Une hostilité qu'on intègre, qu'on dompte, qui devient rassurante et indispensable.
Les roches qui se découpent avec netteté pourraient se détacher mais elles nous tiennent, nous portent, nous bercent comme les enfants que nous sommes redevenus, chavirant à chaque virage au plus près d'une confiance aveugle offerte à l'éther.
Nos visages dans les nuages, où l'air se raréfie et où le ventre tremble, les organes se cabrent, les muscles s'échauffent mais le courage ne s'érode pas et nous souffrons le corps en joie, les yeux gavés de grandeur.
On est venu vivre plus fort encore que sur du plat, profiter de l'euphorie de l'épuisement, marcher sur la lune grise, dans un brouillard qui effraie comme un feu, qui attise les remous de vide dans nos corps minuscules et avalés par les sommets.
Tu serres cette pierre dans ta main droite, ton sang bat plus fort, ton attention est tournée vers l'oubli, tu travailles ta fatigue sereinement, essoufflée mais vaillante, pas après pas, tu laisses derrière toi la poudre d'escampette, tu montes ta caillasse, tu montes t'alléger de sentiments viciés qui prennent trop de place.
Des chemins dans un sens, et dans l'autre, à rebours, sous toutes les lumières.
Et les nuances de vert qui se déclinent au fil des minutes.
Et les silences qu'on partage dans le plus élémentaire des conforts.
La nostalgie mélancolique qu'on étrangle en s'agrippant aux regards vifs de ceux qu'on chérit précieusement, qu'on aimerait remercier d'exister sans arrêt.
Tu emportes avec toi la vie lente et l'étourdissement des hauteurs. les côtes sauvages et les plantes sans noms, des ruines et le maquis, toujours lui.
Douze heures de paquebot et ton regard qui cherche l'aventure et l'oubli.
Les étreintes éreintées, brûlure d'amour sororal, fraternel, filial...
L'amour.
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| Photo // Vincent Verde |
Corse - mai 2013 - photo AGCG












