plat de la main. 
On est bien incapable de mettre des mots là dessus. C'est un processus (je regarde "processus" sur wikipédia) :

"Le mot processus vient du latin pro (au sens de « vers l'avant ») et de cessus, cedere (« aller, marcher ») ce qui signifie donc aller vers l'avant, avancer. Ce mot est également à l'origine du mot procédure qui désigne plutôt la méthode d’organisation, la stratégie du changement."

Aller vers l'avant, avancer. Voilà, oui. 
C'est surement ce que je trouve "nouveau", moi qui suis la princesse rétroviseur autoproclamée. 

- Bon, 10 jours, c'est court, mais ma patience est minime.

- Si tu as des codes wifi orange, tu peux les envoyer à agircalledgeorges@gmail.com en échange de quoi tu pourras lire des textes qui parlent d'autre chose que Me, Myself and I ou alors qui parlent toujours de ça, mais différemment.

- Prends soin de toi. 

- L.O.V.E

samedi 1 février 2014

Horse year

*Les derniers jours t'ont appris que c'est en invoquant la raison qu'on met un terme au tourment d'un coeur trop mou, essoré bien que volontaire.
Il faut t'attacher à être le plus près possible du concret, du tangible, de ce qui peut être raisonnablement expliqué, puisque les sentiments sont à ce point subjectifs que tu considères que ça nevaut plus la peine d'en parler. 


*Des mots identiques répétés dans un autre ordre ne peuvent pas mener à une conclusion différente. 

*A qui s'en prendre lorsque rien ne se passe comme prévu? A personne, parce qu'il est de plus en plus urgent de se pardonner, de se féliciter malgré tout d'avoir cru possible l'agencement harmonieux de tout.

*Tu as payé ta première amende de tram. tu le sentais, ça se sentait, on ne peut pas l'expliquer, un pressentiment : "tiens, c'est peut être aujourd'hui, le jour de l'amende" .
En 10 ans, tu as eu le temps de penser à ce moment, de te dire que ce serait pénible et vaguement humiliant, parce que non content de te mettre ton amende un contrôleur se prend parfois pour ton père et se met à t'expliquer que franchement, tu sais, si tout le monde fait comme toi, sans dec... on va jamais s'en sortir. Remplis ton papier, prends mes thunes et ne me raconte pas ta vie.
Enfin, là, non. Il est cool, limite désolé de me mettre en retard avec ses conneries. 
Et moi, je me dis que cette mascarade est significative : 
_ Dijon n'en peut plus de ma gueule et ne me protège plus des contrôleurs, il est temps de partir
_ 44 € pour 10 ans de transports... JE gagne. Large.

* Seule attablée à une terrasse, tu as regardé passer des jeunes filles enroulées dans des mètres d'écharpe en écoutant the XX sous une chape de ciel gris. A côté de toi, deux dames assez âgées pour que tu les appelles des "Dames" se demandent s'il est l'heure d'un café ou d'un jus de tomates dans une conversation qui semble importante.

* Tu entres dans une librairie tourner les pages de lourds volumes. Comme on s'envoie de l'eau fraîche sur le visage au réveil d'une sieste, tu te soules d'images, comme pour te provoquer un syndrome de Stendhal .

* L'étourdissement volontaire te semble être une réponse honnête à l'engourdissement involontaire de tes capacités intellectuelles. Parce que tu n'as pas lu depuis longtemps, que tu n'as pas découvert, rêvasser, tu n'as pas eu cette bonne utilisation de l'oisiveté dont tu connais pourtant la recette. 

* Il va être grandement question de se ressaisir au lieu de cette perte de temps consacré à la cristallisation, à la sentimentalité exacerbée, l'enculage de mouche, le fol espoir.


* L'ennui ne te mérite pas.






mardi 21 janvier 2014

Retour à la citadelle

Je suis à 5 jours de faire mes adieux à la vie dijonnaise, 10 ans après y avoir vécu mes premiers mois avec réticence. 
Lorsque je suis arrivée à Dijon, je rentrais de Marseille. j'ai vite trouvé la dame trop propre sur elle, trop calme et puis, j'ai appris à l'aimer jusqu'à l'adoration, je la défendais bec et ongles contre tous ses détracteurs qui lui reprochaient d'être froide et guindée.  
Je suis tombée dingue de la pimbêche moutarde, toile de fond des atrocités mentales que j'ai trimbalées dans ses rues crâneuses et sur les terrasses des cafés où s'est si souvent produit le miracle de la transformation de caféine en torrent de mots.

L'époque des fulgurances, des convulsions de stylo, des hoquets d'un chagrin porté comme un uniforme dans lequel je ne rentre plus désormais.  

L'époque du malaise verbale qui pousse les jeunes filles qui ne savent plus ce qu'est le confort moral à s'épancher sur des kilomètres de cahiers, machinalement. 

Formant des mots comme des voeux, des prières silencieuses baignant dans un jus anxieux. 
Après les terrasses, il y a eu la terrasse. 
Celle de l'industrie, le meilleur profil de la pimbêche pré-citée. 
J'imagine que c'est là bas que j'ai commencé à vider le bouillon merdeux où flottait des idées noires, recollant un peu au monde, à la bonne volonté, retrouvant une foi naïve. Le monde n'est pas si pourri quand on peut se sentir chez soi dans un café avec des gens à la bien qui accompagnent pudiquement les renaissances discrètes. 

Ce blog est irrémédiablement lié à Dijon. 

Je l'emporte avec moi en Franche Comté où je m'apprête à débouler, vide du jus noir des noyades passées. Simplement disposée à dévorer la suite de mon histoire en me faisant la paix, en me faisant l'amour, en respectant les colères viscérales qui creusent toujours les mêmes sillons en portant une attention précieuse à la vitalité qui n'a cessé de croître, mois après mois, page après page. 

Alors ici, vous en aurez lu de toutes les couleurs, c'était pas toujours facile de lire vos avis, vos prérogatives, parfois des jugements définitifs qui blessent, des diagnostics acérés et brutaux. 

Mettre le désœuvrement, pervers polymorphe, au service d'un vague projet d'écriture est un risque. 
Celui d'être encartée "dépressive" et pourquoi pas suicidaire. 
Celui de se mettre soi même dans une situation qui encourage le malaise, une posture complaisante, une posture tout court. 

La fille qui tire la gueule, la peine à jouir, le sac de noeud qui se donne en pâture et qui chiale sa race sur une page publique. 

J'ai tendance à croire que c'est dans la nature humaine de se chercher des causes perdues, aussi, je suis au regret de piétiner certaines projections cauchemardesques et de jeter aux orties le désespoir supposé. 

Au moment de renouveler toutes les imageries, les playlist, les lieux d'errance, les terrasses et les coins de verdure, je jette un coup d'oeil au rétroviseur et je sais ce que je dois à ces années à Dijon. 

Si vous le voulez bien, on continue ailleurs. 

Love 


Photo: Eric Dorchain